Au Maroc, la myrtille est conduite dans plusieurs bassins selon les objectifs de précocité, de qualité et d’étalement du calendrier commercial. Cette progression impose une conduite rigoureuse de l’après-récolte, car la fin de campagne ne correspond pas à une période de repos agronomique. C’est au contraire une phase où se prépare une part importante du potentiel de production de l’année suivante.
Après le dernier passage de récolte, le producteur peut être tenté de relâcher l’attention, surtout lorsque les prix baissent, que la main-d’œuvre devient plus difficile à mobiliser ou que les parcelles montrent des signes de fatigue. Pourtant, le myrtillier reste physiologiquement actif. Il doit reconstituer ses réserves, maintenir un feuillage fonctionnel, renouveler une partie de son système racinaire et engager la formation des bourgeons floraux. Une gestion négligée à ce moment peut se traduire, plusieurs mois plus tard, par une floraison irrégulière, une charge mal répartie, un calibre inférieur, une baisse de vigueur ou une pression sanitaire plus forte.
Cette conduite post-récolte doit tenir compte de la diversité des systèmes de production au Maroc. Certaines plantations sont conduites en pleine terre, souvent sur sols amendés, acidifiés, paillés et équipés en goutte-à-goutte. D’autres sont installées en hors-sol, dans des pots, sacs ou conteneurs remplis de substrats à base d’écorce, de fibre de coco, de tourbe ou de mélanges spécifiques. Les objectifs restent les mêmes : préserver le feuillage, maintenir des racines actives, corriger les déséquilibres nutritionnels, préparer la différenciation florale et réduire la pression sanitaire. En revanche, le pilotage n’est pas identique. En sol, la réserve hydrique, la structure, le drainage, le pH, la matière organique et le pouvoir tampon influencent fortement la réponse de la plante. En hors-sol, le volume racinaire limité impose une surveillance plus rapprochée de l’humidité, du drainage, du pH et de la conductivité électrique autour des racines.
Une période décisive
La production de l’année suivante dépend fortement de l’état des pousses formées pendant et après la campagne. La croissance du myrtillier se fait par vagues successives. La vigueur, la nutrition azotée, la charge en fruits et la lumière disponible dans la plante influencent directement ces vagues de croissance. Les bourgeons floraux se forment généralement sur le bois de l’année. L’initiation florale commence souvent à l’extrémité des pousses puis progresse vers la base, mais elle exige que la croissance végétative ralentisse ou s’arrête. Les facteurs qui prolongent une croissance tardive peuvent donc réduire la proportion de bourgeons à fruits.
Cette phase doit être abordée comme un équilibre. Il ne s’agit pas de forcer la plante après récolte, mais de l’aider à sortir correctement de la campagne. Le producteur doit conserver assez de feuillage sain pour assurer la photosynthèse, éviter les ruptures hydriques, soutenir l’activité racinaire et corriger les déséquilibres sans relancer une végétation excessive. La plante doit rester active, mais elle doit progressivement se préparer à la différenciation florale puis, selon les variétés et les régions, à l’entrée en repos ou à une conduite plus evergreen.
Cette logique vaut aussi bien en pleine terre qu’en hors-sol. La différence tient surtout à la rapidité de réaction du système. En sol, certains défauts peuvent être partiellement amortis par la réserve hydrique, la matière organique et la capacité tampon. En hors-sol, la plante dépend beaucoup plus directement des apports quotidiens. Une erreur d’irrigation, de fertigation ou d’acidification peut se traduire rapidement par un stress racinaire, une dérive de pH, une accumulation de sels ou une chute de l’activité végétative.








Le feuillage après récolte
Le feuillage après récolte n’est pas un simple reliquat de campagne. Tant qu’il reste sain et actif, il permet à la plante de produire des assimilats qui seront stockés dans les bois, la couronne et les racines. Ces réserves contribueront au redémarrage, à l’émission des nouvelles pousses, à la floraison et à la nouaison de la campagne suivante. Une défoliation précoce, causée par des maladies foliaires, une salinité excessive, une sécheresse, un stress thermique ou une mauvaise nutrition, pénalise donc directement la préparation de la plante.
