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Acariens rouge et jaune du pommier

Acariens rouge et jaune du pommier

Les acariens du pommier

Les acariens tétranyques rouge et jaune sont considérés comme étant des ravageurs clé du pommier. Causant des dégâts considérables, ils nécessitent chaque campagne de nombreuses interventions acaricides.

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Par leurs innombrables piqûres, les acariens vident le contenu cellulaire du parenchyme des feuilles qui se décolore peu à peu. En présence de fortes populations, le feuillage jaunit et prend un aspect plombé. La photosynthèse étant fortement perturbée, le rendement et la qualité de la production sont considérablement affectés.

L’acarien rouge (Panony­chus ulmi)

Il se développe sur un petit nombre d’hôtes, surtout le pommier et le poirier mais aussi le pêcher et la vigne, sur lesquels il effectue, au cours de l’année, la totalité de son cycle. Ce ravageur est particulièrement nuisible au pommier en zones d’altitude. Les femelles pondent 2 types d’œufs :

– Les œufs d’hiver, œufs diapausants, déposés à la  base des rameaux  et au niveau de  divers abris de l’arbre. Généralement, la durée entre la ponte des œufs et leur éclosion est d’environ 7 mois, avec quelques variations selon les conditions de la campagne.

– Les œufs d’été sont déposés exclusivement sur le feuillage. Contrairement aux œufs d’hiver, la durée de leur développement embryonnaire est courte et varie d’une à deux semaines selon la température.

Par la suite, les conditions climatiques printanières et estivales favorisent le développement de plusieurs générations avec une présence simultanée de tous les stades, œufs d’été, larves, nymphes et adultes mâles et femelles. Généralement, dans les vergers de pommier du Moyen Atlas, c’est au début de l’été que les pullulations de l’acarien rouge sont le plus couramment constatées. Les dernières générations estivales déposent les œufs d’hiver, vers fin août, sur divers organes ligneux de l’arbre.

A noter que dans le cas de l’acarien rouge les pullulations tardives des mois d’août et septembre peuvent se traduire par une ponte très importante des œufs d’hiver. Et dans ce cas, dès le débourrement les larves issues de ces œufs peuvent se concentrer sur les jeunes pousses provoquant leur rabougrissement ce qui risque d’affecter sérieusement la floraison.

 L’acarien jaune (Tetra­ny­chus urticae)

Cette espèce pullule chaque année dans les vergers arboricoles des zones de basse et de moyenne altitude (Saiss, Gharb, Tadla, Haouz, etc.). Plutôt polyphage, l’acarien jaune évolue sur un grand nombre d’hôtes dont les arbres fruitiers, les cultures maraîchage et diverses plantes adventices. A noter que l’acarien jaune n’effectue qu’une partie de son cycle sur l’hôte, l’autre partie se déroule sur la strate herbacée du verger. En effet, il passe l’hiver sous différents stades, sur de nombreuses espèces de la flore adventice des vergers (liseron, chénopode, amarante, morelle noire, etc.).

Au printemps, l’acarien jaune se multiplie plus ou moins activement en fonction de la température ambiante. La remontée des populations larvaires et adultes sur les arbres varie selon les années. Ainsi, pour les années à faible pluviométrie, les populations envahissent précocement les arbres, vers fin mars. Mais, en cas de printemps pluvieux, l’acarien se maintient plus longtemps sur la flore adventice et la remontée est tardive. A noter que le désherbage accélère l’invasion des arbres.

Le retour de l’acarien sur la strate herbacée a généralement lieu à la fin de l’automne.   

En cas de pullulations, il  tisse des toiles qui le protègent des attaques de prédateurs et qui le disséminent d’un arbre à l’autre et d’un verger à l’autre sous l’action des vents. 

Stratégie de lutte

Afin de réduire le nombre de traitements, l’arboriculteur doit agir à différents niveaux à commencer par la prophylaxie. Ainsi, concernant l’acarien rouge, le bois de taille est souvent infesté d’œufs d’hiver. Il est donc vivement conseillé de l’éloigner du verger pour éviter la réinfestation des arbres par les larves après éclosion des œufs. Pour l’acarien jaune, il est recommandé de procéder à un désherbage pour débarrasser le pied des arbres des plantes adventices qui favorisent la multiplication du ravageur.

