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Arboriculture : Taille du pommier

Arboriculture : Taille du pommier

Pommier

La taille de production pour une meilleure gestion du rendement

Kodad Ossama. Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès.

Email : osama.kodad@yahoo.es

Au Maroc, le pommier (Malus domestica) occupe actuellement une superficie d’environ 30.000 ha et se place au 2ème rang des rosacées après l’amandier. Les vergers commerciaux ont été développés en zones de montagne où les conditions climatiques sont favorables au développement et à la fructification de cette espèce. L’introduction de nouvelles variétés ayant des besoins en froid moyens, a permis la plantation de cette espèce dans la plaine.

Le pommier est l’une des espèces fruitières ayant une importance économique incontestable. Actuellement, le secteur fournit une production de près de 600.000 tonnes, soit l’équivalent d’un rendement moyen de 20 t/ha. Selon le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime le volume de production de pomme est passé de 383.000 (moyenne de 2003-08) à 490.000 tonnes (moyenne de 2008-13). Cet accroissement est atteint grâce à l’augmentation des superficies plantées, à l’intensification des plantations et à l’adoption d’un calendrier cultural plus ou moins adapté à cette espèce.

Chez l’ensemble des espèces fruitières la production dépend de plusieurs facteurs liés essentiellement au mode de conduite du verger. Plusieurs modes de conduite existent chez le pommier en fonction de la vigueur de la variété, du porte-greffe et des supports de fructification caractérisant l’espèce. Après le choix du mode de conduite de la plante (gobelet, axe centrale etc…), l’arboriculteur doit réaliser des interventions pour orienter la croissance de la plante durant les premières années (taille de formation) et ultérieurement contrôler cette croissance végétative et favoriser la fructification et la production de fruits.

La taille des arbres fruitiers est une technique d’arboriculture fruitière consistant à tailler les branches et rameaux des arbres pour leur donner une forme particulière permettant d’améliorer leur fructification en optimisant leur exposition à la lumière, etc. En effet, l’évolution naturelle d’un arbre fruitier conduit bien souvent au développement d’une structure très ramifiée au détriment de la fructification : les fruits sont de moins en moins nombreux et de plus en plus petits. Après une taille de formation, l’arbre dispose d’une ramification plus aérée limitant la vulnérabilité aux maladies cryptogamiques et facilitant la photosynthèse qui aboutira à de beaux et gros fruits. En plus, la taille de l’arbre permet d’avoir une production régulière d’une année à l’autre et en quantité commercialement acceptable.

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Photo 1 : Taille de nettoyage et d’entretien de l’arbre

Photo 2 : Taille en trigemme chez le pommier

Photo 3 : Taille longue avec l’arcure de la branche

Photo 4 : Branche fruitière bien structurée

Photo 5 : Extinction des coursonnes chez les variétés très productives

Port et supports de fructification chez le pommier

La classification du port de l’arbre chez le pommier proposée par Lespinasse (1970) a pris en compte les différentes formes de port et les a classées selon quatre types qu’il est important de connaître avant de tenter de structurer l’arbre ou lorsqu’on crée un verger afin de choisir les variétés adaptées à l’espace disponible et la taille à réaliser. (voir encadré)

Type I : Spur (petite branche fine et courte, partant d’une branche charpentière, et qui porte de nombreux boutons à fleurs) vigoureux, la tige centrale n’est pas dominante. Les branches fructifères sont coniques et présentent une forte tendance à repercer sur leur partie basale. Les coursonnes (branches taillées a 3 ou 4 nœuds pour que la sève s’y concentre) sont situées sur des parties de rameaux âgés de deux ans, avec production sur rameaux agés et pas de brindilles couronnées. Variétés : ‘Red Delicious’, ‘Early gold’.

Type II : Spur faible. L’insertion des branches fruitières sur l’axe est très solide et les angles des ramifications sont ouverts. La majorité des coursonnes sont situées sur des parties de rameaux âgés de deux à quatre ans. La zone de mise à fruit suit les parties de rameaux âgés de 2 à 5 ans. Variétés : ‘McIntosh’, ‘Spartan’, ‘Idared’, ‘Reine des reinettes’.

Type III : Intermédiaire. Les coursonnes sont situées principalement sur de jeunes rameaux âgés de 1 à 3 ans. La zone de mise à fruit s’éloigne rapidement du centre de l’arbre. Variétés : ‘Jonathan’, ‘Golden Delicious’, ‘Gala’, ‘Jonagold’.

Type IV : Port pleureur. La majorité des coursonnes sont situées sur des rameaux âgés de 1 à 2 ans, en position terminale. La ramification est faible sur les deux tiers inférieurs de la branche charpentière de port dressé. Ces variétés repercent difficilement sur la partie inferieure de leurs branches charpentières. Variétés : ‘Granny Smith’, ‘Reinette du Mans’, ‘Cortland’, ‘Rome Beauty’.

Quant aux supports de fructification on distingue les structures suivantes :

– Le dard : C’est un rameau court, de 1 à 3 cm, terminé par un petit œil conique, il porte cinq à huit feuilles durant la période végétative. Dans la majorité des cas, le dard se transforme en bourgeon à fruit après 2 ans.

