spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Maraîchage : L’oïdium de la tomate,

Fiche technique

L’oïdium de la tomate

 

Que ce soit sous serre ou en plein champ, la culture de la tomate peut être attaquée par de nombreux champignons à dissémination aérienne et/ou souterraine. Transportés, entre autres, par le vent, la pluie ou par contact, les spores des champignons se disséminent et se déposent sur les plants de tomate. Là, profitant de conditions favorables, elles germent et pénètrent les tissus, par voie naturelle ou en profitant des blessures causées par d’autres parasites. Après une période d’incubation, les champignons se développent et les premiers symptômes apparaissent : feuilles nécrosées, rameaux tachés… La plante s’affaiblit, meurt parfois. Ci-après une brève description de l’une des principales maladies cryptogamiques aériennes rencontrées sur tomate cultivée sous abri ou en plein champ : l’Oïdium.

 

L’Oïdium de la tomate causé par Leveillula taurica est extrêmement polyphage. Ce parasite s’attaque à de nombreuses plantes appartenant à diverses familles. Les symptômes causés par L. taurica sont observés uniquement sur les feuilles. Ils se présentent sous forme de taches jaunes sur la partie supérieure de la surface foliaire avec un développement poudreux blanchâtre à la face inférieure. Ces taches peuvent être angulaires, plus ou moins diffuses. Elles sont limitées par les nervures et peuvent être confondues avec celles causées par la cladosporiose. Les parties atteintes brunissent ultérieurement, se nécrosent au centre, se dessèchent et se déchirent facilement. Souvent les feuilles attaquées perdent de leur consistance et le limbe peut se replier vers le haut.

Contrairement à la plupart des champignons, les oïdiums n’ont pas besoin d’eau libre à la surface des feuilles pour assurer la germination de spores le contact de l’eau altérant les conidies.
Pour Leveillula taurica, une humidité relative de 50 à 70% et une température comprise entre 20 et 25°C sont idéales pour son développement. Lorsque les conditions climatiques sont favorables, ce pathogène se développe très rapidement et devient alors difficile à contrôler.

Etant donné la transmissibilité de la maladie entre de nombreuses plantes hôtes, il est recommandé de ne pas planter de jeunes cultures sensibles à proximité des vieilles cultures infectées. Il est conseillé aussi de procéder à un nettoyage du champ (élimination des restes de culture, des mauvaises herbes) en fin de culture. Par ailleurs, la surveillance pour déterminer les premiers symptômes est primordiale. En effet, une fois déclarées, cette maladie est difficile à contrôler. Il faut donc bloquer la maladie le plus tôt possible avec plusieurs traitements avant même l’apparition des premières taches d’oïdium. Il est souhaitable d’alterner les familles chimiques pour éviter tout risque de résistance. Des études sont en cours pour tester l’intérêt de la lutte biologique avec des micro-organismes.

Le parasite étant endophyte, il est conseillé d’utiliser des produits anti-oïdiums systémiques ou pénétrants. Le parasite sporulant à la face inférieure des feuilles, il y a intérêt à ce que les traitements soient exécutés avec un pulvérisateur suffisamment puissant pour que la bouillie atteigne bien la face inférieure des feuilles.

 

Tomate de plein champ

Une enquête réalisée dans des régions de production de tomate de plein champ a révélé qu’en plus des conditions climatiques, cette maladie est liée à des conditions de stress hydrique des plantes. Cependant, dans les trois régions prospectées (Doukkala Abda, Gharb et Loukkos) et vu la façon essentiellement préventive dont la lutte est menée, la maladie ne constitue guère un problème.

Dans tous les cas les interventions sont chimiques et à titre préventif. Dans la région du Gharb et le Loukkos les producteurs de tomate industrielle ont l’habitude d’effectuer un soufrage (Soufre sous forme de poudre) des plantes au moment de la floraison. Cette opération permet un bon contrôle de l’oïdium et semble avoir un bon effet dépressif sur la pullulation d’acariens (tetranhyques).

Dans la région de Doukkala Abda, la quasi-totalité des producteurs de tomate effectuent des pulvérisations foliaires de soufre (sous forme de suspension concentré à diluer dans l’eau avant utilisation) de manière systématique tous les 15 jours ce qui explique que cette maladie n’est pas répertoriée parmi les principaux problèmes phytosanitaires de la tomate dans la région.

Le recours à des produits anti oïdium spécifiques peut avoir lieu surtout pour la tomate tardive qui coïncide avec la période de fortes chaleurs (juillet Aout) au cours de laquelle les conditions de stress hydrique peuvent avoir lieu.

 

Oïdium neolycopercisi

Contrairement à Leveillula taurica (l’oïdium interne responsable de taches chlorotiques), Oïdium neolycopersici  est un oïdium externe qui produit immédiatement des taches poudreuses blanches sur les feuilles de tomate. Ces taches sont en fait des colonies qui couvrent plutôt la face supérieure que la face inférieure des folioles. Ce feutrage blanc est en fait constitué d’un réseau mycélien colonisant superficiellement le limbe, surmonté de nombreux conidiophores produisant des conidies hyalines isolées ou parfois en pseudo-chaînes de 4 à 6 spores lorsque l’humidité relative est élevée. De telles taches peuvent aussi être observées sur la tige. Les fruits ne semblent pas affectés.

Les tissus touchés finissent par devenir chlorotiques, brunir localement et se nécroser. Lors d’attaques sévères, le limbe est entièrement recouvert par le réseau mycélien du champignon et certaines folioles jaunissent et se nécrosent entièrement.

Ce « nouvel » oïdium de la tomate émerge depuis plus de deux décennies dans de nombreux pays du monde (plusieurs pays d’Europe, d’Afrique, du Nord et du Sud d’Amérique et d’Asie), occasionnant des dégâts parfois considérables. Il affecte aussi bien les cultures sous abris que celles de plein champ.

 

Impact des changements climatiques

Les changements climatiques que connait le Maroc, l’un des pays qui seront les plus touchés par les conséquences du réchauffement climatique, auront sans aucun doute un effet sur les parasites et maladies des plantes de la même façon qu’elles affectent des agents de maladies infectieuses de l’homme.

En d’autres termes, l’éventail de maladies et de ravageurs attachés à la culture de tomate peut s’élargir et de nouvelles combinaisons de ravageurs et de maladies pourraient apparaître de manière non prévisible à certaines époques de l’année face à des températures et des profils de précipitations inhabituels. Toute augmentation de la fréquence ou de la gravité des événements météorologiques extrêmes, tels que la sécheresse, les vagues de chaleur, les orages, les inondations, pourrait également perturber les relations prédateur-proie qui, normalement, régulent les populations de ravageurs. L’effet du climat sur les maladies et ravageurs peut s’ajouter à l’effet d’autres facteurs tels que l’usage intensif des pesticides et la perte de biodiversité et contribuer à la résurgence de certaines épidémies de maladies et de ravageurs.

 

 

 

Les techniques culturales et les méthodes de lutte ont certes beaucoup évolué, mais de l’avis des professionnels, la gestion phytosanitaire des cultures est une tâche qui devient de plus en plus ardue et qui doit reposer sur la connaissance exacte de chaque ennemi.

 

Similar Articles

Comments

Advertismentspot_img

Instagram

Most Popular