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Cactus : Cochenille et lutte biologique

Cactus : Cochenille et lutte biologique

La lutte biologique au secours de la filière du cactus au Maroc

Le cactus est présent dans un ensemble d’écosystèmes à travers le monde. En effet, le cactus est une culture qui s’adapte à des environnements de sécheresse et par conséquent, elle est maintenue dans les régions arides et semi arides.

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Le cactus est présent au Maroc depuis des siècles mais il est planté de façon traditionnelle dans la majorité des localités. La plantation est conduite sous forme de haie aux alentours des maisons et des douars. Elle est aussi utilisée chez la population rurale comme barrière de délimitation des parcelles cultivées mais également comme clôture pour des habitations. Cette culture joue un rôle fondamental dans la mise en valeur et la protection des terres contre l’érosion, par une contribution aussi à la préservation des ressources naturelles (eaux, sols, forêts) et de la biodiversité. De même, il sert à l’alimentation humaine (fruits succulents) et du bétail via les cladodes et la peau des fruits et à une meilleure valorisation par la fabrication des produits à haute valeur commerciale (cosmétique et thérapeutique). D’où l’intérêt de développer cette filière qui permet d’assurer des revenus supplémentaires aux populations rurales, de créer des emplois de proximité le long de la chaine de valeur, depuis la production jusqu’à la commercialisation en passant par le conditionnement et la transformation.

Avec la nouvelle stratégie du Ministère de l’Agriculture et dans le cadre « Plan Maroc Vert », la filière cactus a été considérée comme une culture alternative de haute valeur ajoutée pour la mise en valeur des zones arides et semi arides. Par conséquent, un certain nombre de projets du Plan Maroc Vert ont  prévu d’augmenter les superficies à planter en cactus dans plusieurs zones. Ainsi, ces dernières années, des milliers d’hectares sont en cours de plantation dans les régions connues par cette culture.

Cependant, la culture connait actuellement une forte menace par l’apparition d’un nouvel insecte  invasif, qui a fait des ravages dans la région des Doukkala, et qui maintenant progresse à d’autres régions avec une vitesse fulgurante. Si aucune solution n’est trouvée, ce redoutable insecte peut complètement ravager la culture du cactus à travers le pays en quelques années.

Comme il n’y a aucun insecticide ni autre moyen de lutte efficace à présent pour stopper l’expansion et les dégâts causés par ce ravageur au Maroc, un plan d’urgence de lutte contre cet insecte a été mis en place. Les actions à entreprendre se résument en 3 principaux axes :

– Identifier et proposer des alternatives de lutte biologique par des ennemis naturels,

– Identifier des variétés ou clones de cactus résistants ou tolérants aux attaques de ce ravageur et

– Identifier des biopesticides d’origine végétale ou microbienne pour le traitement des vergers de cactus infestés.

 

Une équipe de travail a été constituée par la Direction de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) et qui comprend 3 chercheurs de l’INRA, 2 chercheurs et 2 assistants de recherche de l’ICARDA (Centre International de recherches agronomiques en zones arides). La première réalisation était l’identification de cet insecte au laboratoire de l’INRA par Dr. Bouharroud. L’autre action était la conduite d’un essai d’évaluation de la résistance/tolérance des ressources génétiques du cactus national et international maintenu à la collection de l’INRA. Une plantation de 747 cladodes appartenant à 249 clones du cactus a été effectuée en août 2016, au Douar Guerrandou dans la province de Sidi Bennour-Commune rurale de Tamda. Par la suite un autre essai préliminaire de lutte biologique en milieu confiné a été mis en place avec une coccinelle prédatrice, en septembre 2016, sur le cactus d’une haie infestée par la cochenille.

 

Lâcher du prédateur

Des adultes d’un insecte ennemi naturel (prédateur) de l’insecte ravageur du cactus ont été lâchés sous ombrière, en les déposants, soigneusement sur des cladodes totalement couverts par la cochenille ravageuse. Des observations et des notations ont été effectuées depuis l’installation de l’essai jusqu’à aujourd’hui. Ce prédateur de quelques millimètres donne naissance à des larves de couleur blanche plus voraces que les adultes.

Les adultes et les larves de ce prédateur consomment l’insecte nuisible mais le suivi hebdomadaire de l’essai a montré que les larves attaquent tous les stades de cette cochenille par opposition aux parents adultes qui dévorent préférentiellement les femelles.

 

Résultats prometteurs

Ces résultats préliminaires sont très positifs montrant qu’il est possible de lutter contre le ravageur du cactus par un insecte prédateur. L’avantage de l’utilisation de ce prédateur c’est qu’elle peut atteindre toutes les parties de la plante à la recherche active de la proie par comparaison à d’autres types de luttes, tout en assurant une production respectueuse de l’environnement et du consommateur.

D’autres recherches sont menées par l’équipe, au laboratoire sur l’efficacité des bio-pesticides et leurs modes d’action.

 

Auteurs :

SBAGHI Mohamed, BOUHARROUD Rachid, BOUJGHAGH Mohamed – INRA

Institut National de la recherche Agronomique

EL-BOUHSSINI Mustapha, LHALOUI Saadia, EL-FAKHOURI Karim et SABRAOUI Abdelhadi – ICARDA

Centre international de recherche agricole dans les zones arides

 

 

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