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Maraîchage : PotatoEurope 2016

Potato Europe 2016

Depuis 11 ans, la notoriété du salon plein champ PotatoEurope ne cesse de croître. L’affluence progresse quel que soit le pays organisateur (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas) et les visiteurs viennent des cinq continents.  Réalisée avec Arvalis, l’édition de 2016 a fait étape en France, les 14 au 15 septembre à Villers-Saint-Christophe, à mi-chemin entre Lille et Paris. Le salon des tubercules a réuni les différents acteurs du marché, tels que les constructeurs de matériels agricoles ou encore les firmes phytosanitaires. Un village du commerce était aussi présent, regroupant une quarantaine de négociants et de coopératives. Ce salon est aussi l’occasion de voir des chantiers de récolte et de réception en action.

 

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Les démonstrations dynamiques de matériels et la présentation des innovations techniques pour la production de la pomme de terre constituent les points forts de cet événement qui attire des visiteurs de tous les continents.

PotatoEurope 2016 a battu son record puisque les 300 exposants présents ont accueilli près de 12.000 visiteurs. En effet, le formidable dynamisme du secteur des plants, tout comme celui du commerce de la pomme de terre de consommation ou des industries de la transformation, ont attiré un large public international. Près de 40 % des visiteurs, en provenance pour une grande part du Benelux, d’Allemagne et du Royaume Uni, mais aussi de plus de 70 pays différents, sont venus pour s’informer sur les innovations, échanger entre spécialistes, négocier, acheter outils, services et équipements qui leur permettront d’être toujours plus performants.

 

Limiter les intrants, préserver la qualité

Parmi les raisons de ce succès, la grande attractivité des 23 chantiers de récolte (AVR, Dewulf, Grimme, Pouchain, Ploeger et Ropa), de réception (Downs- AVS, Eurodirect-Dewaele Briche, Dewulf-Miedena, Grimme et AVR) et de tri optique des tubercules (Dewulf-Miedena, Tomra et Visar Sorting) qui ont présenté « en live » les dernières innovations proposées par les constructeurs.

 

Les démonstrations d’arrachage ont été organisées en trois groupes afin que les visiteurs puissent focaliser leur attention selon leur centre d’intérêt. Le groupe 1 a rassemblé les automoteurs en trois ou quatre rangs. Le groupe 2 a concerné les arracheuses deux rangs trainées et les automoteurs deux rangs. Enfin, le groupe 3 n’a compris que des modèles combinés trainés en un ou deux rangs.

Cette vitrine dynamique des innovations technologiques, toujours tournées vers plus d‘efficacité et la préservation de la qualité des tubercules, permet aux producteurs de se faire une opinion et de choisir au mieux leurs futurs investissements.

Les visiteurs ont pu échanger avec les experts sur les innovations en matière de génétique (variétés de plus en plus adaptées à des marchés segmentés, résistance aux maladies, tolérance au stress hydrique), d’agronomie (apparition de capteurs de mesure de l’état des plantes), de protection intégrée (apparition de produits de biocontrôle, OAD, …) et d’économie d’énergie lors du stockage. A cela s’ajoutent les outils d’aide à la décision qui améliorent l’efficience des pratiques. Miléos®, outil d’aide à la décision développé par Arvalis, qui permet de mesurer le risque d’apparition du mildiou, a d’ailleurs été primé aux concours des Profils d’Or, car il permet de limiter le nombre de traitements. Toutes ces présentations ont également bénéficié à plusieurs centaines de lycéens et d’étudiants en agriculture.

 

Une recherche agronomique dynamique

Spécificité du modèle français, les producteurs de pomme de terre et leurs filières se sont dotés d’instituts de recherche et développement. Les innovations d’ARVALIS – Institut du végétal et de ses partenaires techniques – ont ainsi été exposées dans 4 pôles thématiques : agronomie, ressources génétiques et innovations variétales, protection des cultures et stockage-conservation.

Avec 3 innovations en fertilisation, le nouvel outil d’aide à la décision (OAD) « choix des couverts », le déploiement du diagnostic d’énergie pour les installations d’irrigation et de nouvelles références en tassement, le pole agronomie fait la part belle aux nouveautés. L’atelier fertilisation a mis en avant trois nouveautés. Tout d’abord, avec une technologie très en vogue, les résultats des premiers travaux sur le pilotage de l’azote grâce aux drones ont été commentés. Les experts d’ARVALIS ont également présenté les performances des urées modifiées testées dans leurs essais depuis quelques années. Enfin, ils ont proposé de faire un point approfondi sur la technique de localisation de l’engrais à la plantation.

