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Maraîchage : La culture du chou fleur au Maroc

Maraîchage : La culture du chou fleur au Maroc

La culture du Chou-fleur au Maroc

Abdelmoumen Guennouni

Le terme chou est un nom générique donné à plusieurs plantes potagères du genre Brassica parmi lesquelles le plus cultivé au Maroc est le chou fleur. La valeur nutritive des choux est très élevée. Ils sont riches en Vitamines A et C, thiamine, niacine et acide ascorbique, carotènes, sels minéraux (Ca, P, K, Fe), sucres et protéines. L’ensemble des choux contient des glucosinolates, substances soufrées qui donnent à ces légumes leur saveur particulière et dont la dégradation engendre une amertume spécifique non appréciée par certains et que des chercheurs étudient pour mettre au point des variétés prenant en compte les goûts des consommateurs.

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Le chou-fleur (Brassica oleracea var botritis), est une plante herbacée bisannuelle (cultivée comme annuelle) qui produit une ‘’pomme’’ ou ‘’tête’’, boule blanche tendre et compacte. Cette partie consommée est un organe pré-floral (inflorescence) qui, si on le laisse évoluer, continue sa croissance en hampes florales portant des groupements de fleurs jaunes ou blanches, typiques du genre Brassica, puis finalement les graines.

Exigences pédoclimatiques

Le chou fleur préfère un climat frais et humide, il est très sensible aux extrêmes et à la sécheresse. Peu exigent en qualité du sol, il est cultivé de préférence sur des sols bien pourvus en matière organique, légers en hiver et plus lourds en été et en automne. Le chou-fleur craint l’asphyxie et le sol doit être aéré. A partir du mois de Mars, les températures élevées (supérieures à 30°C) posent le problème d’évolution rapide des inflorescences.

Cycle de la culture

– Phase juvénile : le bourgeon terminal reste strictement végétatif.  La température idéale est de 25 °C. Des coups de froid de 6-7°C engendrent des plants borgnes qui ne donnent aucune production. Chez le chou fleur d’hiver, la phase juvénile dure 5-10 semaines. Pour les choux fleurs d’été et d’automne, leurs phases juvéniles sont de 5-8 semaines.

– Induction florale : cette phase est dépendante de 4 facteurs : le développement de la plante en phase juvénile, l’intensité du froid, la durée de températures basses et la régularité du froid.

– Pommaison : c’est la phase de formation et de croissance de la pomme. La vitesse de formation de la pomme dépend de la caractéristique variétale, la température et les techniques culturales.

– Floraison : se traduit par l’éclatement de la pomme et la montaison des hampes florales. Les boutons floraux s’épanouissent et les stigmates sont déjà réceptives 5 jours avant l’épanouissement de la fleur.

Zones de production et variétés

La culture de choux a la particularité de s’adapter à plusieurs zones de production au Maroc. On le trouve dans la zone du Souss et Doukkala mais les zones de Chaouia, Abda et le Gharb restent les zones les plus importantes en termes de superficie.

Les variétés cultivées aujourd’hui sont pour la plupart des variétés fixées ou variétés population multipliées par les agriculteurs. Cependant, des variétés hybrides F1 prennent de plus en plus d’importance.

D’après certains utilisateurs, les variétés hybrides offrent de nombreux avantages, notamment une augmentation du rendement, une amélioration de la qualité et une homogénéité des pommes. Cependant, pour exploiter pleinement leur potentiel, il faut assurer une conduite adéquate basée sur une irrigation au goutte à goutte, une fertilisation équilibrée adaptée à chaque stade, une protection phytosanitaire raisonnée.

Calendrier cultural                                                                                      

Culture Semis Plantation Récolte
d’été Fin mars – fin juin Fin mai – fin aout Juillet-décembre
d’automne-hiver 15 septembre-30 novembre 15 octobre-15 janvier Février-mai

Techniques culturales

Semis : la plupart du temps il est réalisé en pépinière, mais il peut être direct en utilisant des semoirs mécaniques. La température de germination varie entre 7-30°C. Faculté germinative : 5 à 6 ans. Les besoins en semences sont de 150 grammes environ par hectare (300 graines par gramme) avec 10% de pertes

Levée : 4 à 5 jours.

Plantation : elle se fait au stade 3-4 feuilles. La densité normale de plantation est de 3 plants/m2 (5×75 cm) et peut aller à un maximum de 40.000 pieds/ha (50×50 cm). A signaler que la préparation de plants en mottes dure 20 à 30 jours

Entretien : simple et se limite à des binages et à 1 ou 2 buttages.

Irrigation : il est conseillé d’arroser suffisamment et régulièrement en été. Les besoins hydriques varient de 300 à 400 mm en moyenne sachant que, en général, c’est pendant le dernier mois de culture que la plante absorbe 60 à 75 % de ses besoins en eau et en éléments nutritif

Fertilisation : Le chou-fleur a une courte période de croissance et doit avoir assez d’azote disponible dès le début de la culture. On conseille d’apporter 40 tonnes de fumier par hectare en été-automne (. Plus le sol sera riche en humus, plus il retiendra l’humidité, favorable à la croissance des chou-fleurs) et respectivement 150, 70, 180, 20 unités d’azote, phosphore, potassium et magnésium par hectare. L’apport de soufre est important (40 à 60 kg/ha) car il contribue fortement à l’acidification des sols basiques marocains. A signaler par ailleurs qu’un engrais vert représente un bon précédent pour la culture de chou fleur.

