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Les acariens du pommier

Les acariens du pommier

Les tétranyques du pommier, l’acarien rouge et l’acarien jaune, sont considérés comme des ravageurs clés de la culture. Ils nécessitent chaque année un nombre anormalement élevé d’interventions phytosanitaires. En effet, le nombre de traitements acaricides peut atteindre 4 à 5 dans la région d’Immouzer voire même plus dans les régions d’Azrou et de Midelt.

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Les tétranyques du pommier sont de petits Arthropodes de taille inférieure à 1mm. Au stade adulte, ils possèdent  4 paires de pattes et sont aptères (Figure 1). De ce fait, ils ont un mode de vie plus ou moins sédentaire et en outre, ils se caractérisent par une reproduction parthénogénétique du type arrhénotoque (donnant des mâles). Ces facteurs facilitent des mutations et notamment une résistance rapide  aux acaricides surtout si l’agriculteur ne raisonne pas le choix des pesticides.

Biologie

La biologie des 2 espèces est complètement différente. L’acarien rouge est oligophage, il se développe sur un petit nombre d’hôtes, surtout le pommier et le poirier mais aussi le pêcher et  la vigne. Sur ces hôtes, il effectue, au cours de l’année, la totalité de son cycle. L’autre espèce, l’acarien jaune, est plutôt polyphage, évoluant sur un grand nombre d’hôtes dont les arbres fruitiers, les cultures maraîchage et diverses plantes adventices. En outre, sur pommier comme pour les autres arbres fruitiers, l’acarien jaune n’effectue qu’une partie de son cycle, l’autre partie se déroule sur la strate herbacée du verger.

Les effets nuisibles des acariens

Les acariens tétranyques s’attaquent exclusivement aux feuilles; par leurs innombrables piqûres, ils vident le contenu cellulaire du parenchyme foliaire qui se décolore peu à peu. Et en cas de fortes populations, le feuillage jaunit et prend alors un aspect plombé. La photosynthèse est alors fortement perturbée ce qui affecte énormément la production en qualité et en quantité.

Un fait mérite d’être signalé dans le cas précis de l’acarien rouge. Les pullulations tardives des mois d’août et septembre peuvent se traduire par une ponte très importante des œufs d’hiver. Et dans ce cas, dès le débourrement les larves issues de ces œufs peuvent se concentrer sur les jeunes pousses provoquant leur rabougrissement ce qui risque d’affecter sérieusement la floraison.

Quant à l’acarien jaune, en cas de pullulations, il tisse des toiles qui le protègent des attaques de prédateurs et qui le disséminent d’un arbre à l’autre et d’un verger à l’autre sous l’action des vents. 

 La lutte contre les acariens du pommier

Dans la lutte contre les acariens tétranyques, il faut d’abord bien choisir l’acaricide 

1- Choix des acaricides

Il faut tenir compte de 2 critères : Les types d’action et les modes d’action biochimique des acaricides

Types d’action

Ce sont des actions sur les différents stades des acariens; on distingue alors les acaricides ovicides, les larvicides et les adulticides. Par conséquent, il faut bien connaître la structure de la population avant d’opter pour tel ou tel acaricide.

Mode d’action biochimique :

Les acariens tétranyques développent rapidement une résistance aux acaricides, raison pour laquelle il est conseillé d’alterner les produits selon leurs modes d’action biochimique. Les acaricides homologués actuellement au Maroc, contre les acariens du pommier, ont les modes d’action suivants :

  • Produits neurotoxiques
  • Produits agissant sur la croissance et le développement 
  • Produits agissant sur la respiration cellulaire 
  • Produits Inhibant la chitine 
  • Produits Inhibant la biosynthèse des lipides.

2- Stratégie de lutte

Comme il a été précisé plus haut,  la biologie des 2 espèces est totalement différente. Par conséquent, la stratégie de lutte n’est pas la même pour les 2 espèces de tétranyques.

Contre l’acarien rouge

  • Lutte contre les œufs d’hiver : Dans certains vergers, la ponte d’œufs d’hiver est parfois très importante, il y a un risque pour les jeunes pousses. Dans ce cas, il est conseillé d’observer 50 rameaux de 2 ans à raison d’1 rameau/arbre (en janvier-février) et si le seuil dépasse 60% d’organes infestés, il faut utiliser un acaricide ovicide (Voir Index Phytosanitaire du Maroc).
  • Traitement d’hiver à base d’huile: Ce traitement, effectué en principe au stade C du pommier, est dirigé contre les formes hivernantes des ravageurs du pommier (Cochenilles, acarien rouge et pucerons).

–  Traitements de pleine végétation, à partir de mars ou avril selon les années, il est recommandé d’observer 100 feuilles à raison de 2 feuilles/arbre et d’intervenir avec un acaricide si 40 à 50% de feuilles sont infestées. Dans ce cas il faut opter pour des acaricides ovicides-larvicides-adulticides (Voir Index Phytosanitaire du Maroc).

Contre l’acarien jaune

Il faut surveiller à quel moment précis, les populations de l’acarien jaune entament la remontée sur les arbres et il est recommandé d’examiner 100 feuilles à raison de 2 feuilles/arbre et d’intervenir avec un acaricide si 40 à 50% de feuilles sont infestées. Le choix du produit est en relation avec la structure des populations.

Conclusion

Le pommier est de loin l’espèce arboricole qui reçoit le plus grand nombre d’interventions phytosanitaires. Et ce sont les acariens qui posent le plus de problèmes à l’arboriculteur. D’une part, la lutte chimique nécessite plusieurs traitements phytosanitaires, plus de 4 applications sans pou autant être sûr de contrôler ces tétranyques et d’autre part, l’intervention acaricide est souvent onéreuse. L’arboriculteur a donc la possibilité de réduire le nombre de traitements s’il agit à différents niveaux :

  • D’abord la prophylaxie

Contre l’acarien rouge : Le bois de taille est souvent infesté d’œufs d’hiver, il est conseillé de le ramasser et de l’éloigner du verger pour éviter la réinfestation des arbres par les larves après éclosion des œufs.

Contre l’acarien jaune : Il est recommandé de débarrasser le pied des arbres de toutes mauvaises herbes qui favorisent la multiplication du ravageur et qui constituent un danger permanent pour les arbres.

  • Le choix judicieux du produit qui doit tenir compte de la structure de la population de l’acarien à combattre et aussi du mode d’action de l’acaricide à utiliser. L’alternance des modes d’action évite, en effet, tout risque de développement de la résistance.
  • Enfin l’exécution des traitements : Cette opération joue un rôle capital dans la réussite de l’intervention acaricide. Dans la lutte contre les acariens, il faut correctement mouiller les arbres car les tétranyques sont souvent présents en grand nombre et bien dissimulés dans le feuillage. Le choix du matériel de traitement est donc primordial.

Source : extrait d’un article du Prof. Ahmed Sekkat 

Photos : Prof. Ahmed Sekkat 

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