L’atelier sur les cultures intermédiaires a présenté le nouvel outil d’aide à la décision « Choix des couverts ». Ce service prend en compte la situation agronomique (systèmes de cultures, période de semis,…), la conduite culturale prévue (implantation, destruction, …) et les attentes de l’agriculteur (objectif prioritaire économique, piège à nitrate, lutte contre les limaces,…). Cet OAD libre d’accès a été mis en ligne sur www.arvalis-infos.fr. L’atelier irrigation a montré comment il est possible de gagner jusqu’à 20 % d’énergie grâce au diagnostic de l’installation d’irrigation. Autre point d’intérêt, la nouvelle application Irré-LIS® sur smartphone développée en 2016 pour gérer, simplement, l’irrigation à la parcelle.

Quant à l’atelier tassement, il a livré les dernières références en matière de tassement profond avec le diagnostic précis de l’état structural profond. Car qui dit tassement dit difficulté d’implantation puis difficulté de valorisation du potentiel fertilisant du sol par la culture.

 

Innovations variétales

La vitrine variétale a présenté quelques grandes références du marché : marché du frais intérieur et export (incluant les variétés à chair ferme), transformation pour l’alimentation humaine (chips, frites, flocons…), plants pour l’exportation européenne ou vers les pays-tiers… Elles seront toutes présentées avec leurs intérêts et leurs conditions d’utilisation dans la vitrine variétale. L’adaptation aux marchés et l’amélioration de la tolérance aux maladies sont remarquables.

Outre la réponse aux marchés, la sélection travaille d’arrache-pied sur les résistances aux bioagresseurs grâce notamment aux évolutions relativement récentes des méthodes de création de matériel amélioré qui commencent à porter leurs fruits. La collaboration entre l’INRA et les sélectionneurs français aboutit réellement comme le montrent les inscriptions de variétés d’un bon niveau de résistance au mildiou sur feuillage avec une note 7 ou 8 : Cephora en 2013, Passion en 2014, Tentation et Maïwen en 2015, Kelly, Rackam et Zen en 2016, ou encore, en 2014, de Stronga présentant la double résistance aux nématodes à kyste Globodera rostochiensis et G. pallida.

 

Protection des cultures

La visite de ce pôle commence par l’atelier « reconnaissance », pour se confronter, en pratique, à des tests de reconnaissance du mildiou, de l’alternariose, de la dartrose, de la gale argentée… Agriculteurs et techniciens sont en effet régulièrement confrontés à des accidents dont la détermination est difficile. Ils pourront ensuite comprendre comment la microbiologie et la biologie moléculaire, deux techniques de laboratoire, sécurisent leur diagnostic et donc leurs stratégies de lutte.

Depuis quelques mois, un produit de biocontrôle est autorisé pour le défanage des pommes de terre en France. La substance active de cette préparation naturelle, issue de l’huile de colza et non sélective des plantes cultivées, est un acide gras : l’acide nonanoïque. D’autres produits de biocontrôle sont également testés contre les ravageurs telluriques, taupins et nématodes. La protection des cultures de pomme de terre élargit ainsi ses possibilités.

Mais, quelle que soit leur origine, les produits de lutte ne suffisent pas. Les stratégies de lutte prophylactiques restent toujours prioritaires. La protection intégrée reste le socle du raisonnement. Elle permet parfois de diviser par deux le recours aux produits de traitement contre les maladies avec un bon diagnostic, la valorisation de la résistance variétale et l’utilisation d’OAD tels que Mileos® pour bien choisir la date et le produit de traitement. PotatoEurope est une bonne opportunité pour venir prendre conseils.

 

Stockage conservation

Pas de germes ni de résidus d’inhibiteurs de germination, la conservation des pommes de terre pour le marché du frais devient plus complexe. La combinaison de diverses stratégies est impérative et fait appel à une expertise de plus en plus pointue. PotatoEurope propose là aussi des réponses.

Cruciale pour garantir la qualité des pommes de terre qui peuvent être stockées deux fois plus longtemps que leur durée de végétation, la réussite de la conservation se construit par la bonne gestion de la protection antigerminative. En protection conventionnelle ou alternative (huile de menthe, éthylène), on vise avant tout une bonne efficacité, garante de qualité, combinée à de faibles teneurs en résidus des produits inhibiteurs sur les tubercules. Les dernières références comparant ces stratégies et combinant ces diverses techniques ont été présentées.

Le second volet du pôle stockage-conservation a concerné les économies d’énergie. En effet, depuis quelques années la réfrigération artificielle se développe pour le marché du frais. Il est donc important de bien raisonner sa consommation énergétique d’autant que le prix du kilowatt électrique augmente sans cesse. Arrachage au petit matin pour les chantiers précoces, diagnostic des bâtiments (par caméra thermique ou avec drone), isolation, pilotage du refroidissement, chaque degré compte.

