Attention au Botryosphaeria après la taille pour les jeunes plants et les variétés sensibles

0

La brûlure des tiges de la myrtille causée par Botryosphaeria dothidea est particulièrement dangereuse sur les jeunes plantes de 1 à 2 ans, mais elle affecte également les buissons matures. Les plants atteints subissent la mort de la canne, ce qui peut entraîner la mort de la plante entière si la maladie se répand. Le champignon présente des symptômes très évidents à surveiller. Ne pas commencer le traitement à temps pourrait entrainer la perte des baies sucrées, voire même la perte de toute la plante dans les cas sévères. Connaître les mesures à prendre en cas de brûlure des tiges peut sauver votre récolte de myrtilles.

La brûlure des tiges est le résultat du champignon Botryosphaeria dothidea qui vit dans le sol et les débris végétaux mis au rebut ainsi que plusieurs hôtes sauvages. La maladie commence insidieusement avec seulement quelques feuilles mortes dans une seule partie de la plante. Au fil du temps, elle se propage, et les tiges présentent également des signes de la maladie.

La maladie est plus fréquente dans les régions où le sol est pauvre ou où une croissance excessive a eu lieu. Le champignon pénètre par les plaies de la plante et la maladie semble être plus répandue en début de saison, bien que l’infection puisse survenir à tout moment. Elle infecte également des plantes hôtes telles que le saule, la mûre, l’aulne, le myrte de cire et le houx.

La pluie et le vent transportent les spores infectieuses d’une plante à l’autre. Une fois que les tiges sont endommagées par des insectes, par des moyens mécaniques ou même par le gel, elles se déplacent dans le tissu vasculaire de la plante. La première chose qu’on peut remarquer est le brunissement ou la rougeur des feuilles. Ceci est en fait un stade ultérieur de l’infection, car la plupart des corps fongiques entrent plutôt par des blessures sur les tiges et de là ils se déplacent dans le feuillage. Les feuilles ne tombent pas mais restent attachées au pétiole.

Stratégie de prévention

– Ne pas faire une taille sévère pour les jeunes plants qui sont les plus sujets à l’infection. En effet, dans la région du Nord du Maroc, les professionnels ont observé que les infections surviennent généralement pendant les mois de juin, juillet et aout, environ deux semaines après l’opération de la taille, notamment pour les jeunes plants et les variétés sensibles.

– Avec la détection précoce de la maladie et de bons soins culturaux, les plantes peuvent survivre et se rétablir l’année suivante.

– Dans les zones sujettes à la propagation de la maladie, opter pour des cultivars résistants si disponibles.

–  Éviter toutes blessures permettant l’entrée du champignon dans le système vasculaire.

–  Finalement, lorsque les plants sont infectés, il faut couper les tissus endommagés au moins 15 à 20 cm sous le symptôme ou jusqu’à l’apparition des tissus sains.

– Elaborer un protocole de traitement à base de cuivre chélaté EDTA avant et après la taille par des applications en injection racinaire et en application foliaire.

– Désinfecter les sécateurs par l’eau de javel avant de passer d’un arbuste à autre pour éviter la propagation de la maladie.

– Badigeonner juste après la coupe les plaies de taille par une solution à base de cuivre ou de Captane.

– Ramasser les débris de taille le jour même et les incinérer pour stopper l’inoculum de la maladie.

– Utiliser des stimulateurs de défenses naturelles SDN pour renforcer le système immunitaire des plantes à ce champignon.