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Viticulture : maladies raisin de table

Viticulture : maladies raisin de table

Raisin de table

Les principales maladies cryptogamiques

Les maladies de la vigne sont si nombreuses qu’il est essentiel de les identifier avec exactitude afin de prévenir le plus rapidement possible les infestations graves et des pertes de rendement ou de qualité. Cependant, la présence d’un agent pathogène ou d’une maladie ne signifie pas automatiquement qu’un traitement est nécessaire. La sévérité des maladies varie d’une année à l’autre. En conséquence, certaines maladies peuvent être dévastatrice une année et avoir peu d’importance une autre année. Les mesures à prendre pour éviter les pertes peuvent donc varier d’une saison à l’autre.

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Les maladies cryptogamiques  sont due à des champignons qui attaquent, selon les espèces, soit les organes verts de la vigne (feuilles, rameaux, grappes) soit le tronc (Esca, Eutypiose…). Dans cet article, nous nous intéresserons uniquement aux maladies des organes verts, sachant que le mildiou, l’oïdium et la pourriture grise sont les principales maladies qui touchent nos vignobles, entraînant des pertes de rendement et de qualité. Selon les années, les attaques peuvent être plus ou moins importantes en fonctions de différents facteurs tels que les conditions climatiques, l’inoculum présent (historique) et la sensibilité des différentes variétés cultivées.

Afin d’éviter les infestations graves, le viticulteur doit identifier rapidement et correctement les maladies. Il est ainsi recommandé de dépister entièrement au moins une fois par semaine le vignoble, du débourrement à la récolte, en portant une attention particulière aux cépages sensibles où l’on observe généralement les premiers symptômes. Les viticulteurs sont également appelés à suivre régulièrement les données météorologiques et de s’informer auprès des experts au niveau des organismes de recherche, de développement et d’enseignement. Une intervention bien ciblée en début d’infestation permet d’obtenir un meilleur contrôle des maladies.

A noter que la réussite de la lutte phytosanitaire repose sur un programme adapté aux différentes contraintes susceptibles de compromettre le développement des pieds de la vigne (biotiques et abiotiques). Cette approche doit concilier à la fois les objectifs en termes de qualité et de productivité, et ceux relatifs au respect de l’environnement et de la santé du consommateur, afin de conduire la lutte chimique avec un minimum d’interventions.

 

Le Mildiou de la vigne

Le Mildiou de la vigne est une maladie qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes et vrilles. Le champignon responsable Plasmopara viticola se développe sur les feuilles provoquant l’apparition de ce qu’on appelle la tache d’huile (tâches circulaires d’apparence huileuse). Les tissus touchés se dessèchent, tandis que sur la face inférieure de la feuille, au niveau de la tâche, apparaît une poussière blanchâtre dans laquelle sont produites des spores asexuées qui, dispersées par le vent transmettent l’infection.

L’humidité permet le développement de la maladie. La présence d’eau libre constitue le principal facteur de développement de la maladie. Lors des fortes pluies, les éclaboussures de terre et d’eau transportent les spores sur les feuilles. Tôt en saison, il faut surveiller l’apparition des tâches d’huile sur le dessus des feuilles et de duvets blanchâtres sous les feuilles (sporulation), en priorité dans les parties humides du vignoble (sol lourd, cuvettes, mauvais drainage, feuillage abondant…) et dans les zones ombragées.

La maladie entraîne la chute des feuilles et par conséquent un retard de la maturité des grappes de raisin, des baies moins riches en sucres et en acides, une plus grande sensibilité au gel, un mauvais aoûtement des bois, un retard au débourrement et une incidence défavorable sur la production.

 

Lutte contre le mildiou

Le programme de traitement démarre dès l’apparition des premiers symptômes (premières tâches) et se poursuit durant tout le cycle, avec un arrêt de la lutte chimique durant la floraison de la vigne. La fréquence et le moment d’intervention dépendent  :

– des conditions climatiques du moment,

– des stades phénologiques

– de la situation pédoclimatiques de la parcelle à traiter.

Avant la déclaration de la maladie, les spécialités à base de cuivre et de mancozèbe peuvent être utilisées en traitement préventif. Mais une fois le champignon détecté dans le vignoble, le viticulteur a le choix entre une large gamme de matières actives et de familles chimiques, offrant une bonne efficacité curative.

 

L’Oïdium de la vigne :

Il est provoqué par un champignon, Uncinula necator, qui s’attaque à tous les organes verts de la vigne et en particulier aux jeunes baies en croissance. Les parties atteintes (feuilles, jeunes sarments, jeunes grappes à la floraison et à la véraison) se recouvrent d’un voile farineux de couleur blanche très marquée sur les feuilles et jeunes sarments. Mais vers la fin de la maladie les mêmes feuilles se déforment et montrent sur la face inférieure, des tâches diffuses de poussières grisâtres à noirâtres. En effet, la partie attaquée du limbe croît plus lentement provoquant la déformation de la feuille qui se crispe. Sur les sarments, le même revêtement poussiéreux grisâtre se développe.
A la floraison, les attaques de l’oïdium provoquent le dessèchement des petits grains de raisin qui finissent par se détacher de la rafle. Toute une récolte peut ainsi être facilement compromise. 

