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La Race Sardi

La Race Sardi

Locomotive de l’élevage ovin marocain


La première édition du Salon National Professionnel de l’Elevage (SNPE) dédiée à la race ovine Sardi s’est tenue à Settat du 25 au 28 mars 2017 sous le thème « le Sardi, une fierté nationale ». Organisée pour la première fois au Maroc et en Afrique du Nord, elle a enregistré une grande affluence des visiteurs essentiellement éleveurs de la région venus à la découverte du salon et pour s’informer sur les différents aspects concernant cet élevage (sélection, alimentation, nouveautés techniques, échange d’expériences et de savoir-faire, etc.). Etaient présents aussi tous les acteurs du secteur de la viande rouge.

En effet, le Sardi, race la plus réputée de l’élevage ovin au Maroc et mondialement reconnue, méritait la tenue d’une telle manifestation qui avait pour but la promotion de cet élevage et la valorisation d’un patrimoine génétique historiquement et socialement hautement apprécié par les éleveurs et les consommateurs. L’occasion de l’Aïd Adha, des fêtes familiales et autres occasions connaissent une très forte demande de ce mouton dont l’aspect extérieur et les qualités de viande font la réputation. Les organisateurs ont annoncé la participation de 290 exposants et un nombre de visiteurs estimé à 540.000. Quand aux troupeaux exposés 450 têtes ont été exhibées dont 400 de Sardi et 50 d’autres races marocaines ou importées.

Au vu des différentes participations, les organisateurs ont exprimé leur pleine satisfaction pour la réalisation des objectifs qui ont été tracés initialement pour le salon.

Settat, capitale régionale, en fête

Le choix de la ville de Settat n’est pas fortuit, puisqu’elle se trouve au centre de la plus grande région où cet élevage, premier producteur national de viandes rouges, est le plus pratiqué, càd Chaouia, Sraghna, Rhamna et Béni Meskine. De même ont été pris en considération la facilité d’accès pour les visiteurs, la proximité du centre ville, le raccordement aux réseaux d’eau et électricité, etc. De même le choix de la période de tenue du salon a été bien réflechie pour répondre au mieux aux contraintes liées aux élevages. Actuellement l’association est en train d’étudier la possibilité de construction d’un salon permanent afin d’en profiter toute l’année.

Les organisateurs du salon estiment que «le potentiel de la race Sardi devrait ouvrir de nouveaux débouchés tant sur le plan génétique que sur celui de la qualité de la viande».

Le salon, visant à valoriser le patrimoine génétique de la race Sardi, s’est tenus sur un espace d’exposition de 60.000 m2 dont 15.000 couverts. Il était divisé en 6 pôles : un espace dédié à l’exposition des animaux et cinq pôles réservés aux autres activités liées à l’élevage.

– Il s’agit d’un espace économique dédié aux entreprises exposant les dernières innovations techniques et technologiques en matière de conduite et de mécanisation des activités d’élevage,

– d’un autre à usage multiple destiné aux différents intervenants institutionnels (ministères, établissements publics et semi-publics à vocation stratégique, scientifique, économique, sociale et politique),

– d’un espace d’échanges et de réflexion thématique,

– d’un pôle produits du terroir, et

– d’un espace d’animation.

Parmi les institutionnels, le salon a connu également la participation de l’Association des éleveurs ovins et caprins, l’Association des fabricants des aliments composés, la Société de produits vétérinaires ainsi que d’autres intervenants comme le Crédit Agricole, l’OCP, l’ONCA et l’ONSSA, l’IAV, etc.

De même, cette première édition était riche en activités et a revêtu également une indéniable dimension scientifique et pédagogique dont témoignent les différents ateliers et conférences thématiques tels que : présentations animales, concours innovations techniques, rencontres d’affaires, animations professionnelles au cœur de l’actualité agricole et qui constitueront de véritables moments forts. Ainsi, huit séminaires ont été organisés et ont profité à plus de 1.000 participants et au cours desquels tous les sujets relatifs à la conduite de cette race ont été discutés. On y a assisté aussi à l’organisation d’un concours national de la race Sardi pour la 1ère fois au Maroc, destiné à récompenser les éleveurs et les encourager dans leur activité. Ainsi 12 éleveurs encadrés par l’ANOC et 12 éleveurs agréés ont été primés.

Avant la clôture du salon une table ronde a été organisée pour aborder la question de la commercialisation et la valorisation de la race Sardi, avec la participation 150 professionnels.

