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Maintenance des pulvérisateurs

Maintenance des pulvérisateurs

Maintenance des pulvérisateurs

Bouchaib SAHNOUNI, Enseignant de machinisme à l’ITSMAER de Bouknadel

 

Afin de garder le matériel d’entretien des cultures en bon état de fonctionnement et augmenter sa longévité, une maintenance régulière s’impose pendant toute la période d’utilisation. Cette opération permet en effet:

– d’obtenir des réglages précis et une répartition homogène de la bouillie

– éviter les risques de bouchage et de panne

– accroître la durée de vie du matériel.

 

Entretien journalier

 

Avant d’entamer le travail

– Vérifier le niveau d’huile dans la pompe.

– Graisser les pièces mobiles, notamment la pompe, la transmission et toute autre articulation

– Serrage des boulons

 

En fin de journée:

– Ne jamais laisser la bouillie dans l’appareil car, en l’absence d’agitation, certains produits se déposent au fond de la cuve et risquent de colmater les filtres et les buses. Il faut donc ajuster la quantité de bouillie préparée en fonction des surfaces à traiter.

– s’il reste un fond de cuve : il faut vider l’appareil et conserver la bouillie pour le lendemain dans des bidons fermés.

– nettoyer la cuve et la tuyauterie pour éliminer les résidus des produits utilisés et les impuretés dans les filtres et les buses. Puis rincer à l’eau claire en faisant fonctionner le pulvérisateur.

– vérifier les buses et les antigoutteux, les nettoyer et remplacer celles qui sont usées.

– Profiter de l’arrêt du pulvérisateur pour vérifier la tuyauterie flexible, les raccords et effectuer le remplacement des pièces défaillantes ou usées.

– Lors du nettoyage, tout comme pendant la préparation de la bouillie, l’utilisateur doit  porter des vêtements de protection.

 

Cas d’encrassement ou de colmatage

(Pompe, filtres régulateurs, buses)

  • Utiliser un produit nettoyant (détergeant) approprié dilué dans l’eau.
  • Laisser tremper 10 minutes puis rincer abondamment toutes les conduites, avec les buses déposées.
  • Rincer à l’eau claire.

 

Buses :

  • Déboucher ou simplement nettoyer les buses, sans les abîmer. Il est recommandé de procéder par un brossage à l’eau, en utilisant une brosse douce (genre brosse à dents),  éventuellement précédé d’un trempage dans un solvant. Ce nettoyage peut se faire avec de l’air comprimé, mais en aucun cas, il ne faut utiliser une pointe dure (fil de fer, aiguille, couteau) qui peut abîmer les buses et par conséquent, modifier leurs caractéristiques (débit, angle du jet et finesse des gouttelettes).
  • Il ne faut pas oublier de rincer les équipements de protection après leur emploi.

 

A chaque changement du produit :

  • En cas de changement du produit de traitement et en particulier, lors du passage d’un herbicide à un autre produit (insecticide ou fongicide), il est absolument nécessaire après le rinçage à l’eau claire, de remplir à nouveau le réservoir d’eau propre et d’y ajouter un produit solvant, 100g de charbon actif pour 100 litres d’eau ou encore 10g de permanganate de potassium. Il faut laisser reposer le tout pendant la nuit avant de mettre le pulvérisateur en marche, après avoir enlevé les embouts des buses et les filtres.
  • Rincer ensuite l’ensemble à l’eau claire et laisser retomber la pression.

 

Entretiens périodiques :

  • Vidanger l’huile de la pompe selon les indications du constructeur. Pour une pompe neuve, la première vidange s’impose au bout de 50 heures de fonctionnement, puis une fois par an.
  • Pour les pompes à membranes, il faut vérifier et remplacer les membranes tous les deux ans, ou après 200 heures de travail.
  • Graissage de l’arbre à cardans et autres graisseurs (au moins une fois par semaine).

 

Remisage en fin de saison :

  • Nettoyage approfondi du circuit de pulvérisation, selon la procédure pour le changement de produit, en utilisant une solution détergente.
  • Mise hors gel.

 

Mécanismes :

  • Décomprimer les ressorts du régulateur de pression
  • Dégonfler la cloche à air
  • Vérifier le serrage des boulons
  • Graisser les parties métalliques mobiles et particulièrement les dispositifs de réglage de hauteur et de stabilité des rampes
  • vérifier l’état du manomètre
  • Ouvrir le corps de la pompe, soulever les billes des clapets, essuyer l’intérieur de la pompe et les pièces susceptibles de rouiller.

 

Etat extérieur:

  • Nettoyer soigneusement l’extérieur du pulvérisateur en intégralité.
  • Enlever toute trace de rouille et protéger les parties métalliques à nu avec un produit adapté ou effectuer des retouches de peinture.
  • Sécher le matériel et le ranger dans un endroit à l’abri des risques:

– de détérioration ou de casse 

– de pertes des différents organes de l’appareil (buses, manomètres, filtres…) 

– de détérioration par les intempéries (soleil, froid,…)

 

IMPORTANT :

Profiter de cette période d’hivernage pour effectuer les travaux d’entretien ou les réparations nécessaires à la remise en état du matériel.

