Select your Top Menu from wp menus

Elevage : Ensilage

Elevage : Ensilage

Ensilage

Dr Abdelkrim AIDI

 

Le pâturage dans le Moyen Atlas est conduit sur des terres pauvres et dégradées. En foret ou sur les terrains collectifs, les plantes pastorales ne satisfont pas les besoins alimentaires des animaux.  Dans les parcelles labourées, certains éleveurs sèment des variétés de plantes pour l’alimentation du  cheptel  existant dans la ferme. Une réserve d’aliment est ainsi constituée à l’état vert ou sec pour la distribution  pendant la pénurie  d’herbe sur le terrain.

[smartslider3 slider=134]

La manière de conserver les fourrages en vert est délicate et, pour cela, il est nécessaire d’avoir des connaissances techniques et méthodiques pour réussir l’opération de l’ensilage. L’ensilage est la conservation du fourrage pour maintenir sa qualité nutritive

Dans la région du Moyen Atlas, l’Etat a vulgarisé l’opération d’ensilage au profit des agriculteurs à partir de l’année 1983 qui a connu une sécheresse étalée sur trois ans. Les besoins alimentaires des animaux d’élevages étaient importants et les fermes qui possédaient de l’eau d’irrigation pratiquaient les cultures fourragères comme le maïs, l’avoine et la luzerne, stockées pour être employés ultérieurement, au  moment de la  disette alimentaire. Le stockage des fourrages verts dans les silos préparés pour cette fin, conserve leur valeur nutritive.

Pour mener l’opération de l’ensilage, il est nécessaire d’avoir le matériel spécifique, le local et la matière verte :

– Matière première : les principales matières fourragères à enseller sont : l’avoine  complète, le maïs en graine fourragère, betteraves fourragères. Dans le moyen Atlas, le maïs et l’avoine sont les plus utilisés pour l’ensilage. Par ailleurs, il faut  signaler que le mélange vesce-avoine est idéal pour réaliser l’ensilage (Azote + glucide).

– Ensileuse : machine à faucher et hacher les herbes

-Tracteur : Transport et tassement de l’herbe

– Silo : c’est le lieu de conservation de l’herbe verte, de dimensions et  formes différentes, selon le volume de la matière à ensiler. Il doit être situé sur un terrain incliné pour faciliter l’écoulement  des résidus liquides formés après la fermentation.

– Matériel de couverture des silos (bâches)  

 

Processus d’ensilage : 

Les étapes à suivre pour la conservation de fourrages sont :

1– Examiner la consistance des panicules d’avoine et épis de maïs, dont les grains devraient être à maturité pâteuse et facilement pressés avec les doigts.

2– Fauchage et séchage dans des conditions  adaptées au climat et à la nature de la matière

3– Mettre la matière première dans des silos en vrac ou dans des sacs en polyéthylène. 

4– Tasser la matière avec un tracteur ou un  autre matériel mécanique

5– Fermer les silos hermétiquement avec des bâches et de la terre, pour éviter l’entrée de l’air

6– Attacher les bords latéraux des bâches avec des cordes pour éviter qu’elles soient emportées en cas de vent fort et fermer les trous pour empêcher le passage d’eau de pluie.

7– Laisser un passage pour les liquides formés pendant le tassement et la fermentation afin d’éviter la formation de champignons et moisissures.

8– Séparer les couches dans chaque silo.

9– Mettre les matières sèches de la plante au fond de silo et les matières vertes sur la partie supérieure.

