Matière organique : Rôle et importance

Matière organique : Rôle et importance

La matière organique

Rôle et importance pour l’agriculture

 

L’agriculture intensive, de par ses besoins élevés en éléments nutritifs, est l’une des causes de l’appauvrissement du sol aussi bien en nutriments qu’en matière organique. Dans le sol ; cette dernière est une source de nourriture pour les microorganismes et pour les cultures en agissant comme réservoir d’éléments fertilisants (azote, phosphore…). Cependant les études montrent qu’en général, les sols perdent 3% de leur patrimoine de matière organique par an et que c’est le principal agent de la fertilité du sol.

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Les rôles de la matière organique

La matière organique a trois principaux rôles :

Physique : elle permet une meilleure pénétration et stockage d’eau et contribue à la limitation de l’hydromorphie, du ruissellement, du tassement et de l’érosion ;

Biologique : elle stimule l’activité biologique qui permet une meilleure aération et un meilleur développement des racines ;

Chimique : elle contribue à l’amélioration de la CEC, ainsi à un meilleur stockage et disponibilité des éléments minéraux ;

 

L’apport de la matière organique : COMPOST VS FUMIER

 

C’est quoi le compostage ?

Le compostage consiste en une biodégradation de diverses matières organiques selon des procédés extrêmement variables. En agriculture, le compost joue un rôle alimentaire primordial, consistant à fournir progressivement des éléments nutritifs aux plantes cultivées et à renforcer l’efficacité des engrais minéraux apportés. En plus il a un rôle d’amélioration des propriétés physiques des sols

 

Pourquoi composter le fumier ?

Le compostage du fumier apporte de nombreux avantages. Cette opération permet de :

– supprimer les mauvaises odeurs

– assainir le fumier

– gérer et faciliter l’épandage des effluents ainsi qu’une meilleure répartition sur l’ensemble de la superficie agricole

– diminuer les pertes d’azote dans l’environnement

-Augmenter la capacité de rétention en eau des sols et leur capacité à fixer et restituer des éléments fertilisants.

– le compost mûr augmente de 50% la quantité d’humus stable laissée dans le sol

 

Comparaison des avantages et contraintes respectifs du compost et du fumier brut

 

Compost Fumier
Stable et qualité constante. Matière organique non décomposée
Libération progressive et immédiate des éléments nutritifs après l’apport. Risque d’immobilisation de l’azote après l’apport et aussi des pertes par volatilisation engendrant un effet dépressif sur les jeunes plantules.
Produit sain ; absence de germes pathogènes et des graines d’adventices. Infection du sol par les parasites, les germes et les mauvaises herbes ; destruction du sol suite à sa désinfection, et problèmes de résidus sur produits à cause des traitements phytosanitaires.
Epandage facile et uniforme grâce à sa structure grumeleuse et friable. L’état humide ne permet pas un épandage uniforme.
Doses d’application faibles donc les volumes à transporter sont réduits. Besoins importants ce qui explique un fort tonnage à transporter ainsi un coût élevé de transport et de main d’oeuvre.
Disponibilité toute l’année et avec les mêmes caractéristiques. Indisponibilité et variations des teneurs ; saisonnières et géographiques.

Il est important de souligner que le fumier simplement déposé en bordure du champ n’évolue pas en compost, même après un séjour prolongé car les conditions indispensables d’aérobiose n’y sont pas remplies. Au contraire, des fermentations provoquent la formation de composés néfastes, malodorants et l’émission de méthane.

 

Incorporation du compost VS fumier

Le fumier doit être incorporé immédiatement après l’épandage, sinon la fraction ammoniacale de l’azote est perdue. Par contre, il n’y a pas de pertes lors de l’épandage des composts, car l’azote ammoniacal a été soit perdu lors du compostage de matériaux à faible C/N, soit transformé en azote organique lors du compostage de matériaux à C/N élevé.

 

Comment caractériser les produits organiques ?

 

Le taux de Matières sèches (Ms)

Ce taux permet de déduire la teneur en eau d’un produit organique. Par exemple, un produit à 35 % de MS contient 350 kg de MS par tonne de produit brut et … 650 kg d’eau ! Plus les teneurs en MS sont élevées, plus le produit sera sec, concentré et riche en éléments fertilisants par tonne épandue. Le taux de MS est un élément essentiel dans le choix du matériel d’épandage.

 

Le taux de Matière organique (Mo)

Le taux de MO est un indicateur important. La proportion de matières minérales (sels, sables,…) est parfois non-négligeable dans un produit organique, ce qui diminue sa teneur en MO. Si on cherche surtout à apporter de la matière organique au sol (et non des éléments fertilisants à la culture) on choisira un produit avec le taux de MO le plus élevé possible.

 

Le rapport carbone sur azote (c/n) 

Ce rapport est souvent utilisé pour juger de l’aptitude d’un produit organique à se décomposer plus ou moins rapidement dans le sol.

 

Valeur C/N < 10 10 à 30 > 30
Dégradation Rapide +/- Rapide Lente
Fourniture N +/- Importante modérée Nul à négatif

 

La teneur en éléments fertilisants

Certains produits organiques ont une valeur fertilisante non négligeable pour un ou plusieurs éléments: azote (N), phosphore (P), potassium (K), magnésium (Mg), calcium (Ca), soufre (S), oligo-éléments. Ces valeurs sont généralement exprimées en ‰ (1 ‰ = 1 kg/tonne).

La valeur fertilisante d’un élément donné (N, P, K, Mg, Ca, S, etc.) dans un produit organique est estimée par son coefficient d’équivalent-engrais (CE), exprimé en %. Ce coefficient correspond à la quantité de l’élément qui est directement assimilable par la culture. Par exemple, 40 tonnes d’un compost qui dose à 9 kg N/tonne avec un CE de 10 % fournira 40 x 9 x 10 % = 36 kg d’azote directement utilisable par la culture. Le reste sera libéré plus tard, au fur et à mesure de la minéralisation.

 

La granulométrie

La granulométrie ainsi que la structure du produit (sous forme de bouchons par exemple) influent sur la vitesse de minéralisation : plus le produit est grossier, plus il va mettre de temps à se décomposer.

 

Principes de mise en œuvre

Les produits organiques ont deux actions agronomiques :

– une action amendante : apport de matière organique pour l’amélioration des propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol. L’objectif est d’augmenter ou de maintenir la teneur en MO du sol.

– une action fertilisante : apport d’éléments nutritifs à la plante.

Ils seront alors utilisés pour l’une ou l’autre de ces actions, voire les deux.

 

Choisir le type de produit

Le taux de MO déterminé par l’analyse du sol renseigne sur l’état organique du sol. La valeur de ce taux permet de raisonner l’apport d’un produit organique.

  • Taux de la matière organique du sol : Produit riche en MO à rendement humus élevé.
  • Activité biologique du sol : Produit riche en MO à rendement humus faible
  • Structuration du sol : Produit riche en MO à rendement humus moyen (fraction labile et humifère équilibrées, Apport de MO stable et activité biologique)
  • CEC du sol : Produit riche en MO à rendement humus élevé (fraction humifère élevée)
  • Fertilisation : Produit riche en éléments nutritif facilement bio-disponible.