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Des satellites contre la pêche illicite

Des satellites contre la pêche illicite

La cartographie par image satellite permet de repérer les pratiques de pêche illicites et de mieux protéger les ressources halieutiques mondiales.

Les organisations internationales et des autorités politiques soutiennent actuellement l’introduction de nouvelles technologies et initiatives essentielles pour faciliter l’identification de pratiques de pêche illicites, non déclarées et non réglementées (INN). L’objectif est de faciliter ainsi l’application d’une réglementation plus stricte en matière de lutte contre la corruption dans le secteur de la pêche. Le lancement (en septembre 2016) de Global Fishing Watch, la première plateforme en ligne gratuite pour la surveillance des activités de plus de 35 000 bateaux de pêche, a marqué une étape importante vers un renforcement du contrôle et l’amélioration de la transparence des pratiques de pêche.

Le coût de la pêche INN est évalué à 9-22 milliards d’euros par an à l’échelle mondiale, dont 1,2 milliard rien qu’au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Ces chiffres traduisent des pertes financières majeures tout en mettant en lumière un épuisement des ressources halieutiques mondiales, qui menace les moyens d’existence des quelque 500 millions de travailleurs du secteur de la pêche. Global Fishing Watch, une initiative lancée par SkyTruth, Oceana et Google, permet à toute personne disposant d’un accès à Internet de contrôler les activités de pêche

commerciale et d’identifier tout comportement suspect. La plateforme suit les mouvements des navires de pêche grâce au Système d’identification automatique (SIA) via des récepteurs satellitaires et terrestres.

David Kroodsma, directeur de la recherche chez Global Fishing Watch, explique que cette technologie “améliore considérablement la transparence du secteur de la pêche dans le monde. Des activités qui se déroulaient hors de tout contrôle visuel peuvent à présent être suivies”. La plateforme permet aux citoyens d’exiger que les fournisseurs de produits de la mer – mais aussi les autorités – rendent des comptes en cas de non-respect des réglementations de pêche durable. Cet outil simple aide les agences répressives à réunir les éléments

de preuve nécessaires à des poursuites contre les pratiques de pêche illicites. Le gouvernement de Kiribati a ainsi utilisé des images produites par Global Fishing Watch pour suivre les mouvements d’un bateau de pêche des îles Marshall au sein de l’aire protégée des îles Phoenix (dans les Kiribati), forçant la Central Pacific Fishing Company à verser 1,8 million d’euros à titre de dédommagement. Depuis que le rapport de 2014 Agriculture, pêche, capitaux de l’Africa Progress Panel a mis en évidence l’épuisement des ressources halieutiques océaniques suite à la pêche INN, le renforcement de la réglementation et l’amélioration de la transparence figurent au nombre des grandes

priorités politiques. En février 2017, le Parlement européen a adopté à une écrasante majorité de nouvelles dispositions visant à lutter contre les pratiques de pêche INN en dehors de l’UE. Cette nouvelle législation devrait avoir un effet dissuasif sur la pêche commerciale illicite dans les eaux africaines, par exemple au large de la Somalie, où, sans l’aide de l’UE, le gouvernement ne disposerait pas des ressources écessaires pour surveiller efficacement les chalutiers industriels aux moteurs extrêmement puissants qui pêchent en zones protégées.

Pour assurer la bonne application de la réglementation internationale de la pêche, l’Initiative pour la transparence des pêches (FiTI), une initiative multiacteurs internationale, a lancé, le 27 avril 2017, son cadre pour la gestion transparente  du secteur de la pêche. Introduite en 2015 avec le soutien des gouvernements de Guinée, d’Indonésie, de Mauritanie, du Sénégal et des Seychelles, la FiTI entend promouvoir des pratiques de pêche durables afin de protéger les écosystèmes océaniques et garantir la sécurité alimentaire.