 

Stade des herbes d’ensilage :

Les herbes destinées à l’ensilage doivent remplir certaines conditions :

– épis consistants, avec des grains pâteux et laiteux

– feuilles et tiges humides

– degré  de séchage ne dépassant pas 30%

– L’herbe doit être hachée finement

– Les parties dures doivent être bien broyées

– Procéder au fanage des plantes alors qu’elles sont encore humides

 

Les additifs :

Pour la réussite de l’opération, il est nécessaire d’équilibrer la composition des plantes ensilées. En effet, certaines plantes sont riches en sucres (maïs, avoine) alors que d’autres sont riches en protéines et pauvre en sucres (luzerne) et donnent des éléments chimiques différents provoquant la détérioration de la matière ensilée. Pour pallier ces déséquilibres, il est nécessaire d’ajouter certaines matières conservatrices, différentes selon les cas. Dans le cas des maïs et avoine, on peut ajouter une matière riche en protéines comme l’urée, ou de la mélasse pour la luzerne, maïs. L’addition de l’urée et mélasse doit être rationnée en respectant un pourcentage déterminé : 1 % pour l’urée et 2 % pour la mélasse.

Si les plantes sont très humides, on ajoute une matière sèche, comme la paille de blé pour diminuer la quantité d’eau. Si les plantes sont sèches, plus que le degré demandé, on ajoute de l’eau pour éviter le réchauffement dans le silo et une température élevée (38°C maximum).

Les matières additives doivent être mélangées et déposées sur chaque couche de plantes après le tassement pour faciliter une bonne fermentation et améliorer la qualité de l’ensilage.

 

Conservation de l’herbe dans le silo :

Après la fermeture des silos ou des sacs remplis d’herbe, commence le processus de combustion et production d’énergie par la décomposition chimique des matières glucidiques et azotées que contient la matière ensilée. Ce phénomène passe par des phases variables selon le milieu, la température, le pH, et la nature de la matière.

Le phénomène de fermentation passe par trois étapes :

 

1- la fermentation aérobie commence immédiatement après le tassement  de l’herbe, en contact avec l’oxygène de l’air. La fermentation est assurée par des bactéries coliformes qui transforment les sucres de l’herbe en alcool et acide acétique. Cette étape dure tant que l’oxygène existe.  

 

2- après la consommation totale de l’oxygène, on assiste à la multiplication d’autres bactéries qui interviennent en anaérobie et transforment le sucre en alcool et en dioxyde de carbone. Ce processus aboutit à la formation d’acide acétique qui est un produit  très énergétique et très apprécié par les animaux.

 

3- s’il y a échec des deux étapes antérieures, la fermentation est menée par la bactérie clostridie (clostrodium buthyricun) transformant les sucres et protéines en acide butyrique qui est défavorable pour l’ensilage. Cette activité a lieu si le milieu dans le silo et très humide et le pH inférieur à 4. Dans ce cas, il ya également production d’ammoniaque si la matière ensilée est riche en protéines. L’ensilage qui en résulte est de qualité très basse. Pour remédier à ce phénomène, on ajoute à l’ensilage du carbonate de calcium et carbonate de sodium pour améliorer le pH,  le goût et l’odeur de la matière ensilée.

 

Pour enrichir l’ensilage par différents éléments nutritifs pour les animaux, on ajoute :

_ Carbonate de calcium

_ Carbonate de sodium

_ Pulpe sèche de betterave

_ Sel gèmme, apprécié par les animaux.

_ Complément minéral vitaminé, préparé industriellement.

 

Durée de conservation :

La durée de conservation est déterminée selon les conditions de l’environnement dans le silo. Ainsi, si la fermentation lactique est réussie, la durée de vie  de l’ensilage  est longue, et le contraire si la fermentation  est acétique.

 

Consommation d’ensilage :

La quantité des plantes ensilées qui rentre dans la ration alimentaire dépend de :

– La qualité de l’ensilage : la présence de l’acide lactique est un signe de bonne fermentation. Les animaux l’acceptent facilement.

– Si l’acide butyrique est présent, l’ensilage est de mauvaise qualité, les animaux ne l’acceptent pas. Il peut même conduire à leur mort.

– La ration doit être calculée selon, l’âge, l’état de l’animal (démarrage et engraissement) et le poids vif.