 Besoins en bore du chou-fleur

Le chou-fleur est l’une des cultures les plus exigeantes en bore, oligo-élément indispensable à son développement. Le manque en bore peut provoquer le brunissement des pommes (cœur brun) et un ralentissement de la croissance et des pertes économiques importantes. Les symptômes sont généralement interne et donc non visible de l’extérieur.

Le cœur brun est souvent associé à une période de sécheresse. Ainsi, après les difficultés de fonctionnement racinaire par temps sec, avec le retour des précipitations, la plante se remet à croître rapidement, et c’est alors que les besoins en bore ne peuvent être comblés pour assurer la formation des tissus. Une sur-fertilisation en azote accentue les risques de carences en provoquant des poussées de croissance.

Les sols à texture grossière ou sablonneuse sont aussi plus sujets à un lessivage du bore lors de précipitations importantes. Les concentrations au niveau du sol deviennent alors insuffisantes pour suffire aux besoins de la culture. En fin, le bore devient moins assimilable lorsque le pH du sol est supérieur à 7, accentuant ainsi les risques de carence.

Afin de prévenir l’apparition et l’évolution de carence en bore, quelques pratiques sont appliquées :

  1. Fertiliser en bore les transplants en serre.
  2. Ajouter du bore dans l’engrais de départ lors de la plantation.
  3. Maintenir une croissance constante et favoriser l’absorption du bore par un approvisionnement régulier en eau.
  4. Assurer une fertilisation équilibrée en évitant une surfertilisation azotée.
  5. Choisir un cultivar moins sensible au cœur brun.
  6. Pulvériser un produit à base de bore lorsque les conditions sont favorables au développement de carences.

Lutte phytosanitaire

Principaux ennemis

Noctuelles, piéride du chou, teigne de crucifères, cécidomyie, puceron cendré de chou, thrips. La lutte contre ces ennemis repose sur les méthodes classiques de lutte agronomique et chimique aux produits autorisés. La lutte biologique aussi donne de bons résultats et peut être associée aux autres méthodes pour contrôler ces ravageurs.

Principales maladies

La hernie de chou, maladie du sol favorisée par un sol acide d’un pH de 5,5 à 6 (l’apport d’un amendement calcaire est conseillé pour obtenir un pH neutre), pythium, alternaria, botrytis, rouille blanche de crucifères, mildiou, … La lutte chimique contre ces maladies se fait avec de nombreux fongicides courants disponibles sur le marché. A signaler que les variétés hybrides actuellement sur le marché sont résistantes à certaines de ces maladies

Récolte

La récolte est manuelle et s’étale sur une période de 20 à 30 jours en 3 à 5 cueillettes.  La maturité du chou-fleur est basée sur la taille et la compacité de la pomme (tête). Les pommes mûres ont un diamètre d’au moins 15 cm. Les produits sont récoltés, nettoyés sur le terrain des feuilles externes endommagées et sont emballés dans des cartons ou caisses, sans avoir besoin d’une station d’emballage. Les inflorescences doivent être protégées contre les hautes températures par les feuilles externes, sinon elles perdent leur qualité (couleur et fermeté).

Conditions de conservation

Le chou fleur est conservé à 0°C et à 95-98% d’humidité relative. Juste après la récolte, on procède à un refroidissement rapide par hydrocooling. Il est généralement recommandé que le stockage du chou-fleur ne dépasse pas les trois semaines pour garder une bonne qualité visuelle et sensorielle.

La famille des Brassicacées, anciennement nommées Crucifères, est une importante famille de dicotylédones. Elle comprend essentiellement des plantes herbacées parmi lesquelles on retrouve des plantes (choux, navet, radis, colza, moutarde, raifort, cresson…) cultivées pour l’alimentation, la production d’huile ou comme plantes d’ornement.

Brassica est le genre typique de la famille. Il comprend une cinquantaine d’espèces, dont certaines sont cultivées, pour leurs feuilles, leurs pétioles, leurs bourgeons, leur fleurs, leurs racines ou leurs graines comme légumes, plantes condimentaires, oléagineuses, médicinales. Certaines espèces sont également utilisées comme engrais vert ou comme plantes ornementales. Ce sont souvent des plantes mellifères. Certaines sont des mauvaises herbes redoutées.

L’espèce Brassica oleracea (choux) est composée de variétés ou formes très différentes :

– chou cabus, ou chou pommé

– chou blanc, chou rouge,

– chou de Bruxelles

– chou rave

– chou brocoli

– chou palmier

– chou d’ornement

– chou fourrager

– etc.

En un peu plus d’un quart de siècle (27 ans) la culture de chou fleur et brocoli a augmenté, avec des hauts et des bas, de façon considérable. En effet la production a été multipliée par 35 alors que les superficies n’ont cru que de 18 fois. Ceci est du à une augmentation significative de la productivité puisque le rendement par hectare est passé de 15 à 29 t soit près du double.

 

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