 

Remise en état d’un pulvérisateur

La remise en état d’un pulvérisateur qui est était mal entretenu ou acheté en occasion, nécessite une intervention d’entretien, de réparation et de changement des organes défectueux. Concrètement, il faut commencer par la rédaction d’un constat sur le pulvérisateur en décrivant ses caractéristiques techniques, pour voir les organes défectueux et la disponibilité des pièces de rechange sur le marché. Cela impose le fonctionnement de l’appareil avec de l’eau pour observer les jets de pulvérisation, les fuites, l’état des organes…

L’intervention sur la pompe est également  nécessaire. Il faut la démonter de son socle, la sortir et l’ouvrir. La pompe à pistons et à pistons membranes se déculasse facilement et les différentes pièces empilées constituant le corps de la pompe se retirent ensuite. C’est surtout le joint qui doit être changé et pour ce faire, il faut enlever l’écrou frein et les rondelles de maintien et d’extension. Le remplacement des membranes toutes les deux années est très important.

Parfois, le guide du piston nécessite aussi d’être remplacé ainsi que la boite à clapets (situés sur le dessus de la chemise). Si ce n’est pas nécessaire, il faut tout de même procéder à un nettoyage avec un dissolvant, suivi d’un rinçage de l’ensemble clapets, sièges de clapets….

Un contrôle de la pompe est préconisé toutes les 100 heures. De même, la cloche à air mérite un coup d’œil particulier pour vérifier que sa membrane est en bon état et la changer si nécessaire.

 

Manomètre

Il doit être vérifié avec un MANOTEST pour contrôler sa mesure de la pression.

 

Régulateur

Bien qu’il soit protégé par des filtres, les  impuretés y entrent et participent à l’usure des pièces en mouvement, soupape ou billes avec son siège, fatigue de ressorts. Il faut démonter l’ensemble des pièces et les nettoyer avec un dissolvant, mais si les pièces sont défectueuses, il faut procéder à leur changement.

 

Distributeur

Si l’appareil possède des électrovannes pour l’ouverture et la fermeture des tronçons de la rampe, elles nécessitent un soin particulier. Au démontage, s’il y a présence de dépôts, un nettoyage avec un produit spécifique (pour ne pas abîmer le caoutchouc) permet d’y  voir plus clair.

La membrane doit être changée et, si nécessaire, son guide aussi. Pour le pointeau, un nettoyage sans abrasif est recommandé en utilisant un chiffon et un dégrippant par exemple.

 

Cuve

Un bon nettoyage est de rigueur. Il est possible de descendre à l’intérieur de la cuve, en portant un masque, pour vérifier l’absence de corps étrangers (capsule des bidons par exemple). A contrôler également : l’étanchéité de la cuve au niveau des organes d’aspiration, de mélange ou de vidange.

 

Filtres

Les maillages doivent être respectés de façon à ce que la filtration joue pleinement son rôle. D’une façon générale, les filtres doivent être régulièrement nettoyés. Leur joint peut nécessiter un remplacement et si un filtre est percé, il doit impérativement être changé.

 

Rampe

La rampe est sujette à plusieurs altérations : les chocs qui conduisent à des ruptures ou des pliures, l’engrais qui attaque la peinture et ronge le fer, la fatigue qui modifie la géométrie et les réglages.

Elle doit donc souvent faire l’objet d’une minutieuse remise en état. Sans trop parler des soudures à réaliser, il est important de respecter l’équilibre d’une rampe. Les corniers et autres piquets de pâture rapportés sur la rampe pour réparer une casse, sont donc à prescrire. Une réparation en mécano-soudure, comme toute autre réparation d’ailleurs, doit être réalisée dans le respect de la construction initiale. En cas de polyester, une réparation spéciale doit être faite.

Au travail, plusieurs points sont à contrôler :

  • Voûtage de la rampe (vu de l’arrière) : Il se corrige grâce aux tirants de réglage.
  • Alignement de la rampe (vu de côté) : Si un bras intermédiaire forme un angle, les butées d’appui sont à régler.
  • Fouettement de la rampe : si la rampe admet trop de débattement (avant et arrière), elle doit être rigidifiée (câble à tendre).  

 

Conduites

Pour les conduites souples, le plus important est de contrôler l’absence de pincement. Des guides de passage sont normalement prévus pour les tuyaux. Au niveau de la rampe, les conduites rigides sont terminées par des bouchons. En les enlevant, l’ampleur du colmatage est souvent significative. 

 

Buses et anti gouttes

L’état des buses est primordial pour assurer une bonne pulvérisation. Il faut donc penser à les changer quand cela s’impose. Pour vérifier leur débit, des sachets gradués sont disponibles. Dans les anti-gouttes, ce sont les membranes qui doivent être remplacées lorsqu’elles sont abîmées ou détendues.   

 

Coup d’œil général et remisage

Tout comme le matériel, plusieurs éléments sont à entretenir, tel l’arbre de transmission à graisser et le contrôle de son élément de protection. Pour les supports métalliques, une pulvérisation d’un mélange de gasoil et d’huile est nécessaire.

 

 

 

 

 

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