 

Le plant certifié de pomme de terre, un vrai savoir-faire collectif

 

Le plant certifié de pomme de terre bénéficie d’une organisation unique de la filière et d’un niveau de contrôle d’excellence, en permanence amélioré par les apports des recherches menées par les professionnels avec l’appui de l’interprofession.

 

Avec 850 agriculteurs producteurs spécialisés et 56 établissements collecteurs, La France produit aujourd’hui 550 000 t de plants certifiés. Un chiffre en nette augmentation comparé aux 360 000 tonnes produites il y a à peine 10 ans. Cette augmentation forte s’explique par l’accroissement de la part du plant français dans l’utilisation de plants certifiés en France, et par la progression des exportations : plus de 160 000 t en 2014-2015 contre 90 000 t en 2004. Cette hausse traduit bien la reconnaissance de la qualité du plant certifié français, du savoir-faire et de l’efficacité de l’organisation de la production de notre pays.

 

La R&D, un gage supplémentaire pour garantir la qualité des plants

Cette démarche R&D de la filière plant est fondamentale. Elle conforte notamment la qualité sanitaire et technologique des plants certifiés de pomme de terre et préserve l’état sanitaire des exploitations et territoires de production. Elle permet de sélectionner de nouvelles variétés de pomme de terre adaptées aux différents secteurs du marché et répondant aux besoins des destinataires et aux nouvelles normes environnementales.

Cet important dispositif de recherche et développement de la filière plant s’organise autour des programmes de recherche «finalisée» conduits en partenariat avec la recherche publique, et en particulier avec l’INRA dans le cadre de l’UMT InnoPlant, des programmes de création de nouvelles variétés conduits dans les stations d’obtention. Les résultats de ces recherches sont ensuite diffusés auprès des producteurs ou des acteurs de la filière par un réseau de techniciens et de laboratoires.

Une partie de ces programmes est conduite avec le soutien du GNIS, en particulier pour les actions en lien avec la certification des plants (outils de détection, caractérisation des pathogènes, biovigilance…).

 

La Certification des plants de pomme de terre, un atout majeur pour les producteurs

Pour obtenir un haut niveau de qualité, les professionnels de la filière ont mis en place une organisation et un schéma très strict de production et de certification. La France s’est ainsi imposée des règles de contrôles officiels plus sévères que les directives européennes.

 

Un contrôle officiel de la qualité sanitaire de tous les instants

La qualité sanitaire est officiellement contrôlée par le SOC dès les premières générations de multiplication in-vitro, à chaque étape de multiplication en serre puis en champs jusqu’à la production de plants certifiés. Par exemple, c’est ainsi que chaque champ de multiplication subit des analyses pour vérifier notamment l’absence de nématodes à kystes (Globodera pallida et G.rostochiensis) redoutables parasites de quarantaine transmissibles par les tubercules.

 

Une identité variétale très surveillée pour bénéficier de tous les progrès de la sélection

Pour que les producteurs bénéficient pleinement des progrès apportés par la sélection variétale, il est indispensable que l’identité variétale soit bien respectée tout au long du processus de multiplication. Dès les premières multiplications in-vitro, l’empreinte génétique de la variété est vérifiée par analyses moléculaires. Ensuite, pour les multiplications en champs, le contrôle est réalisé par des inspections en culture systématiques, la mise en place annuelle d’un champ de conformité des jeunes origines et des tests en laboratoire.

Au terme de ces contrôles réalisés sous l’autorité du Service Officiel de Contrôles et de Certification (SOC), la certification des plants de pomme de terre s’achève par l’apposition du certificat officiel bleu du SOC. La mention « Passeport Phytosanitaire Européen » portée par le certificat du SOC garantit par ailleurs officiellement le contrôle de la qualité sanitaire des plants et permet aux plants de circuler dans l’ensemble de l’Europe.

Au-delà de la qualité des plants, l’ensemble de ces contrôles par la filière assurent une très forte traçabilité des plants et de leur production. Cela permet de rassurer les acheteurs notamment étrangers qui savent qu’en cas de besoin, ils peuvent mobiliser l’expertise française et retrouver rapidement l’historique des analyses liées à la production d’un lot de plants donné.

 

La France est un acteur majeur de la production de pomme de terre en Europe de l’Ouest. Première exportatrice en pomme de terre de conservation, très active dans l’export de plants en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Les acteurs français réunis dans « le village du commerce » ont fait valoir leurs atouts à PotatoEurope qui, années après années, s’affirme davantage comme un lieu d’échange et de business incontournable entre opérateurs internationaux.

 

PotatoEurope 2017 se déroulera les 13 et 14 septembre 2017 à Emmeloord aux Pays-Bas

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