– La ration doit être complétée  par les céréales, paille, la P.S.B, tourteau, C.M.V, sel  et l’eau  à volonté

– Eviter la distribution en grande  quantité d’ensilage.

 

Appréciation de la qualité d’ensilage :

Les paramètres qui déterminent la qualité et la valeur nutritive des plantes ensilées sont :

_ Odeur : un bon ensilage à une bonne odeur, appréciée par l’animal.

_ Saveur : à vinage ou à beurre ranci (mauvais ensilage).

_ Couleur verte  à jaune.

_ La température idéale est de 37 à 38 °C.

_ Humidité : la plante conserve l’eau, donc le séchage ne doit laisser que 30 à 35 %.

_ Le pH entre 4 à 5. S’il est supérieur à 6 ou inférieur à 4, la qualité est mauvaise.

_ La présence de champignons et moisissures, donne un mauvais ensilage.

_ La présence d’ammoniac engendre une répulsion par les animaux.

_ La présence d’acide acétique donne une qualité médiocre.

_ La présence d’acide lactique donne une excellente qualité de l’ensilage, bien apprécié par les animaux et leur donne aussi une valeur énergétique et protéique.

 

Avantages de l’ensilage :  

La conservation des plantes dans les silos a un grand avantage dans la pratique d’élevage, surtout pour l’élevage bovin (laitier) ou ovins dans les régions semi-arides ou montagneuses comme le Moyen Atlas :

– Rendement: un hectare produit plus de fourrage vert que de fourrage sec, selon les espèces à ensiler avec 50 à 70 tonnes pour le maïs et 20 à 30 tonnes pour l’avoine. 

– Utilisation dans les périodes de disette alimentaire.

– Bonne  qualité nutritive pour les animaux en lactation, en sevrage et engraissement.

– occupe un espace très réduit par rapport au fourrage sec qui nécessite des hangars larges.

– Evite l’incendie durant les périodes de fortes chaleurs.

– La perte de matière est minimum puisqu’elle est consommée totalement.  

– Le prix de revient de l’ensilage est moins cher que le fourrage sec.

– Dégage les terrains agricoles pour une deuxième utilisation.

– Prévention de certaines maladies parasitaires strongles  et ténias.

 

Inconvénients :

La préparation de l’ensilage dans les conditions favorables à la fermentation lactique donne un produit bien apprécié par les animaux. Cependant, la fermentation lactique peut être arrêtée à cause des mauvaises conditions de conservation en produisant des particules invisibles pour les animaux, parmi lesquelles :

– Excès d’acide  acétique 

– Production d’acide butyrique qui donne des intoxications très graves pour les animaux

– La production d’ammoniac qui résulte de la dégradation des protéines 

– Manque de matière azotée  en cas de maïs et avoine

– Manque des glucides en cas de luzerne

– Multiplication de la bactérie monocitogina qui produit une toxine dangereuse pour les ruminants.

 

Prévention des inconvénients :   

– Eviter l’entrée de l’air et de l’eau dans le silo après sa fermeture

– Equilibrer le milieu interne de l’ensilage par l’addition des matières conservatrices comme la mêlasse  bicarbonate de calcium, bicarbonate de sodium, et la paille pour baisser le taux d’humidité.

– améliorer  les parties moisies de l’ensilage

– Sélectionner les animaux  destinés  à consommer l’ensilage (brebis allaitantes, brebis vides, agneaux sevrés, et engraissement)

– Eviter la consommation excessive de l’ensilage

 

Maladies causé par l’ensilage :

Parmi ces maladies on peut citer : Listériose, Clostédiose, Coliques, Dyspné, Météorisation, Avitaminose. Pour leur traitement, les éleveurs doivent contacter le vétérinaire qui assure le suivi  du troupeau pour un bon diagnostic et traitement efficace.

 

 

 

 

 

 

 

 

Aller à la barre d’outils