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Maraîchage : Pépinière tomate

Production de plants de tomate en pépinière

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En horticulture intensive et en culture de tomate en particulier, la pépinière revêt une importance capitale. C’est la première étape qui conditionne la réussite de la culture. L’objectif du semis en pépinière est double : obtenir des plants vigoureux et sains. Le semis de précision s’est imposé à cause du prix élevé des semences. En effet, et depuis l’apparition des graines des variétés hybrides, aux fruits de longue conservation, donnant des plantes productives et aux génotypes résistants à nombre de maladies et parasites, les semences sont commercialisées à des prix plus élevés.

 

Cette situation a conduit à la professionnalisation du métier de producteur de plants. La région d’Agadir est leader national dans ce domaine. On y compte une douzaine de grandes pépinières maraîchères modernes agréées, dont certaines sont commerciales et les autres produisent des plants pour couvrir les besoins de leurs propres propriétaires producteurs. En absence de chiffres officiels relatifs au nombre de plants produits annuellement, les performances de ces pépinières sont exprimées en termes de capacité de production. Celle-ci se chiffre à environ 40 millions de plants de tomate pour la seule région d’Agadir.

Par ailleurs, les cultures destinées à la production sous abri font souvent appel aux plants greffés. Cette technique est devenue un artifice de production et de protection efficace pour éviter les problèmes phytosanitaires d’origine tellurique (nématodes, Fusarium, Verticillium, ..). La production de plants greffés est du seul ressort de pépinières spécialisées. C’est une raison supplémentaire pour confier cette tâche à des pépiniéristes reconnus.

Enfin, il faut rappeler que les pépinières produisent des plants de différentes espèces maraîchères, dont certaines sont produites en pleine période hivernale. C’est le cas du melon et de la pastèque. L’élevage de ces espèces en période froide nécessite des infrastructures de serre et des artifices de chauffage et de climatisation que seul le pépiniériste est en mesure d’assurer. Pour toutes ces considérations, le producteur de tomate gagne à déléguer la phase de semis et d’élevage de plants à une pépinière maraîchère spécialisée.

 

Conditions optimales de semis

 

Choix de la semence :

Il s’agit d’une étape importante puisqu’elle détermine, en grande partie la réussite de l’opération de production de plants. Le producteur se doit de savoir un certain nombre d’aspects qui concernent la qualité de la semence :

 

– Génétique : il y a lieu de savoir si la semence choisie est une variété population, fixée, lignée pure, ou hybride F1. Le prix est un bon indicateur de la qualité génétique de la graine ;

– Type de croissance : les variétés à croissance indéterminée se prêtent à la culture sous serre car elles sont palissées. Les variées à croissance déterminée sont conseillées pour les conditions de plein air. Les deux conditions de culture ne sont pas exclusives. On peut cultiver une variété déterminée sous abri comme on peut cultiver une variété indéterminée en plein air, mais ces conditions ne seront pas optimisées;

– Type variétal : il s’agit de connaitre au préalable si la variété en question est de type ronde conventionnelle, cerise, cocktail, kiwat, cœur de bœuf ou autre;

– Plant greffé ou franc de pied : un choix crucial qui détermine le degré de protection de la plante vis-à-vis de plusieurs pathogènes issus du sol. Il conditionne également la densité de plantation (divisée généralement par deux pour les plants greffés par rapport aux plants francs), le mode de conduite de la plante (sur un seul bras ou sur deux bras) et, enfin, la durée même de la culture (presque un an pour les plants greffés). Il ne faut pas omettre aussi le coût élevé des plants greffés ;

– Résistances aux maladies et ravageurs : ce sont des paramètres à connaitre pour évaluer les risques potentiels de problèmes biotiques et se prémunir de certains de ces problèmes pour lesquelles la variété en question ainsi que le porte-greffe développe des résistances (Nématodes, Fusarium F1, Verticillium, TYLC V, Oidium, Mildiou…);