Dans les parcelles où les températures post-récolte restent élevées, surtout dans les zones précoces ou sous abris, la protection du feuillage mérite une attention particulière. Les stress de fin de campagne sont souvent sous-estimés parce que le fruit n’est plus sur la plante. Or, une plante affaiblie après récolte répond moins bien à la taille, cicatrise plus lentement, développe moins de racines fines et entre dans la période de différenciation florale avec un bilan énergétique insuffisant.
En hors-sol, le maintien du feuillage doit être accompagné d’une irrigation régulière, car le volume de substrat disponible ne permet pas toujours de compenser les fortes variations climatiques. Une plante encore très feuillée dans un pot ou un sac peut consommer beaucoup d’eau en période chaude. Si l’irrigation est réduite trop rapidement après récolte, elle peut entrer en stress au moment même où elle doit reconstituer ses réserves. En pleine terre, la réserve utile du sol peut atténuer ce risque, à condition que le sol soit bien structuré, suffisamment humide et correctement drainé.
Nutrition après récolte
La nutrition post-récolte doit partir d’un diagnostic. Les apports systématiques, sans analyse de l’eau, du sol, du substrat, de la solution nutritive ou des feuilles, conduisent souvent à des corrections mal ciblées. Le myrtillier est sensible aux excès de sels et aux dérives de pH. Les analyses foliaires, les analyses de sol ou de substrat et le suivi de l’eau d’irrigation permettent d’ajuster les programmes de fertilisation avec plus de précision.
Dans les plantations en pleine terre, le programme post-récolte doit tenir compte du pH réel du sol, de la teneur en matière organique, de la texture, de la capacité de rétention en eau, de la salinité, du drainage et de la qualité de l’eau d’irrigation. Les corrections sont généralement plus lentes, car le sol possède un certain pouvoir tampon. Un sol mal drainé, trop compacté, trop calcaire ou insuffisamment acidifié limite l’efficacité des apports, même lorsque le programme de fertigation semble correct.
En hors-sol, le raisonnement est différent. Le substrat réagit plus vite, le volume racinaire est limité et la nutrition dépend directement de la solution apportée par fertigation. Le suivi du pH et de l’EC du drainage devient alors un outil de base. Une plante en pot peut passer rapidement d’un déficit à un excès, ou d’une solution correcte à une accumulation de sels si les fréquences d’irrigation, les doses d’engrais et le pourcentage de drainage ne sont pas maîtrisés. Les substrats utilisés pour la myrtille n’ont pas tous le même comportement : écorce, tourbe, fibre de coco ou mélanges commerciaux diffèrent par leur rétention en eau, leur pH initial, leur aération et leur stabilité physique.
L’azote reste délicat à gérer. Le myrtillier préfère les formes ammoniacales ou les formes qui se transforment en ammonium, comme l’urée, alors que les fertilisants principalement nitriques sont généralement moins adaptés. Après récolte, l’objectif n’est pas d’apporter beaucoup d’azote, mais d’accompagner une végétation utile. Un déficit marqué peut limiter la reconstitution des réserves et la formation de nouvelles pousses. À l’inverse, un excès favorise une croissance tardive, des tissus plus tendres, une moindre maturation du bois et parfois une plus forte sensibilité aux stress. Les sources chlorées, comme le chlorure de potassium ou le chlorure de magnésium, doivent être évitées, surtout lorsque la qualité de l’eau ou l’historique de la parcelle indique déjà un risque de salinité.
Le potassium doit être raisonné en lien avec l’historique de charge, la vigueur, les analyses et la qualité observée des fruits pendant la campagne. Le calcium, le magnésium et les oligoéléments ne doivent pas être corrigés à l’aveugle, car leur disponibilité dépend fortement du pH, de l’eau d’irrigation, du substrat, du sol et des équilibres entre éléments.
Racines, irrigation et salinité
La qualité du système racinaire conditionne la réponse de la plante après récolte. Le myrtillier possède un système racinaire fin, superficiel et peu explorateur. Dans de nombreux sols, une grande partie des racines se concentre dans les horizons superficiels, proches de la couronne et des zones humidifiées par le goutte-à-goutte. Cette particularité explique sa sensibilité aux alternances de sécheresse, d’asphyxie, de salinité et de sur-fertilisation.
