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Mécanisation : Le matériel de travail du sol

Mécanisation : Le matériel de travail du sol

Production céréalière

Matériel de travail du sol

Le travail du sol englobe diverses interventions ayant pour objectif de préparer la culture suivante. Pour les céréales, ce travail nécessite de nombreux passages d’outils (3 à 5), mais la principale opération reste le labour. Le choix des outils à utiliser sur une exploitation doit être bien étudié et adapté à chaque cas (type de sol, superficies exploitées, technicité de l’utilisateur, financement, etc.) en rappelant qu’il est possible de faire appel aux travaux à façon quand l’achat du matériel ne se justifie pas. À signaler qu’il existe de nombreuses possibilités d’associations d’outils permettant de réaliser plusieurs opérations en un seul passage. De même, pour faciliter la préparation du sol et permettre la réduction du nombre de passages, des techniques dites simplifiées, dont le semis direct, sont préconisées et apportent des avantages indéniables.
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Outil de base de toute culture, le labour précède toutes les autres opérations. Différents procédés peuvent être adoptés selon le type de sol, le précédent cultural, le matériel disponible, la pluviométrie, etc. En céréaliculture, le matériel utilisé en préparation du sol est peu diversifié. On rencontre pratiquement les mêmes outils dans toutes les régions céréalières et toutes les exploitations. Pourtant, l’utilisation de matériel diversifié et l’adoption de techniques plus adaptées à nos conditions s’imposent, d’autant plus que les aides et subventions sont encourageantes (tracteurs, matériel travail du sol…).

1- Les charrues

C’est l’outil irremplaçable dans les systèmes classiques de culture et le plus communément utilisé pour le labour de fond dans les régions bour favorable du Maroc. Elle détermine la profondeur (15 à 30 cm) de la couche cultivable et vise à préparer le sol pour la culture à venir. Elle ouvre des sillons, découpe et retourne des bandes successives de terre.  

En fonction du type et du nombre d’éléments travaillants (aratoires), les charrues sont classées, en charrues à socs (mono, bi, polysocs) et charrues à disques (mono, bi, polydisque). Elles peuvent être portées par l’intermédiaire de l’attelage à trois points du tracteur (jusqu’à 4 éléments), semi portées (plus de 4) ou tractées (plus de 7). Les plus fréquentes sont celles à trois éléments (trisocs ou tridisques).

Les charrues à socs

Elles sont plus adaptées aux sols lourds et profonds et sont utilisées pour un travail profond permettant l’ameublissement et l’aération du sol, l’augmentation de sa capacité de rétention, l’enfouissement des résidus, la destruction des adventices … À signaler que le retournement de la terre entraîne la couche superficielle en profondeur d’où la nécessité de laisser du temps (plusieurs mois) pour la reconstitution de la couche humique et de la restauration de la qualité biologique et structurelle du sol. La profondeur du labour est réglable et dépend de la taille des socs et de la force de traction (environs 20 cv par soc). A savoir que plus le labour est profond plus il est coûteux en énergie et en temps.

Les charrues à disques

Elles sont moins utilisées que les charrues à socs et sont plus adaptées au travail à l’état sec de sols légers, peu profonds ou pierreux. La profondeur de travail est plus faible, le retournement incomplet, le sol est moins motteux, cependant elles ne forment pas la semelle de labour caractéristique des charrues à soc.

Les deux types de charrues retournent la terre sur un côté des éléments aratoires, formant des ados et des ‘‘dérayures’’ (rigoles) au niveau de rencontre des planches de labour. Pour éviter cet inconvénient, l’agriculteur doit effectuer un ’’travail à plat’’, réduire le compactage, gagner du temps, etc., notamment par le recours à des charrues réversibles :

– Les polysocs sont constituées par un nombre double d’éléments montés en deux corps disposés symétriquement et mis alternativement en service par rotation afin de rejeter les bandes de terre toujours du même côté lors de l’aller-retour.

– Les polydisques sont montées sur un mécanisme permettant de faire pivoter les disques alternativement du côté droit puis gauche.