– Vigueur de la plante : cet aspect est important car il permettra d’ajuster la densité de plantation en vue de réussir une production quantitative et, surtout, qualitative optimale (calibre des fruits) ;

– Adaptations climatiques et aux problèmes abiotiques : surtout importantes à connaitre si on envisage une culture en conditions hivernales. Le caractère de nouaison en conditions froides est l’un des plus importants. D’autres critères peuvent avoir de l’importance (résistance à la salinité, résistance à la sécheresse,…) ;

– Qualités gustatives: teneur en matière sèche, développement d’arôme, saveur, texture du fruit, teneur en sucre (indice Brix), acidité,…

– Critères agronomiques et commerciaux : productivité, calibre (proportions de divers calibres, régularité de calibre), fermeté, « long life » (longue conservation des fruits après récolte) ;

– Résistances aux désordres physiologiques : résistance à l’éclatement, persistance du collet vert après récolte, et autres.

 

Emballage des graines :

C’est un gage de qualité. Les semences sont emballées hermétiquement, avec un taux d’humidité ne dépassant pas 5%, pour préserver la viabilité des embryons.

 

Opérations de semis:  

Cette opération fait souvent appel à des plateaux alvéolés en plastique, dont l’élément de base est le volume mis à la disposition de la plantule pour la croissance de son jeune système racinaire. A ce sujet, on distingue le plateau à 49 trous et le plateau à 425 trous. Le premier offre un volume plus grand que le second. L’avantage de mettre à la disposition des plants d’un volume relativement grand pour la croissance des racines est que le séjour en pépinière peut être prolongé jusqu’à 4 semaines environ, alors que si le volume est petit, le plant devra être placé dans le sol en un temps relativement court (2 à 3 semaines au maximum). L’opération de semis proprement dite consiste à déposer la graine, au dessus du substrat préalablement humecté. Cette graine sera ensuite recouverte par une fine couche de substrat sec. La profondeur de semis ne devra pas dépasser 2 à 3 mm.

Au sens du physiologiste, l’opération de germination est considérée comme atteinte lorsque l’hypocotyle perce les téguments et que la radicelle apparaît. Cette phase dure 2 à 3 jours maximum, pourvu que les conditions de germination soient réunies (25 à 30 °C de température et 70 à 75 % d’humidité dans le substrat). Au sens de l’agronome, la germination est finie après le déploiement des cotylédons. Cette phase est atteinte une semaine environ après l’opération de semis.

 

Substrat de pépinière :

C’est un élément clé pour réussir la production de plants. En cultures maraîchères intensives et pour la tomate en particulier, le substrat utilisé est un terreau de tourbe généralement importé de l’Europe dans des zones appelées « tourbières » et qui correspondent à d’anciens marécages. Ce substrat est pratiquement idéal pour la pépinière. Celui utilisé pour les plateaux alvéolés est composé de 50% de tourbe noire et de 50% de tourbe brune. Il présente en outre des conditions physiques et chimiques très favorables à la germination et à la croissance de la jeune plantule.

De toutes les propriétés chimiques et physiques du substrat, on retiendra sa forte teneur en matière organique, sa forte porosité et sa faible teneur en sels solubles. Ces caractéristiques sont suffisantes pour offrir au jeune plant les conditions favorables à la croissance pendant les premières semaines de sa vie.

 

Conditions d’élevage de plants

A ce sujet, il faut distinguer les différentes situations rencontrées sur le terrain, à savoir, l’élevage des plants dans les conditions traditionnelles, la production de plants de tomate industrielle et la production de plants de tomate dans les pépinières modernes. Ce dernier type de pépinière est le plus sollicité pour fournir en plants les exploitations dont la production est orientée en partie vers l’export, dans la région d’Agadir. Il s’agit de véritables entreprises fonctionnant à la demande de la clientèle. En effet, le producteur fournit les semences de la variété à cultiver et la pépinière maraichère propose, à la demande du client, de fournir des plants greffés ou francs, selon des délais fixés par avance.