Les grappes et les grains contaminés se recouvrent d’une fine poussière grisâtre qui provoque des nécroses noires. La croissance des parties atteintes est arrêtée, alors que la partie du grain sain continue de croître. Par conséquent les baies éclatent et laissent apparaître les pépins. Ces lésions sont très favorables à la pénétration de la pourriture grise et compromettent la récolte.
Lutte contre l’oïdium

Toutes les tentatives de recours à des pratiques culturales ont été vouées à l’échec. De ce fait, la lutte contre l’oïdium se fait principalement par l’utilisation de grands groupes de fongicides à savoir :

 

Les produits de contact    

Les traitements préventifs à base de souffre mouillable ou de soufre par poudrage à des stades bien précis donnent d’excellents résultats. Cet apport de souffre doit se faire après le débourrement, à la floraison (utiliser uniquement le soufre par poudrage), au stade des grappes bien développées et au stade de la fermeture des grappes. A noter que l’utilisation du soufre agit également sur l’excoriose, le black-rot, l’acariose et l’érinose. Cependant, lorsque la maladie est déclarée, le souffre ne donne pas de résultats, et seul les fongicides organiques sont efficaces.

 

Les fongicides organiques   

Une fois que le champignon est présent sur les organes de la vigne, le producteur dispose d’une panoplie de matières actives et de familles chimiques dont l’application offre une bonne efficacité vis-à-vis de ce pathogène.

 

La Pourriture grise :

Favorisée par l’humidité, la pourriture grise est une maladie due au champignon Botrytis cinerea qui se manifeste sur les organes herbacés et sur les grappes :

– la pourriture pédonculaire : qui se manifeste sur le pédoncule et la rafle de la grappe en entraînant un flétrissement et souvent leur chute avant la récolte.
– la pourriture noble : qui se manifeste en période de sur-maturation sous certaines conditions climatiques.
– la pourriture grise : qui est la forme la plus grave et qui affecte les grains de raisins par temps humide entre la nouaison et la maturité.

Le champignon peut entraîner le dessèchement de boutons floraux avant la floraison et la chute précoce d’une partie ou de la totalité de l’inflorescence. L’attaque des grains à partir de la nouaison peut être due à la présence de débris de floraison. Les grains prennent une coloration grisâtre, ils brunissent et pourrissent en se couvrant d’un duvet gris. L’infection progresse à partir d’un grain malade vers les grains voisins par contact ou blessure. En effet, les baies attaquées se vident de leur jus qui se répand sur les baies voisines ce qui favorise une progression de la maladie de baie en baie pour atteindre toute la grappe.
Lutte contre la pourriture grise

Si aucune mesure préventive n’est prise, toute la récolte peut être compromise. La combinaison de mesures prophylactiques et chimiques est nécessaire pour combattre Botrytis cinerea dans les grappes de raisins :

 

Lutte prophylactique

Parmi les moyens capables de défavoriser ou d’éviter les attaques de ce champignon sur les grappes de raisin, on peut citer :

– la diminution de la vigueur par des apports corrects de la fumure azotée,

– la surveillance des pratiques et des ennemis pouvant entraîner des lésions sur les baies,

– un bon niveau d’aération des grappes et de la végétation,

– une taille et un palissage adéquats.

De même, le viticulteur est appelé à programmer des interventions à base de cuivre pour freiner le développement du Botrytis.   

 

Lutte chimique

Les traitements devront être envisagés à priori lors des stades phénologiques suivants : fin floraison-début nouaison, fermeture des grappes, début véraison et un mois avant la récolte. L’application des fongicides ne peut être efficace que si les zones concernées, c’est-à-dire les grappes, sont bien visées. 

 

Conseils pour réussir les traitements

Pour réussir les applications phytosanitaires de la vigne, les viticulteurs sont appelés à mettre en place des mesures prophylactiques ou agronomiques permettant d’une part, de limiter le développement des différents parasites et, d’autre part, de favoriser de meilleures interventions phytosanitaires ainsi qu’une bonne pénétration des produits chimiques. Les principales mesures sont :

  • Eliminer tous les gourmands et les pousses à la base des pieds de la vigne qui constituent un lieu propice pour l’installation des foyers primaires
  • Entretenir la végétation sur le pied de la vigne et tout au long des rangs pour faciliter le ciblage de la pulvérisation
  • Adapter la fertilisation à une vigueur équilibrée
  • Eviter le développement des mauvaises herbes entre les pieds de la vigne
  • Développer le drainage dans les vignobles des zones à sous sol non drainant.
  • Eviter les blessures sur les baies de raisin
  • Cibler les organes de la vigne à traiter
  • Utiliser un matériel de traitement adapté et bien réglé
  • Veiller à une pulvérisation de qualité.

 

Prévention

Pour réduire la pression des maladies, plusieurs moyens de prévention peuvent être adoptés :

– choix de cépages moins sensibles aux maladies

– orientation nord-sud des rangs

– profiter de la pente naturelle du terrain pour éviter la stagnation de l’eau

– une bonne taille facilite la circulation de l’air, ce qui favorise le séchage rapide du feuillage et une meilleure pénétration des fongicides dans le couvert végétal.

– élimination des résidus de la taille et le travail du sol au printemps

– destruction et enfouissement des débris abritant les champignons pathogènes pour réduire leur population.

– programme raisonné des fongicides

– désherbage efficace

 

La lutte chimique

Il est primordial de prendre en considération les indications sur les étiquettes des fongicides, tout en ajustant la fréquence des interventions par rapport aux :

– stades de développement de la vigne,

– suivis et observations effectuées sur le vignoble,

– types de matériels de pulvérisations,

– prévisions météorologiques,

– types de fongicides à utiliser,

– risques de développement des phénomènes de résistance

– risques d’apparition ou de développement du champignon visé.