2- Les matériels à disques

Adapté pour le pseudo labour, il est constitué d’outils tractés, formés de deux rangées de disques disposés le plus souvent en V.

Le cover crop (pulvériseur)

Il sert principalement à des opérations superficielles (profondeur de 5 à 15 cm) de déchaumage, d’ameublissement de la terre labourée, d’enfouissement des engrais de fond et de préparation de la terre aux semis. Parmi les avantages qui l’ont fait adopter par tous les céréaliculteurs, on peut citer la facilité d’utilisation (presque pas de réglages), la rapidité du travail, le faible coût en carburant et en entretien, la polyvalence, son adaptation à toutes sortes de sol, … Certains agriculteurs lui rattachent des herses ou rouleaux pour égaliser le sol.

Le stubble plough

Identique au cover crop, il est cependant plus lourd avec une première rangée de disques crénelés. Il doit être utilisé sur sol sec et sert aux travaux légers d’enfouissement des pailles ou résidus après moisson (déchaumage) et de réduction des irrégularités provenant de la culture précédente. Par ailleurs, après céréales, fourrages ou légumineuses, il sert à préparer le sol pour une céréale d’automne. En effet, en cas de libération précoce, un terrain non travaillé risque de se compacter

Il est conseillé, en cas de déchaumage, d’apporter 6-7 unités d’azote par tonne de paille enfouie (broyée si possible). De même qu’il est souvent nécessaire d’effectuer un deuxième passage (croisé) afin de bien mélanger les résidus dans toute la couche travaillée.

Dans les régions à élevage extensif les agriculteurs évitent le déchaumage pour permettre le pâturage par le bétail (principalement ovins), causant un tassement du sol et empêchant de le préparer à temps pour la culture suivante.

3- Matériel à dents

Il est le plus souvent porté par l’attelage à 3 points du tracteur.

Le sous-soleur

De moins en moins utilisé, il sert à travailler les sols compacts en profondeur sans les retourner, à briser la semelle de labour et convient aux sols caillouteux. Il peut être utilisé tous les 3 à 4 ans mais nécessite une force de traction importante (de 80 à 100 cv par dent). En raison de ses inconvénients la tendance est à le remplacer par le chisel même si ce dernier atteint une profondeur plus faible.

Le chisel

Il est constitué de grandes dents, en nombre impair, rigides ou flexibles montées sur un châssis métallique et disposées en alternance (quinconce) sur 2 rangées pour les plus fréquents. D’utilisation limitée même s’il présente de nombreux avantages, le chisel, très efficace sur sols caillouteux, peut être utilisé à la place des charrues à disques et à socs dans de nombreux cas (céréale après céréale, …). Il est deux fois plus rapide que les charrues, mais n’effectue pas de retournement du sol et est peu efficace contre les mauvaises herbes. Il est utilisé sur sols secs en été, permettant de profiter des premières pluies et nécessite une force de traction de 10 à 15 cv par dent.

Les cultivateurs légers

Ce sont des outils à dents destinés aux reprises de labour et ameublissant le sol sur une profondeur de 5 à 15 cm. Ils sont très utiles sur terrains lourds, en cas de fortes pluies précoces, avant semis, pour briser les croûtes formées en surface et pour les sols prédisposés à la prise en masse. Ils sont construits de la même façon que les chisels, mais en plus léger avec des dents flexibles et plus rapprochées. Ils peuvent combiner une pulvérisation avec la préparation d’un lit de semences et un désherbage mécanique.

Les rouleaux

Il s’agit d’outils tractés utilisés soit avant le semis pour briser les mottes, niveler le sol et préparer le lit de semences, soit après semis pour assurer un meilleur contact sol-semence. Il existe plusieurs types de rouleaux (lisses, cultipackers, émietteurs,…), mais il est préférable d’utiliser le crosskill qui ne laisse pas une surface trop unie et brise bien les mottes (formé de disques dentés). Cependant le roulage est à éviter sur sol humide car il forme une croûte qui empêche la levée des plantules.