La pépinière est en général étendue sur plusieurs hectares et en totalité protégée. Elle est constituée d’un ensemble de serres multi-chapelles, à l’intérieur desquelles sont installés des tunnels hémicylindriques. Un système de brumisation installé sur le plafond de la serre multi-chapelles est déclenché en cas de forte chaleur. Tout le pourtour de la pépinière est isolé de l’extérieur par une double paroi de film plastique et de filet anti-insecte, pour prévenir l’intrusion de vecteurs de virus. Les issues de la pépinière sont organisées sous forme de porte-SAS. Un couloir de protection disposé le long des quatre côtés de la pépinière renforce l’isolation de l’intérieur de la pépinière. Le sol est couvert en totalité de paillage pour éviter les éclaboussures de poussière.

Le bassin d’alimentation en eau est également couvert. Tout est donc fait pour maîtriser la production de plants sains. En effet, c’est un préalable aux mesures prophylactiques imposées, pour produire des plants certifiés sains des principales maladies virales et des infections microbiennes. Ce type de pépinière est normalement contrôlé par les services de Protection des Végétaux, qui contrôlent l’état phytosanitaire des plants produits, par des visites inopinées et des contrôles réguliers.

Les opérations de production de plants commencent par un semis de précision sur des plateaux alvéolés en polystyrène, suivi d’un séjour dans un germoir dont la température est maintenue dans des marges acceptables (25 à 30 °C). Après la germination, les plants sont repiqués et transférés dans d’autres tunnels couverts de film plastique translucides, pour la phase d’élevage qui peut être interrompue par la technique de greffage.

 

Greffage de la tomate :

C’est une technique qui a été introduite dans la région d’Agadir vers 1996 par des hollandais. C’est un moyen de lutte biologique, utilisé pour lutter essentiellement contre les nématodes. En effet, ce ravageur est dévastateur en présence de variétés sensibles et lorsqu’il évolue dans des sols légers comme c’est le cas dans le périmètre du Massa.

Le greffage s’est imposé comme une alternative très prometteuse au bromure de méthyle, utilisé pendant de longues années pour la stérilisation du sol avant plantation. Après le succès qu’a connu cette technique chez la tomate, elle a été appliquée pour d’autres espèces végétales, en particulier la pastèque et le poivron. Aujourd’hui, la grande majorité de la tomate produite dans la région d’Agadir est issue de plants greffés. Cette technique s’est révélée très efficace surtout que la pratique de la monoculture est très répandue. Elle permet d’éviter :

– Les problèmes de nématodes

– Les problèmes de flétrissement bactérien

– Les problèmes de flétrissement fongique.

 

Par ailleurs, le porte-greffe de la tomate est pourvu d’un système racinaire bien développé qui permet d’allonger très sensiblement le cycle de la culture, et d’accroitre ainsi la production. La technique de greffage la plus utilisée pour la tomate est la méthode japonaise, encore appelée « greffage en tube ». Elle présente l’avantage d’être pratiquée sur des sujets relativement jeunes, ce qui permet de réduire considérablement le temps nécessaire à la soudure et à l’élevage des combinaisons greffon-porte greffe.

Pratiquement, le porte greffe est semé quelques jours avant le greffon (variété) et l’opération de greffage est effectuée au stade 2 à 3 feuilles. Les deux symbiotes sont coupés juste au dessus des feuilles cotylédonaires à l’aide d’une lame de rasoir désinfectée. Les caractères mis en exergue par les obtenteurs de porte-greffes sont relatifs à la grande vigueur de celui-ci, son enracinement profond, son uniformité lors de la germination et à ses résistances aux nématodes, au Fusarium, au Verticillium, au Virus de la Mosaïque de la tomate, etc. Il s’agit d’hybrides F1 pour la plupart et sont issus de croisements interspécifiques.

 

Source : Etude de base sur la culture de la tomate au Maroc (ONSSA-FAO)

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