La lutte chimique

La lutte chimique contre les acariens tétranyques ne doit pas être systématique mais plutôt basée sur un suivi régulier du verger tout au long de la saison de végétation. Le producteur doit veiller à faire un choix judicieux du produit, qui doit tenir compte de la structure de la population de l’acarien à combattre et du mode d’action de l’acaricide à utiliser. L’alternance des modes d’action évite tout risque de développement de la résistance.

La bonne connaissance de la structure de la population permet de faire le bon choix du produit acaricide en fonction du stade visé (ovicide, larvicide, adulticide). Le mode d’action biochimique revêt également une importance capitale car les acariens tétranyques développent rapidement une résistance aux acaricides. Il est donc conseillé d’alterner les produits selon leurs modes d’action biochimique. Au Maroc, les producteurs ont le choix entre des acaricides ayant les modes d’action suivants :

  • Produits neurotoxiques
  • Produits agissant sur la croissance et le développement 
  • Produits agissant sur la respiration cellulaire 
  • Produits Inhibant la chitine 
  • Produits Inhibant la biosynthèse des lipides.

Recommandations

  • Dans la lutte contre les autres ennemis des arbres fruitiers, il faut choisir les produits les moins nocifs à la faune auxiliaire utile, très diversifiée dans nos vergers (Coccinelles acariphages, chryso­pes, acariens prédateurs, etc.).
  • Dans la lutte contre les acariens, il faut correctement mouiller les arbres car les tétranyques sont souvent présents en grand nombre et bien dissimulés dans le feuillage. De ce fait, le choix du matériel de traitement revêt une importance capitale.

Une étude génomique menée sur la plante Arabidopsis Thaliana et sur l’acarien rouge, a permis d’identifier un sucre, l’indol-3-glucosinolato, naturellement produit par Arabidopsis Thaliana, mais également par le brocoli, et qui s’avère mortel pour l’araignée rouge qui est incapable de digérer.

Cette molécule, l’indol-3-glucosinolato, présente l’avantage d’être sans danger pour la santé humaine, et pourrait même présenter des propriétés anti cancérigènes. Elle ouvre des possibilités d’études intéressantes: des cultures modifiées pour exprimer le gène qui conduit à la fabrication de l’indol-3-glucosinolato pourraient ainsi acquérir un moyen de défense efficace contre l’araignée rouge.

Tetranychus urticae: Le code génétique décrypté

Le génome de Tetranychus urticae, connu pour ses importants dégâts en agriculture et sa formidable capacité à développer des résistances aux pesticides, a été séquencé en 2011 par un consortium international de 33 laboratoires. Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre l’évolution de ce ravageur, mais aussi de nouvelles possibilités de lutte.

Les perspectives du réchauffement climatique favorisant le développement des acariens de la famille des Tetranychidae, rendent cruciale l’élaboration de nouvelles stratégies de lutte, basées sur une parfaite connaissance de son génome.

L’importance passée et actuelle des traitements acaricides couplée au fort potentiel de multiplication des tétranyques ont abouti à l’émergence de nombreuses résistances contre plusieurs familles d’acaricides existantes. L’analyse du génome séquencé permettra de dévoiler les mécanismes de résistance mis en œuvre par les acariens, tels que des modifications des cibles et de la détoxication des acaricides.

Les chercheurs ont aussi identifié de nombreux gènes, intervenant dans la détoxication et la digestion, qui contribuent à expliquer la résistance inégalée de l’acarien aux composés toxiques produits par certaines plantes pour se défendre, ouvrant entre autre des perspectives de développements de plantes naturellement résistantes.

D’autres gènes responsables de la production de la soie ont été aussi identifiés. La soie de cet acarien est en effet  plus fine et plus résistante à la tension que la soie d’araignée ou d’insecte. Ces recherches laissent entrevoir de possibles retombées en biotechnologie médicale.

 

 

 

 

 

 

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