En pleine terre, la priorité est de maintenir une zone racinaire acide, fraîche, aérée et suffisamment riche en matière organique, sans compaction ni excès d’eau. Le sol doit permettre une bonne oxygénation et une évacuation correcte des excès d’eau, car les racines fines supportent mal les conditions asphyxiantes. Le paillage, la matière organique, l’acidification raisonnée et la qualité du goutte-à-goutte jouent ici un rôle important.
En hors-sol, la totalité du système racinaire dépend du volume du contenant et de la stabilité du substrat. Le producteur doit surveiller l’état physique du mélange, la répartition des racines dans le pot ou le sac, la présence de zones sèches, le tassement, l’excès d’eau au fond du contenant et l’évolution du drainage. Après récolte, un substrat compacté, trop humide ou difficile à réhumidifier peut limiter la reprise racinaire, même si la fertigation paraît correcte sur le papier.
La fin de récolte ne doit pas se traduire par un arrêt brutal de l’irrigation. Les besoins diminuent lorsque la charge en fruits disparaît, mais la plante continue à transpirer et à fonctionner. La stratégie doit être progressive, en tenant compte du climat, du système de culture, du type de sol ou de substrat, de la densité de plantation, du volume foliaire, du paillage, de la salinité de l’eau et du stade physiologique.
En pleine terre, l’enjeu est de maintenir une humidité régulière dans la zone réellement colonisée par les racines, sans descendre trop profondément ni saturer le profil. Les sondes doivent être placées à des profondeurs cohérentes avec l’enracinement superficiel du myrtillier. Dans les sols sableux ou très filtrants, la marge d’erreur est faible : un déficit hydrique de quelques jours en période chaude peut provoquer une fermeture stomatique, un ralentissement de la photosynthèse et une perte d’activité des racines fines. Dans les sols plus lourds ou mal drainés, une irrigation excessive peut réduire l’oxygénation et favoriser les problèmes racinaires.
En hors-sol, la conduite doit être plus réactive. Les apports sont souvent plus fréquents et plus courts, avec un contrôle du drainage pour éviter à la fois la concentration des sels et le lessivage inutile des éléments fertilisants. La gestion post-récolte ne consiste donc pas seulement à réduire les volumes d’eau après le dernier fruit, mais à recalibrer les fréquences, les durées et la solution nutritive en fonction du volume foliaire, de la température, du type de substrat et de l’état racinaire.
La salinité mérite une attention particulière dans les conditions marocaines, surtout lorsque l’eau d’irrigation présente déjà une charge saline, des bicarbonates élevés ou des teneurs sensibles en sodium, chlore ou bore. Après récolte, le risque vient souvent d’un mauvais recalibrage de l’irrigation. Si les volumes d’eau sont réduits trop vite alors que la fertigation continue, les sels peuvent se concentrer dans la zone racinaire. À l’inverse, un lessivage excessif peut provoquer des pertes d’éléments, une asphyxie racinaire ou une instabilité du milieu.
En pleine terre, la salinité doit être suivie dans le bulbe humide, car c’est là que se concentrent les racines actives. En hors-sol, elle évolue beaucoup plus vite. Le contrôle de l’EC du drainage devient alors indispensable. Une EC qui monte en fin de campagne signale souvent une réduction excessive du drainage, une concentration des sels ou un déséquilibre entre irrigation et fertilisation. Un pH qui dérive peut modifier rapidement la disponibilité du fer, du manganèse, du zinc, du calcium ou du magnésium.
Différenciation florale
La différenciation florale est au centre de la réussite de la campagne suivante. Elle dépend de la variété, de la lumière, de la température, de la vigueur, de la charge précédente, de l’état sanitaire du feuillage et du bilan nutritionnel. Les bourgeons floraux se forment généralement sur le bois de l’année, avec une localisation plus marquée vers l’extrémité des pousses. Une plante trop dense, mal éclairée ou maintenue en croissance végétative trop tardive peut former moins de bourgeons floraux de qualité.
Dans les variétés southern highbush, à faible besoin en froid, les conduites sous abris ou les situations evergreen imposent une attention particulière à la relation entre croissance, repos, feuillage et mise à fleur. En climat chaud, certaines stratégies de taille, de fertilisation et de gestion du feuillage permettent d’orienter les périodes de production, mais elles exigent une bonne maîtrise de la vigueur et du stress.