– La brindille : C’est un petit rameau flexible atteignant à peine 20-25cm de longueur. Elle porte à son extrémité un œil à bois (brindille simple) ou un bourgeon floral (brindille couronnée).

– La lambourde : Ressemble au dard mais elle porte à son extrémité un bourgeon floral.

– La bourse: Après la récolte, la zone d’insertion des fruits enfle en une masse charnue dénommée bourse. Cet organe se maintien sur l’arbre et peut porter des dards, des brindilles.

La connaissance de ces notions basiques de l’arbre par les producteurs est la première étape pour comprendre et maitriser la taille de fructification et du renouvellement de la frondaison. L’objectif de l’arboriculteur est d’augmenter le nombre des dards et des brindilles simples qui vont se développer en différents types de supports de fructification mentionnés ci-dessus.

Principes de la taille de fructification

Cette taille à pour objectif principal est le développement des organes qui vont donner les fruits et d’assurer une fructification régulière. Donc, pour réussir cette opération il est indispensable de favoriser les pousses à fruits et supprimer une partie des pousses à bois, d’achever et conserver la forme souhaitée. Pour réussir cette taille, il est indispensable de réaliser les opérations suivantes à priori (photo 1):

  1. Supprimer les rameaux indésirables en respectant le bourrelet cicatriciel
  2. Prélever les branches cassées ou anciennes coupes mal réalisées
  3. Supprimer les branches malades ou mortes sans entamer le bois sain

Période de la taille de fructification

Le pommier est une espèce à feuillage caduque qui entre en dormance après la chute des feuilles, période durant laquelle la plante est en arrêt de croissance. De ce fait, la taille peut être réalisée après la chute des feuilles en automne et en début d’hiver. Cependant, il est essentiel d’exécuter la taille avant le débourrement des bourgeons lorsque les températures de la nuit n’atteignent plus le point de congélation. Au niveau des zones avec des risques de gelées précoces, il est préconisé de retarder la taille pour éviter les problèmes liés à la cicatrisation des plaies à cause des gelées. Avant de commencer cette opération il est indispensable de faire le choix d’outils appropriés et d’un équipement de sécurité adéquat en fonction du type de travaux à exécuter. Aussi, il est recommandé de bien désinfecter les outils après chaque coupe avec de l’eau de javel ou bien avec de l’alcool dilué avec de l’eau pour ne pas favoriser le transport de pathogènes, notamment le feu bactérien.

Mode opératoire de la taille de fructification chez le pommier

La taille de fructification en trigemme et ses variantes était la plus répondue chez le pommier (Photo 2). Cette taille a pour objectif de provoquer, à partir des yeux latéraux, la formation d’organes de fructification. Le principe consiste en la réalisation des tailles  à trois yeux viables de chaque pousse (Photo 2). Dans ce cas, le bourgeon du bout va recevoir plus de sève et il va évoluer en bourgeon à bois (pincé en cours de végétation pour doser la sève et la renvoyer sur les productions inférieures). Quant au bourgeon du centre, il est modérément alimenté et il va évoluer en dard puis l’année suivante, en bourgeon à fruit. Pour le bois du bourgeon de la base, il est peu alimenté et il va évoluer soit en dard ou reste latent. Cette forme de taille ne respecte pas la croissance naturelle de la branche fruitière et le développement des organes fructifères de l’arbre. Dans ce cas, la production est toujours faible et l’arbre n’atteint pas son potentiel de production et se fatigue rapidement à cause du stress causé par les coupes de taille. Au Maroc, malheureusement, cette taille continue à être pratiquée par les producteurs, donnant lieu à de faibles productions.

Actuellement, il est recommandé de réaliser la taille longue tout en respectant la croissance naturelle de l’arbre et de la branche fruitière qui se régénèrent de l’intérieur et régressent dans les parties basses extérieures. Chez les types II et III, les plus cultivés chez le pommier, la branche de 1 an montre un fort développement végétatif et ne portera des fruits que un à deux ans plus tard. Apres l’arcure artificielle ou bien naturelle après la première production, la branche présente un développement végétatif modéré et porte des fruits homogènes sur le bois de deux à trois ans, de bonne qualité et de coloration optimale. Apres 4 à 5 ans la branche présentera une croissance végétative réduite et portera des fruits de qualité médiocre. Donc, il est impératif de laisser la branche de l’année continuer sa croissance, produire des dards, des brindilles simples, des rameaux de l’année et par la suite les organes de fructification.

La conduite de la branche fruitière longue (photo 3) est obtenue en suivant les étapes suivantes :

– Les réitérations sur l’arcure sont supprimées pour maintenir une croissance homogène de la branche (photo 4). Cette opération est réalisée une fois que ces croissances apparaissent en hiver et en été.

– Arquer le rameau pour réduire la croissance végétative et induire la production des organes de fructification.

– La branche fruitière une fois établie (4 éme année) est simplifiée et les coursonnes sont éclaircies.

– En cas de surproduction ou dans le cas des variétés alternantes, l’élimination des boutons floraux à la taille (photo 5), améliore la régularité de production par l’extinction des coursonnes excédentaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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