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Dattes marocaines : une production record attendue !

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Dattes marocaines

À l’occasion de l’ouverture de la 15e édition du Salon International des Dattes au Maroc (SIDATTES), le 28 octobre à Erfoud, les nouvelles prévisions de production des dattes marocaines confirment une évolution favorable de la filière phoenicicole nationale. Avec 177 000 tonnes attendues, soit une progression de 11 % par rapport à la campagne précédente, le secteur pourrait atteindre un niveau historique. Au-delà de cette performance, les enjeux portent sur la modernisation des exploitations, la valorisation de la production et la résilience des territoires oasiens face aux contraintes climatiques.

Une campagne qui s’annonce exceptionnelle

La production marocaine de dattes devrait atteindre près de 177 000 tonnes au titre de la campagne agricole 2026-2027, selon les prévisions annoncées à l’occasion de l’ouverture du SIDATTES 2026. Ce volume, en hausse de 11 % par rapport à la campagne précédente, constituerait un nouveau record national s’il se confirmait.

Cette progression s’explique principalement par l’amélioration des conditions climatiques et l’entrée en production de nouvelles plantations réalisées dans les zones d’extension du palmier dattier. Elle traduit également les effets progressifs des investissements engagés ces dernières années pour développer le potentiel productif de la filière.

La région de Drâa-Tafilalet conserve une position largement dominante, avec 83 % de la production nationale. Elle est suivie par Souss-Massa et l’Oriental, qui contribuent chacune à hauteur de 7,5 %. Cette forte concentration géographique souligne l’importance stratégique des oasis du Sud-Est marocain dans l’approvisionnement du marché national.

Une filière essentielle à l’économie des oasis

Au-delà des volumes produits, le palmier dattier représente une activité économique et sociale structurante pour les territoires oasiens. La filière génère une valeur ajoutée supérieure à 3 milliards de dirhams et assure plus de 3,4 millions de journées de travail chaque année.

Son poids dans les revenus agricoles est particulièrement important puisqu’elle peut représenter jusqu’à 60 % des revenus des ménages oasiens. Près de deux millions de Marocains bénéficient directement ou indirectement de ses retombées économiques.

Dans la région de Drâa-Tafilalet, les oasis couvrent près de 56 000 hectares et abritent plus de 6,49 millions de palmiers dattiers. Elles se distinguent également par une richesse variétale considérable, avec plus de 225 variétés recensées, constituant un patrimoine génétique et agricole majeur.

Sur le plan commercial, les exportations de dattes de la région ont atteint 1 510 tonnes en 2026, selon les données communiquées lors du salon. Ce volume reste relativement limité au regard du potentiel productif régional, ce qui met en perspective l’importance des efforts de valorisation commerciale et de développement des débouchés.

Recherche variétale et culture in vitro : accompagner le renouvellement des palmeraies

L’amélioration du matériel végétal constitue l’un des axes importants de modernisation de la filière. À cet égard, le Laboratoire national de culture in vitro du palmier dattier, relevant du Centre régional de la recherche agronomique d’Errachidia de l’INRA, joue un rôle central dans la multiplication de matériel végétal sélectionné.

Ses travaux portent notamment sur la production de vitroplants, la préservation des ressources génétiques nationales et le développement des techniques de multiplication par culture in vitro. Ces approches contribuent au renouvellement et à l’extension des palmeraies, tout en facilitant la diffusion de génotypes présentant des caractéristiques agronomiques recherchées.

La lutte contre le Bayoud, maladie historique et particulièrement destructrice du palmier dattier, figure également parmi les priorités de recherche, notamment à travers la multiplication de génotypes sélectionnés.

Ces efforts s’inscrivent dans le programme d’intensification et de réhabilitation des oasis traditionnelles de Drâa-Tafilalet, doté d’une enveloppe de 792 millions de dirhams pour la période 2021-2030.

Couvrant quatre provinces et 58 communes territoriales, ce programme prévoit la distribution de 2,6 millions de plants. À ce jour, 917 051 plants ont été distribués, soit un peu plus de 35 % de l’objectif annoncé.

Eau et résilience climatique : des investissements pour sécuriser les oasis

L’avenir de la phoeniciculture marocaine reste étroitement lié à la disponibilité de l’eau et à la préservation des écosystèmes oasiens. Ces territoires, particulièrement sensibles aux épisodes de sécheresse et aux effets du changement climatique, nécessitent une gestion durable des ressources hydriques et une modernisation des infrastructures agricoles.

Dans cette perspective, le Projet de gestion durable des écosystèmes oasiens (PROGEDOM), mis en œuvre par l’ANDZOA avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, mobilise un investissement de 164 millions de dirhams sur la période septembre 2024-décembre 2027.

Le financement comprend un don de 121 millions de dirhams du fonds PROGREEN de la Banque mondiale, complété par une contribution de 43 millions de dirhams du ministère de l’Agriculture.

Ce programme bénéficie aux oasis d’Aoufous, dans la province d’Errachidia, et d’Akka, dans la province de Tata, et cible environ 37 000 habitants. Il vise notamment à renforcer la résilience des écosystèmes oasiens, à améliorer la mobilisation des ressources en eau et à soutenir des pratiques de gestion plus durables.

Parallèlement, les travaux d’aménagement hydroagricole du périmètre du grand hydraulique de l’Oued Ziz et de la plaine du Tafilalet concernent quelque 28 000 hectares répartis sur 540 ksour, au bénéfice d’environ 114 800 habitants. Les investissements réalisés depuis 2020 atteignent près de 180 millions de dirhams.

La modernisation passe également par l’amélioration de l’entretien des palmeraies et la valorisation de leurs sous-produits. Des équipements agricoles ont ainsi été distribués dans le cadre des actions conduites à Aoufous, afin de renforcer les capacités d’intervention des agriculteurs et des coopératives de services agricoles.

SIDATTES 2026 : l’innovation au service du développement territorial

Organisée sous le thème « Palmier dattier et innovation : opportunités pour le développement territorial intégré », la 15e édition du SIDATTES met en avant les solutions susceptibles d’améliorer la productivité, la gestion des ressources naturelles et la valorisation économique des dattes.

Le salon occupe une superficie de 40 000 m² et réunit plus de 230 exposants marocains et étrangers. Les organisateurs tablent sur une fréquentation supérieure à 100 000 visiteurs.

Huit pôles thématiques structurent cette édition, couvrant notamment les régions productrices, les agrofournitures, le machinisme agricole, les participations internationales, les produits du terroir et les espaces traditionnels de commercialisation.

Pour les professionnels, cet événement constitue une occasion de découvrir les innovations disponibles, de renforcer les partenariats commerciaux et d’échanger sur les perspectives de développement de la filière.

Transformer la progression des volumes en valeur ajoutée durable

La perspective d’une récolte record constitue un signal favorable pour la phoeniciculture marocaine. Elle soulève également une question essentielle : comment accompagner l’augmentation des volumes par une meilleure valorisation économique de la production ?

L’amélioration de la qualité, le développement du conditionnement, la différenciation variétale, la maîtrise des opérations post-récolte et l’organisation de la commercialisation apparaissent comme des enjeux importants pour permettre aux producteurs de tirer pleinement profit des progrès réalisés dans les palmeraies.

Les nouvelles plantations et les investissements hydroagricoles contribuent à renforcer le potentiel du secteur. Mais la pérennité de cette dynamique dépendra aussi de la capacité à préserver les ressources en eau, à maintenir la productivité des palmeraies traditionnelles et à améliorer les revenus des producteurs.

 

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