Le producteur doit rechercher des pousses bien exposées, suffisamment vigoureuses, mais pas excessivement tendres. Ce sont ces pousses qui porteront une part importante du potentiel de floraison. En pleine terre, la qualité du bois dépend fortement de la vigueur générale, de la lumière, de la nutrition et de l’état hydrique du sol. En hors-sol, elle dépend aussi de la régularité de la fertigation, de l’oxygénation du substrat, de la stabilité du pH et de l’absence de pics de salinité après récolte.
Taille après récolte
La taille de fin de récolte doit être adaptée à l’âge de la plantation, à la variété, au mode de récolte, à la vigueur, au calendrier commercial visé et au système de culture. Dans les plantations adultes, elle permet d’éliminer les bois faibles, les rameaux mal placés, les branches malades, les zones trop basses, les cannes vieillissantes et les excès de densité à l’intérieur de la plante. L’objectif n’est pas seulement de donner une forme à l’arbuste, mais de préparer une structure capable de porter des fruits bien exposés, faciles à récolter et homogènes.
Dans les conditions marocaines, la taille doit rester compatible avec les risques de chaleur et de stress hydrique. Une ouverture excessive du couvert en période chaude peut exposer brutalement les tissus, augmenter la température dans la zone de plantation et perturber l’équilibre hydrique. À l’inverse, une plante trop fermée maintient l’humidité, réduit la pénétration des traitements, complique la récolte suivante et favorise certaines maladies.
En pleine terre, la taille doit tenir compte de la vigueur réelle du système racinaire et de la capacité du sol à soutenir la repousse. Une plante implantée dans un sol fatigué, salin, compacté ou mal drainé ne répondra pas comme une plante installée dans un sol bien préparé. En hors-sol, une taille sévère peut provoquer une réaction rapide si l’irrigation et la fertigation ne sont pas réajustées. La réduction du volume foliaire modifie la consommation d’eau, mais le système racinaire reste confiné dans un volume limité. Il faut donc observer le drainage, l’état des racines et la reprise végétative avant de conserver les mêmes fréquences et les mêmes doses.
Les déchets de taille doivent être retirés de la parcelle lorsqu’ils portent des symptômes de maladies ou de dépérissement, afin de ne pas maintenir des sources d’inoculum.
Nettoyage sanitaire des parcelles
Les fruits oubliés, les fruits tombés, les rameaux morts, les bois chancreux, les feuilles malades, les déchets de taille et les adventices peuvent servir de réservoirs à ravageurs et pathogènes. Dans les parcelles où la récolte a été longue, où les passages de main-d’œuvre ont laissé des fruits au sol ou où la fin de campagne a été humide, cette étape devient déterminante.
Dans les plantations en pleine terre, le nettoyage concerne surtout le rang, l’interrang, les fruits tombés, les déchets de taille, les adventices et les zones humides où peuvent se maintenir ravageurs et pathogènes. En hors-sol, l’hygiène doit aussi intégrer les contenants, les supports, les zones sous les pots ou sacs, les lignes de drainage, les bâches et les abords des goutteurs. Des fruits oubliés sous les conteneurs, des feuilles accumulées sur les bâches ou des écoulements stagnants peuvent maintenir une pression sanitaire élevée.
Pour les maladies de fruits comme l’anthracnose ou certaines pourritures, les fruits trop mûrs et infectés constituent une source importante d’inoculum. Après récolte, il faut éliminer les fruits restants, les fruits tombés et les déchets contaminés. Il ne suffit pas de faire tomber les fruits au sol ou de les déplacer vers l’interrang. Lorsqu’ils sont infestés ou pourris, ils doivent être sortis du système de production ou détruits selon des méthodes adaptées à l’exploitation.
La drosophile à ailes tachetées constitue un autre argument en faveur d’une hygiène stricte. Les fruits de rebut laissés sous les plantes peuvent servir de sites de reproduction. Dans les parcelles hors-sol, le risque peut passer inaperçu lorsque les fruits tombent sous les pots, entre les sacs ou sur les bâches. Dans les parcelles en pleine terre, les fruits restent souvent dans les zones humides et ombragées sous le rang. Dans les deux cas, l’élimination des fruits résiduels réduit la pression de départ pour les cycles suivants.
Désherbage et surveillance sanitaire
La période post-récolte est propice à la remise en ordre des interrangs et des abords de parcelle. Les adventices concurrencent le myrtillier pour l’eau et les éléments minéraux, abritent parfois des ravageurs et gênent l’aération de la base des plantes. Dans les systèmes sous paillage organique ou plastique, il faut contrôler les levées au niveau des trous de plantation, des bordures et des zones humides autour des goutteurs.
