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L’Intelligence Artificielle améliore les pépinières d’agrumes

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L’Université de Floride (UF/IFAS) mise sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la production agricole, suscitant l’intérêt croissant du secteur agrumicole. Longtemps perçue comme loin des préoccupations concrètes des pépiniéristes, l’IA s’invite désormais dans les serres et les vergers expérimentaux, apportant des outils de précision qui transforment les pratiques. L’utilisation de capteurs connectés, de caméras haute résolution, de drones, et de modèles d’apprentissage automatique permet de suivre avec une extrême précision la croissance des plants, de détecter précocement les signes de maladies ou de stress, et d’ajuster les interventions avec une efficacité inédite.

Des programmes de recherche appliquée développés à l’UF/IFAS ont permis d’identifier des combinaisons d’algorithmes capables d’analyser en temps réel les données issues du sol, du climat, et de l’état physiologique des plants d’agrumes. Ces informations, une fois traitées, aident à prendre des décisions plus éclairées concernant l’irrigation, la fertilisation, le choix des porte-greffes ou encore le moment optimal pour la transplantation.

Pour les pépiniéristes, l’IA ne se limite pas à un gadget technologique : elle représente une avancée majeure face aux enjeux actuels, notamment le besoin d’améliorer l’uniformité des plants, de réduire les pertes et d’assurer une traçabilité rigoureuse. Les solutions mises en place permettent également d’optimiser les coûts, d’automatiser certaines tâches répétitives, et de garantir des standards de qualité répondant aux exigences du marché, tant local qu’international.

La Floride, confrontée depuis plusieurs années à des crises sanitaires majeures comme le HLB (greening), s’impose ainsi comme un laboratoire grandeur nature pour tester et affiner ces technologies. L’espoir est grand que ces innovations puissent également bénéficier à d’autres bassins de production agrumicole à travers le monde, y compris au Maroc, où les pépinières jouent un rôle stratégique dans la filière.

Bientôt des orangers résistants au Greening ?

Une collaboration scientifique internationale se renforce dans la lutte contre le greening des agrumes, une maladie bactérienne redoutable qui menace la pérennité des vergers dans de nombreuses régions du monde. Récemment, une équipe de chercheurs du CIRAD s’est rendue au Brésil pour approfondir les échanges avec un institut local de recherche agrumicole Fundecitrus, dans l’objectif de développer des orangers résistants à la maladie.

Cette coopération s’appuie sur une expertise génétique de haut niveau, notamment grâce à une vaste base de données génomiques sur les agrumes, constituée depuis plusieurs années à partir de collections conservées en Guadeloupe. Les travaux de recherche visent à identifier des gènes de résistance chez des génotypes d’agrumes originaires de l’Océanie, connus pour leur richesse génétique. Ce matériel est évalué en vue de son intégration dans de nouveaux programmes de sélection, tant pour les porte-greffes que pour les variétés commerciales.

L’approche repose sur l’utilisation de la biotechnologie afin de mettre au point des plantes capables de détecter et de bloquer l’action de la bactérie responsable du greening. Parallèlement, les mécanismes naturels de défense observés chez certaines espèces sauvages sont étudiés afin d’en comprendre les bases génétiques et physiologiques.

Le partenariat avec les chercheurs brésiliens permet de combiner des travaux de génomique et de transcriptomique avancés à une expérimentation concrète sur le terrain. Il s’agit d’une recherche appliquée, orientée vers des résultats directement transférables aux producteurs. L’ambition est de proposer à terme des variétés résistantes, testées à grande échelle et capables de limiter l’usage des pesticides chimiques, dans une logique de durabilité et de résilience pour la filière agrumicole.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie à long terme, qui vise à protéger les vergers contre cette menace sanitaire majeure et à préserver la compétitivité de l’industrie citricole, au Brésil comme ailleurs.

Innovation dans la lutte contre les maladies des agrumes

La société brésilienne Ideelab, spécialisée en biotechnologie végétale, développe des solutions innovantes pour protéger les agrumes contre des maladies redoutées comme la gommose ou le Greening. L’entreprise mise sur une approche de pointe basée sur la compréhension des interactions moléculaires entre plantes et pathogènes.

Au cœur de cette stratégie : les effecteurs, des peptides et protéines que les micro-organismes libèrent pour interagir avec les plantes. Ces signaux moléculaires déterminent la nature de l’interaction — bénéfique ou pathogène. En identifiant ces effecteurs, Ideelab parvient à décrypter comment certains agents pathogènes, comme Phytophthora parasitica, parviennent à désactiver le système immunitaire des plantes sensibles.

Les travaux menés ont permis de démontrer que certaines variétés d’agrumes résistent mieux aux attaques grâce à une seconde ligne de défense, située hors de portée des effecteurs pathogènes. Cette avancée ouvre la voie à des stratégies de lutte plus ciblées et durables contre les maladies, en renforçant les défenses naturelles des cultures.

Ideelab s’est donné pour mission de transformer ces découvertes en bio-intrants adaptés à l’agriculture tropicale. Sa technologie présente un intérêt particulier pour les maladies systémiques, comme le greening, en ciblant les agents pathogènes logés dans les tissus conducteurs de la plante — un défi jusqu’ici difficile à relever.

En combinant biotechnologie, agronomie et innovation, cette jeune entreprise brésilienne pourrait bien ouvrir une nouvelle voie dans la protection intégrée des agrumes. Outre les maladies causées par des bactéries et des champignons, cette technologie peut être utilisée pour lutter contre les insectes vecteurs de maladies.

Effondrement des colonies d’abeilles : les scientifiques pointent un coupable principal

Aux États-Unis, l’année 2025 est marquée par une perte massive de colonies d’abeilles domestiques. Depuis janvier, plus de 60 % des ruches commerciales ont disparu, soit environ 1,7 million de colonies. Une catastrophe qui met en péril les services de pollinisation essentiels à l’agriculture et menace une activité estimée à plus de 20 milliards de dollars par an dans le pays.

Après plusieurs mois d’enquête, les chercheurs de l’USDA (Département de l’agriculture des États-Unis) ont identifié la principale cause de cet effondrement : une charge virale exceptionnelle dans les colonies, notamment par les virus de l’aile déformée (types A et B) et le virus de la paralysie aiguë. Ces pathogènes sont transmis par un acarien bien connu des apiculteurs : Varroa destructor.

Mais cette fois, le parasite semble avoir pris une longueur d’avance. Il montre une résistance croissante à l’amitraz, le principal produit acaricide encore autorisé dans les ruchers américains. Résultat : les traitements n’agissent plus efficacement, les charges virales explosent, et les abeilles succombent.

Face à l’ampleur de la crise, les chercheurs appellent à un changement rapide de stratégie. Une publication scientifique est en cours de préparation, et plusieurs pistes sont déjà envisagées : développement de nouvelles molécules, recours à des méthodes biologiques, ou encore sélection de souches d’abeilles plus tolérantes. Mais le temps presse.

L’effondrement de ces colonies dépasse largement la seule apiculture. Il affecte toute la chaîne agroalimentaire, en particulier les cultures dépendantes de la pollinisation comme les amandiers, les agrumes ou les melons. Dans ce contexte, la préservation des abeilles n’est plus un sujet marginal, mais une urgence agricole et économique majeure.

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