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Maraîchage : Melon, choix variétal

Melon 

Exigences du marché local

 

Au Maroc, le marché local n’est pas demandeur en melon charentais dont la production est intégralement destinée à l’export vers le marché européen, mais il raffole de melons Galia, jaune canari et Ananas (bien que récemment introduit sur le marché). En effet, ils figurent incontestablement parmi les fruits d’été les plus appréciés des consommateurs marocains à coté de la pastèque.

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Pour les producteurs, les commerçants et les consommateurs, ces trois types sont à distinguer par leurs diverses caractéristiques. Ainsi, le type Galia présente, pour le producteur, des avantages comme la précocité et le prix, mais son principal inconvénient reste sa sensibilité aux maladies et au froid. D’où depuis quelques années, les surfaces allouées au Galia sont en léger déclin en faveur des types ananas et jaune canari. Sa production est faite à 90% en plein champ dans les régions de Marrakech, Chichaoua, Kelâa et le reste sous abris à Agadir.

Quant au type ananas, il est apprécié aussi bien par le consommateur que par le producteur pour son rendement élevé, son calibre (3,5 à 4 kg) et son goût, et connaît une progression continue au Maroc. Il est produit essentiellement dans les régions de Marrakech, Chichaoua, Kalâa et a pris des parts de marché au Galia.

Le type Jaune Canari est produit dans plusieurs régions (les précoces à Agadir et Guelmime, les tardifs à Marrakech, au Nord, et dans l’Oriental), sur des superficies dépendant des précipitations et des inondations au nord – qui peuvent réduire considérablement sa culture. La production en variétés hybrides concerne principalement les régions du Gharb, Larache, Marrakech, Chichaoua, Kelâa et  Agadir. A noter qu’à l’instar du type ananas, le jaune canari prend progressivement des parts de marché au Galia. Généralement, en fin de cycle du jaune canari, les variétés ridées (région Larache) sont les plus recherchées. Leur commercialisation est facilitée par leur aspect ridé et leur gros calibre.

Une grande problématique du secteur est liée à la commercialisation des melons. En effet, les différents types de melon étant essentiellement des produits de saison, la majorité de la production arrive groupée entre mai, juin et juillet d’où une offre importante entraînant des prix plus bas. Pour obtenir de bons prix, les producteurs recherchent toujours plus de précocité (mars), mais le tonnage est faible, les calibres petits et les dommages occasionnés par les maladies sont plus importants. De même, pendant l’été (surtout juillet), le marché peut connaître un effondrement des prix suite aux fortes chaleurs qui affectent la qualité, la coloration et le goût. Généralement, en fin de cycle du jaune canari les variétés ridées (région Larache) sont les plus recherchées. Leur commercialisation est facilitée par leur aspect ridé et leur gros calibre. Dès leur apparition sur le marché, le prix du melon lisse chute.

 

Choix variétal

Le développement considérable qu’a connu la culture du melon dans notre pays est le résultat de la mise en place de techniques performantes de conduite mais au progrès génétique. En effet, les sociétés semencières sont à l’écoute des attentes des agriculteurs et des essais sont menés constamment dans différentes régions du royaume et concernent les différentes périodes de production afin de trouver les réponses adéquates. L’objectif est de proposer une gamme de variétés pour que chaque producteur, selon ses exigences, trouve le matériel végétal adapté à sa propre région et à la période de production de son choix (précoce, saison, serre, plein champ, …). Génétiquement parlant, le melon est une espèce dotée d’un très grand potentiel de variabilité. De ce fait, les maisons grainières peuvent répondre à des attentes très diverses.

A noter que devant la grande diversité qui s’offre au producteur, le choix de la variété à cultiver doit se décider en fonction du marché de destination et de certains paramètres variétaux, notamment : la couleur et l’aspect de la robe, l’indice réfractométrique, la durée du cycle, les résistances aux maladies, la conservation, l’aptitude au transport et la résistance à la virescence.

Pour le type jaune canari par exemple, les caractéristiques recherchées par le marché sont la rusticité de la plante pour tenir le calibre, la rugosité et la fermeté de la peau du fruit (conservation) qui constituent un atout majeur pour une commercialisation vers des destinations éloignées. D’autres caractéristiques sont aussi recherchées telles la couleur jaune profond et des qualités gustatives exceptionnelles. Pour les producteurs de melon galia, l’un des aspects les plus recherchés est la rugosité et la fermeté de sa peau qui constituent un atout majeur pour une commercialisation vers des villes éloignées des zones de production (Oujda, …). Ainsi, pour les nouvelles variétés, même après pleine maturité (jaunissement), le fruit peut résister 10 jours et même plus après récolte, jusqu’à son arrivée chez le consommateur. Il s’agit d’un avantage de taille qui offre au producteur plus de flexibilité pour la commercialisation de sa production. Il est ainsi moins sensible à la pression des acheteurs et intermédiaires. Pour les producteurs, une bonne variété est également celle qui présente une flexibilité de la production avec un rendement étalé sur toute la période de production, un aspect extérieur homogène quelle que soit la vague de production (1re et 2ème), une bonne qualité organoleptique (arômes et brix élevé), et la même qualité dans toutes les régions. Concernant la plante, il faut signaler sa rusticité et l’équilibre de sa croissance, son taux élevé de nouaison, son bon rendement commercial et sa bonne tenue après récolte.

La recherche génétique cherche également à doter les variétés de plus de résistances et de qualités sur les plans du rendement, calibre, coloration, etc., et répondant mieux aux attentes des producteurs.

 

A noter que, pour assurer un bon rendement, un matériel génétique de haute valeur est certes nécessaire, mais d’autres facteurs contribuent également comme la qualité du sol et de l’eau, et la conduite culturale assurée par le producteur (irrigation, fertilisation, protection phytosanitaire, …). Ainsi, la fertilisation du melon par exemple doit être raisonnée, prenant en considération le fait que la croissance végétative, la formation des racines et des ramifications peuvent avoir lieu en même temps que la floraison, la nouaison, la fructification et le grossissement des fruits. Une mauvaise alimentation de la culture en eau et en éléments nutritifs risque ainsi de déséquilibrer la plante qui réagit, soit par une coulure de ses fleurs, soit par un avortement de ses fruits, soit par une autre anomalie de grossissement ou de maturation des fruits.

 

 

 

 

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