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Le faux carpocapse suscite des inquiétudes en Europe

L’Office marocain de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA) a répondu aux nombreuses informations faisant état de la détection du faux carpocapse de la pomme, également connu sous le nom de Thaumatotibia leucotreta, dans une cargaison de grenades exportées du Maroc vers Valence, en Espagne.

À la suite d’enquêtes réalisées par ses inspecteurs dans les unités de production et d’exportation concernées, ainsi que des analyses effectuées par des laboratoires officiels, l’ONSSA a confirmé l’absence de ce ravageur dans les grenades marocaines. L’Office a aussi rappelé que ce papillon est classé comme organisme de quarantaine au Maroc et que les autorités marocaines ont déclaré à la Commission européenne que le royaume est exempt de cet insecte, conformément à la législation en vigueur. L’ONSSA a de plus souligné que le Maroc continue d’exporter des quantités importantes de grenades vers divers pays sans aucun signalement de la présence de cet insecte par les autorités sanitaires de ces pays.

Rappelons que plus tôt ce mois-ci, la Commission européenne avait signalé l’interception du faux carpocapse dans une cargaison de grenades en provenance du Maroc. En réponse, l’Association Valencienne des Agriculteurs (AVA-ASAJA) avait exprimé sa grande préoccupation quant au risque phytosanitaire et a demandé à l’UE de lancer immédiatement une enquête pour évaluer l’ampleur de la menace et, si nécessaire, de prendre des mesures pour empêcher ce ravageur d’atteindre l’Europe.

Une menace à prendre au sérieux

Le faux carpocapse représente une menace sérieuse pour diverses cultures, dont les agrumes, les rosacées à noyau et à pépins, les avocats, les vignes, les olives, les kakis, les grenades, les poivrons, les tomates, les aubergines, etc. Sa capacité d’expansion est notable, particulièrement en Afrique où il est déjà présent dans plusieurs pays comme le Kenya, la Zambie et l’Afrique du Sud. L’UE a récemment mis en place un traitement par le froid pour les oranges en provenance d’Afrique du Sud afin de prévenir son arrivée. Elle estime que l’introduction et la propagation du faux carpocapse dans les pays producteurs d’agrumes de l’UE pourraient entraîner une perte moyenne de 26 % de la production.

L’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA) a averti qu’une impasse concernant les nouvelles réglementations de l’Union européenne affectant les exportations d’agrumes de l’Afrique du Sud serait catastrophique pour la saison 2023, si le gouvernement ne peut pas la résoudre rapidement.

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Les nouvelles mesures obligent les agriculteurs sud-africains à appliquer un traitement au froid extrême à toutes les oranges destinées à l’Europe et à conserver les fruits à des températures de 2°C ou moins pendant 20-25 jours. La mesure supplémentaire de refroidissement et de stockage, qui n’est pas idéale pour les oranges, augmente considérablement les coûts de production. L’association sud-africaine des producteurs d’agrumes estime même que ces mesures sont injustes et ne sont pas conformes aux lignes directrices de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’Association affirme que cette mesure n’est pas nécessaire car l’Afrique du Sud a prouvé qu’elle disposait déjà de son propre système pour empêcher la propagation des larves de l’insecte. « Le faux carpocapse est présent dans toute l’Afrique du Sud, mais nous le maintenons à un faible niveau grâce à la technique de l’insecte stérile, aux pulvérisations de virus et à la gestion adaptée des vergers. Nous y parvenons dans 99,5 % des cas, et si l’on considère les volumes importants que nous exportons, c’est une performance impressionnante » a déclaré le représentant de l’association.

Moyens de dissémination

Les principaux moyens de déplacement et de dissémination de T. leucotreta vers des zones saines sont les échanges internationaux de fruits et de fleurs coupées (importations de produits frais ou dans les bagages des passagers) contenant des larves vivantes. L’importation de terre ou de milieu de culture, dans lesquels T. leucotreta pourrait se nymphoser, est interdite des pays tiers vers l’UE.

Localement, les adultes ne volent que sur de courtes distances pour atteindre une plante-hôte, s’accoupler et pondre; par conséquent la dispersion sera limitée. Pendant les vols nocturnes d’accouplement, les mâles peuvent répondre aux femelles à plus d’un kilomètre de distance. La distance annuelle maximale de propagation de T. leucotreta est estimée à environ 1,5 km.

Informations sur le ravageur

Dégâts :

  • Les larves creusent un trou d’environ 1 mm de diamètre et pénètrent dans le fruit.
  • Les tissus autour du point de pénétration deviennent brun jaunâtre et peuvent présenter un affaissement.
  • Les fruits attaqués tôt dans leur développement chutent prématurément.
  • Le point de sortie constitue une porte d’entrée pour d’autres maladies et ravageurs. 

A ne pas confondre !

Le dégât externe sur le fruit peut être confondu avec une trace de piqure du papillon piqueur Eudocima.

Signes distinctifs :

  • Adulte : coloration varie du brun-noir au brun-orangé en passant par le gris.
  • Les individus ont une envergure de 1.25 à 2 cm.
  • L’aile postérieure des femelles est légèrement plus large que celle des mâles.
  • Chenilles de dernier stade : mesurent environ 15mm de long et sont orange rose.

Cycle de développement :

  • Une femelle peut pondre 100 à 250 œufs. Selon les températures, le stade œuf dure 2 à 22 jours environ.
  • Les larves nouvellement écloses creusent un trou d’environ 1mm de diamètre et pénètrent dans le fruit. Plus les chenilles grossissent et plus elles s’enfoncent dans le fruit. Selon les températures ce stade dure 12 à 67 jours.
  • A la fin du dernier stade, les chenilles sortent du fruit et descendent jusqu’au sol dans l’écorce ou à l’aide d’un fil de soie qu’elles sécrètent. Une fois dans le sol, les chenilles se métamorphosent à l’intérieur d’un cocon de soie de couleur crème. Le stade chrysalide dure de 11 à 39 jours pour les femelles et 13 à 47 jours pour les mâles.
  • Les papillons ne sont actifs que pendant certaines parties de la nuit et demeurent inactifs le jour.
  • Les adultes vivent de 15 à 70 jours, plusieurs générations peuvent se succéder dans l’année.

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