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La filière Céréales et légumineuses organise l’édition 2022 de son salon à Berrechid

La troisième édition du Salon International des Céréales et Légumineuses (ASICEL) qui s’est tenue du 3 au 6 novembre à Berrechid a rassemblé des exposants et des visiteurs venus de toutes les régions du Maroc. Ceci dénote de l’intérêt national et international porté aux filières céréales et légumineuses dont l’importance n’échappe à personne, compte tenu de leur poids socio-économique et de leur rôle dans la sécurité alimentaire et la stabilité de l’activité agricole dans le milieu rural.

Pour rappel, l’idée d’organiser ce salon est venue d’un simple constat. Les professionnels déploraient le fait que la filière céréaliculture et légumineuses, contrairement à presque toutes les filières agricoles nationales, ne disposait pas d’un salon périodique alors que 70% des terres agricoles lui sont consacrées. De même, on constate également la faiblesse des organisations professionnelles et des coopératives, les nombreuses irrégularités des opérations de commercialisation, le peu de valorisation… Et cela se traduit inéluctablement tant sur le rendement financier que sur la productivité économique de toute cette filière, même en cas d’une bonne pluviométrie. D’où l’organisation d’une manifestation qui permet à ces deux secteurs de mieux faire connaître leurs productions et aussi d’échanger entre les professionnels expériences et savoir-faire.

Pour l’Association du Salon International des Céréales et Légumineuses (ASICEL) qui organise cette manifestation, le choix de Berrechid ne provient pas du hasard, étant donné que la province appartient à la zone Chaouia reconnue historiquement comme « le grenier du Maroc » au niveau des céréales, et jouissant non seulement des conditions climatiques favorables et de vastes terrains agricoles cultivables, mais aussi d’un bon niveau de technicité. Pour rappel, la superficie agricole de Berrechid s’étale sur 251.900 Ha dont 161 246 Ha de superficie agricole utile, principalement occupée par les céréales (62%). La province contribue ainsi, à hauteur de 20% de la production régionale des céréales et 12% des légumineuses.

Cette manifestation se veut aussi un lieu d’échange entre les différents opérateurs impliqués dans les deux filières (institutions, entreprises, organisations professionnelles et agriculteurs) pour partager leurs expertises et savoir-faire. L’occasion également de créer une dynamique économique dans la région et promouvoir les métiers et activités en relation avec les deux secteurs. Par ailleurs, le salon permet aux petits et moyens agriculteurs, qui représentent plus de 90% du tissu agricole, d’accéder aux nouvelles techniques de production afin de s’adapter aux contraintes climatiques notamment.

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Cette année, le salon a couvert une superficie de 2 Ha, dont 8000m2 en espace d’exposition extérieur réservés aux agroéquipements et 12.000m² couverts répartis sur 3 pôles : Institutionnel, Agrofourniture et Produits du terroir (60 coopératives).

La satisfaction exprimée par les organisateurs, les institutionnels, les exposants et les visiteurs était à la mesure de la participation des entreprises du secteur et de l’affluence des visiteurs malgré une ambiance d’expectative due au retard des précipitations. Il faut reconnaitre que l’intitulé « Les céréales et les légumineuses et le pari de la garantie de la souveraineté alimentaire » avait de quoi attirer les professionnels et que l’accès au site d’exposition depuis l’autoroute était très facile.

Plus de 120 exposants issus de 12 régions, y ont ainsi exposé leurs gammes couvrant tous les intrants et services impliqués dans la production des céréales et des légumineuses, notamment : les semences, les engrais, les produits phytosanitaires, les machines agricoles, les équipements d’irrigation… auxquels s’ajoutent des institutions de conseil, de financement et d’assurance. Selon les organisateurs, 96.230 visiteurs ont fait le déplacement cette année, soit une nette progression par rapport à la précédente édition en 2019. Leur répartition par profiles montre qu’ils étaient surtout des agriculteurs, des cadres et dirigeants d’entreprises, des commerciaux, des représentants de sociétés de services et logistique…

Nombreux étaient les visiteurs venus de régions éloignées du Maroc, l’autoroute facilitant les déplacements. Pour expliquer les raisons de ce déplacement lointain, l’un de ces visiteurs explique qu’il était présent lors de la précédente édition du salon et qu’il tenait à voir les évolutions survenues depuis. Il estime qu’un salon professionnel spécialisé lui paraît plus intéressant et mérite largement le détour, d’autant plus qu’il concerne les céréales, domaine qui l’intéresse plus particulièrement.

D’autres visiteurs interrogés ont expliqué qu’ils viennent pour rencontrer, réunis à un même endroit, la majorité des prestataires qui peuvent les aider dans leur travail. La diversité des activités des entreprises présentes et des produits exposés leur a ainsi permis de s’informer, entre autres, sur les dernières techniques de semis, de fertilisation, de traitements phytosanitaires, de l’utilisation rationnelle des intrants et de la mécanisation des travaux.