En pleine terre, le désherbage doit rester prudent, car les racines superficielles du myrtillier sont facilement blessées. Les interventions mécaniques profondes dans la ligne sont à éviter. Le travail doit plutôt viser l’interrang, les bordures et les zones où les fruits tombés ou les débris peuvent favoriser les ravageurs. En hors-sol, les adventices peuvent coloniser les trous de plantation, les pots, les sacs, les bordures de bâches et les zones humides autour des lignes de drainage. Elles gênent l’aération, compliquent le nettoyage, favorisent l’humidité et peuvent abriter certains ravageurs.
La fin de campagne est aussi le bon moment pour cartographier les problèmes observés pendant la récolte. Les zones où les fruits ont ramolli vite, les secteurs avec baisse de vigueur, les plantes à feuillage chlorotique, les foyers de dépérissement, les zones à salinité élevée ou les lignes mal irriguées doivent être notés précisément. Cette cartographie permet de décider des analyses, des corrections localisées, des remplacements de plants ou des interventions sanitaires.
Les rameaux morts ou suspects doivent être retirés et détruits. Dans les parcelles à historique de maladies de bois, la taille sanitaire doit être réalisée avec rigueur. Les outils doivent être propres, les déchets ne doivent pas rester sous les rangs et les foyers doivent être suivis sur plusieurs campagnes. En hors-sol, il faut aussi surveiller les plants qui dépérissent dans certains pots ou sacs, car le problème peut venir d’un substrat dégradé, d’un colmatage localisé, d’un défaut de drainage ou d’un goutteur défaillant.
Lorsque des traitements sont nécessaires, ils doivent être décidés selon l’historique de la parcelle, la pression réelle, le stade de la plante, la réglementation locale, les exigences des marchés de destination et les délais avant la prochaine récolte. Pour les producteurs exportateurs, cette réflexion doit être reliée aux limites maximales de résidus, aux programmes phytosanitaires autorisés et à la stratégie de gestion des résistances.
Bilan de campagne et corrections ciblées
Après récolte, il est utile d’établir un bilan technique par variété, parcelle et bloc. Ce bilan doit intégrer le rendement réel, le calibre dominant, la fermeté, le taux de déchets, les problèmes de conservation, les dates de pic de production, les incidents climatiques, les coûts de récolte, les observations en station de conditionnement et les retours clients. Cette étape permet d’éviter de préparer la campagne suivante uniquement à partir d’impressions générales.
La distinction sol/hors-sol doit apparaître dans ce bilan. En pleine terre, il faut repérer les zones où le sol reste trop humide, les secteurs où la vigueur chute, les lignes où la salinité augmente, les endroits où le pH dérive ou les blocs où la matière organique devient insuffisante. En hors-sol, il faut vérifier les différences entre pots, sacs ou rangs, les problèmes de drainage, les substrats qui se tassent, les contenants qui se réchauffent trop, les goutteurs irréguliers et les plantes qui ne réagissent plus correctement malgré une fertigation normale.
Ce bilan permet de décider quelles parcelles doivent être relancées, rééquilibrées, taillées différemment, corrigées au niveau nutritionnel ou partiellement renouvelées. Il permet aussi d’identifier les plants faibles à remplacer. Dans les plantations intensives, maintenir des plants improductifs ou irréguliers complique la conduite, perturbe l’homogénéité de récolte et crée des zones faibles dans la parcelle.
La réussite de la campagne suivante commence dès la sortie de récolte. Une plante bien conduite après récolte garde un feuillage actif, reconstitue ses réserves, renouvelle ses racines fines, forme des bourgeons floraux de qualité et entre dans la phase suivante avec une structure saine. Pour les producteurs marocains de myrtilles, la priorité est donc d’observer, d’analyser, d’irriguer avec précision, de fertiliser sans excès, de tailler au bon moment, de nettoyer la parcelle et de maintenir la pression sanitaire à un niveau bas. En pleine terre, cela signifie stabiliser un sol acide, drainant, vivant et régulièrement humide. En hors-sol, cela signifie maintenir un substrat physiquement stable, bien oxygéné, avec un pH, une EC et un drainage suivis de près.




