Après une campagne perturbée par les inondations dans plusieurs bassins de production, la filière sucrière marocaine aborde la saison 2026/2027 avec des perspectives hydriques plus favorables. Le taux de remplissage des barrages alimentant les périmètres sucriers atteint désormais 67 %, contre 32 % à la même période de l’année précédente. Dans ce contexte, le Groupe COSUMAR engage un programme de 63 000 hectares de betterave et de nouvelles plantations de canne à sucre, accompagné d’importants moyens financiers, techniques et industriels.
La nouvelle campagne sucrière démarre sous de meilleurs auspices en matière de disponibilité en eau. Avec un taux de remplissage des barrages en progression de 35 points par rapport à l’année précédente, les cinq grands bassins sucriers du Royaume bénéficient d’un contexte plus encourageant pour la mise en place des cultures. Une évolution particulièrement importante pour une filière dont les performances restent étroitement liées à la maîtrise de l’irrigation et aux conditions de conduite des cultures.
Dans ce contexte, COSUMAR et ses agriculteurs partenaires ont engagé un programme portant sur 60 000 hectares de betterave à sucre et 3 000 hectares de nouvelles plantations de canne à sucre. Les premières opérations ont démarré dès le 20 août pour la canne et le 15 septembre pour la betterave.
Une répartition adaptée aux grands bassins sucriers
La betterave à sucre concentre l’essentiel des superficies programmées, avec 18 500 hectares dans les Doukkala, 15 500 hectares dans le Tadla et 15 000 hectares dans le Gharb. Le Loukkos et la Moulouya complètent ce dispositif avec respectivement 6 000 et 5 000 hectares.
Pour la canne à sucre, les 3 000 hectares de nouvelles plantations sont répartis entre le Gharb, qui concentre 2 000 hectares, et le Loukkos, avec 1 000 hectares.
Au-delà des superficies annoncées, ce programme représente un enjeu économique important pour les territoires concernés. Selon les projections du Groupe, les retombées économiques de cette campagne devraient dépasser 3 milliards de dirhams, à travers l’activité agricole et la valorisation de la production sucrière.



Intrants, mécanisation et accompagnement technique
La réussite de ce programme repose également sur la capacité à sécuriser les différentes étapes de production. Dans le cadre de son modèle d’agrégation, COSUMAR a prévu une enveloppe d’environ 800 millions de dirhams pour le préfinancement des intrants agricoles, notamment les semences, les engrais et les produits phytosanitaires.
L’accompagnement des producteurs mobilise par ailleurs plus de 120 conseillers agricoles, chargés du suivi des cultures depuis les semis jusqu’aux opérations d’entretien, d’irrigation et de protection phytosanitaire.
Sur le plan technique, la campagne s’inscrit dans la poursuite de la modernisation des pratiques culturales. Le recours aux drones pour les interventions phytosanitaires et la lutte contre les mauvaises herbes, l’utilisation de la plateforme numérique ATTAISSIR, ainsi que le développement de l’irrigation intelligente et de la fertilisation raisonnée figurent parmi les outils déployés auprès des producteurs.
La mécanisation constitue un autre axe d’investissement, avec 120 millions de dirhams consacrés au renouvellement du parc de machines agricoles intervenant dans la filière, du semis à la récolte.
En parallèle, une enveloppe de 270 millions de dirhams est destinée à la modernisation technologique et à la mise à niveau des installations industrielles, afin d’améliorer les conditions de réception et de transformation des futures récoltes.
Une nouvelle campagne après une saison marquée par les inondations
Ce lancement intervient après une campagne 2025/2026 particulièrement délicate dans certains périmètres. Les inondations enregistrées dans le Gharb et le Loukkos ont affecté les conditions de production, sans empêcher la filière de réaliser 240 000 tonnes de sucre blanc à partir de betteraves et de cannes cultivées localement.
Les rendements moyens se sont établis à 55 tonnes par hectare pour la betterave à sucre et à 72 tonnes par hectare pour la canne à sucre.
Pour accompagner les agriculteurs durant cette période difficile, plusieurs mesures de soutien avaient été mobilisées. Les producteurs ont notamment bénéficié d’un appui de l’État de 80 dirhams par tonne de betterave et de 70 dirhams par tonne de canne. Des subventions sur les engrais et l’annulation des dettes des agriculteurs sinistrés du Gharb et du Loukkos ont également été mises en œuvre, avec une participation financière conjointe de COSUMAR et de l’État pour ces deux dernières mesures. Au total, l’ensemble des dispositifs de soutien a représenté une enveloppe de 425 millions de dirhams.
Transformer l’amélioration hydrique en performances agricoles
Pour la campagne 2026/2027, l’amélioration des réserves en eau constitue incontestablement un facteur encourageant. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à garantir les performances attendues. La régularité des apports d’eau, la qualité d’implantation des cultures, la maîtrise de la fertilisation et la protection phytosanitaire resteront déterminantes pour valoriser les superficies engagées.
L’enjeu est d’autant plus important que la filière sucrière dépasse la seule production de sucre. Elle contribue également à l’approvisionnement de l’élevage en aliments du bétail et fournit, à travers la mélasse, une matière première essentielle à l’industrie de la levure boulangère.
Dans un pays où l’approvisionnement national repose à la fois sur la production sucrière locale et le raffinage du sucre brut importé, la réussite de cette nouvelle campagne représente ainsi un enjeu agricole, industriel et économique. Le redressement des réserves hydriques ouvre des perspectives plus favorables, qu’il faudra désormais concrétiser sur le terrain.