Un espace extérieur a été spécialement dédié aux agroéquipements. En effet, la mécanisation revêt une importance capitale en raison de son impact sur l’amélioration des techniques de production, la modernisation des exploitations et l’augmentation de la productivité dans l’ensemble des filières agricole.

Autre composante essentielle de l’agriculture nationale et régionale, les coopératives étaient présentes en force dans un espace dédié, pour faire connaitre des produits qui font partie intégrante de notre patrimoine, ainsi que leur façon de travailler : huile d’argan, amlou, miel, safran, couscous, dattes ou encore les huiles essentielles. Cette présence contribue à valoriser et à promouvoir les produits du terroir marocain auprès des consommateurs.

Parallèlement à l’exposition, une série de conférences a été animée par des experts du domaine, avec des exposés qui ont porté sur différentes thématiques d’actualité.

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Les céréales et légumineuses au Maroc

Prédominée par le blé tendre et l’orge, la filière céréalière occupe environ 60% de la surface agricole utile totale (SAU) et représente 10 à 20% du PIB en fonction des conditions climatiques, en plus de son rôle dans la sécurité alimentaire, la stabilité de l’activité agricole et l’emploi dans le milieu rural. A signaler que le marocain consomme en moyenne 200 kg/habitant/an alors que la consommation moyenne mondiale est de 152 kg/habitant/an, sachant qu’une bonne partie des besoins en céréales est assurée par l’importation.

La région de Casablanca-Settat est le premier producteur de céréales à l’échelle nationale, avec 24% de la production totale, et le deuxième producteur de légumineuses avec 27% de la production. La filière céréalière constitue en effet une des principales filières de production agricole de la région, plus particulièrement au niveau de la zone de Chaouia, avec une superficie de près de 900.000 ha.

Sur le plan de la valorisation, la région de Casablanca–Settat occupe la première place en termes d’implantation des unités avec près de 40 unités de stockage et d’emballage des céréales et légumineuses, 104 minoteries et un large réseau de multiplicateurs de semences.

Quant aux légumineuses, elles occupent la seconde place dans l’assolement et jouent un rôle agronomique essentiel en termes de rotations culturales. Outre leur fonction dans la sécurité alimentaire à travers la contribution à l’alimentation humaine et animale, elles équilibrent l’assolement dans les zones favorables, améliorent la fertilité des sols grâce à leur propriété de fixation symbiotique de l’azote atmosphérique. L’essentiel des surfaces est concentré dans les zones du Saïs Pré-Rif, du Gharb et de Chaouia. La sole des légumineuses est constituée essentiellement de fèves, de pois chiche, de lentilles et de petits pois.

En termes de consommation moyenne des légumineuses alimentaires les marocains consomment 7 kg/habitant/an, sachant que l’import assure une partie importante des besoins essentiellement de lentilles (50% des importations).

L’autosuffisance : un objectif réalisable ?

C’est aujourd’hui une réalité, et les événements de ces dernières campagnes l’ont confirmé, le Maroc se voit confronté, comme le reste du monde, aux changements des conditions climatiques. Si cette réalité s’impose à tous les secteurs agricoles, la filière des céréales et légumineuses est particulièrement concernée. D’autre part, la production locale est lourdement pénalisée et reste incapable de faire face aux importations massives impactant négativement le revenu des agriculteurs.

Les principales contraintes auxquelles fait face la filière des céréales et légumineuses peuvent être résumée principalement dans le faible niveau de technicité des petits et moyens agriculteurs qui constituent plus de 90% du nombre total des agriculteurs, le faible recours à l’assurance pour la couverture des risques liés aux aléas climatiques et le non respect d’un itinéraire technique adapté. En effet, le taux d’utilisation des moyens de production est encore en-deçà des besoins (semences sélectionnées, traitements herbicides, anti-fongiques et parasitaires), ce qui affecte grandement la productivité et ce même quand les conditions climatiques de la campagne sont favorables.  

Le secteur souffre également du faible niveau d’esprit d’organisation et de coopération, des défaillances des réseaux de commercialisation et du faible niveau de valorisation et de transformation, et aussi des revenus limités liés à cette activité.

Selon les experts, lautosuffisance en céréales et légumineuses est un objectif réalisable, notamment par l‘utilisation de nouvelles variétés de semences sélectionnées à haut potentiel et le recours aux techniques culturales modernes. Cet objectif peut être également atteint grâce aux efforts concertés de tous les acteurs du secteur, l’encouragement des agriculteurs à s’organiser dans des organisations professionnelles et leur incitation à l’adhésion aux programmes du ministère de l’Agriculture. Dans ce sens, la formation des agriculteurs, leur agrégation, l’amélioration de leur savoir-faire pour un développement accéléré de l’agriculture à haute valeur ajoutée et à haute production ainsi que la facilitation des procédures d’accès au financement, sont des moyens à même de contribuer à atteindre cet objectif.

D’où l’importance d’un salon comme celui-ci et son rôle dans l’information et la vulgarisation des techniques.

La prochaine édition du salon est prévue du 01 au 05 novembre 2023.

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