 

Le Sardi et les viandes rouges

La race Sardi occupe une place socio-économique très spéciale dans le monde rural en général et dans les productions agricoles en particulier, indique Dr Asri Abderrahim, président du salon. En effet, de grande taille, à queue fine, des cornes bien enroulées et de couleur blanche, le Sardi a des tâches noires typiques autour des yeux, du museau, des oreilles et à l’extrémité des pattes. Le mâle peut peser de 70 à 100 kg et sa taille adulte peut atteindre 80 à 90 cm.

Dr Asri ajoute que la filière Sardi a connu un développement remarquable durant les deux dernières décennies tant par les effectifs que par la qualité de production. Très bien adapté aux pauvres parcours des plateaux de l’Ouest du Maroc, le mouton Sardi, en élevage de race pure, représente 2,150 millions de têtes, en plus de 2 à 3 millions en croisement avec d’autres races soit, en tout, entre 22 et 28% sur les 18,5 millions de têtes d’ovins élevés au Maroc en 2015. Ce cheptel national est caractérisé par une grande diversité de races bien adaptées aux conditions de leurs milieux respectifs, dont 40% de races pures locales.

Le cheptel ovin assure une production de viandes d’environ 130.000 tonnes par an, soit 25% de la production totale de viandes rouges. Il assure 45% de l’approvisionnement du pays en viande ovine soit 250.000 t/an. Parmi cette offre, le Sardi fournit près de la moitié des moutons pour le sacrifice de l’Aid Al- Adha (environ 4,5 millions de têtes sacrifiées à cette occasion) en plus des matières premières pour l’artisanat et l’industrie textile : 17.000 tonnes de laine et environ 24.000 tonnes de cuir par an.

Le nombre d’exploitants pratiquant l’élevage ovin s’élève à près de 800.000 éleveurs répartis dans toutes les régions et provinces du Royaume, à des proportions variables selon les régions. On distingue quatre zones dites à «vocation ovine » qui comptent les 2/3 de l’effectif total, et qui sont : Le plateau central (Chaouia – Rhamna –Abda, 19%), le plateau de l’Oriental (Oujda – Figuig – Taza – Jerrada, 17,2%), le Moyen Atlas (17,5%), le Haut Atlas (12%), en plus de 10,5% au Rif et 23,8% pour le reste des zones.

De ce fait, l’élevage du Sardi occupe une place importante dans la politique de développement de la filière viande rouge dans le cadre du Plan Maroc Vert et contribue à générer des revenus constants pour la population d’une large partie du pays à climat aride ou semi aride.

 

Deux contrats programmes 2009-2020

Dans la production de viandes rouges, les races du cheptel marocain sont organisées comme suit :

Bovins : Oulmès Zaer, Brune de l’Atlas, Santa Gertrudis, Races importées (laitières, à viande) ;
Ovins : Timahdit, Sardi, Beni Guil, Boujaâd, D’man, Béni Hsen, Races de l’Atlas ;
Caprins : Races de montagne et des plateaux

Afin d’assurer le développement de la filière, un premier Contrat-Programme a été signé entre le gouvernement et la fédération Interprofessionnelle des Viandes Rouges (FIVIAR) pour la période 2009-2014. Les objectifs fixés ont été réalisés avec une production de 490.000 tonnes. Un deuxième Contrat-Programme a été conclu pour la période 2014-2020 afin d’assurer la continuité du développement de la filière autour de l’amont et de l’aval.

Cependant, le circuit de commercialisation et de mise en valeur des produits et sous-produits du Sardi laisse présager un manque à gagner en termes de valeurs ajoutées. L’organisation du salon dédié au Sardi vise à promouvoir davantage ce patrimoine génétique unique et surtout pour améliorer  le système de commercialisation et de transformation.

 

Pour les organisateurs et les participants, ce salon a été l’occasion de primer les meilleurs éleveurs de la race et de créer par conséquent une dynamique dans l’amélioration de la production des viandes en milieure sylvo-pastoral typique pour cett race. Il a aussi été l’occasion pour les éleveurs cadres, encadrants et administration de réflxions sur les nouveaux débouchés de cette race très précieuse pour l’export.

 

Rendez-vous est pris pour la deuxième édition l’année prochaine.

 

Objectifs de développement de la filière pour 2020

 

1-Filière bovine

– Augmentation de l’offre en volume et amélioration de la qualité : 310 000 T soit 9 kg/an/habitant à l’horizon 2020.
– Meilleure accessibilité (prix, distribution) élargie aux consommateurs marocains

2-Filière ovine

– Faible augmentation de l’offre en volume et amélioration de la qualité pour les consommateurs : 200.000T soit 5kg/an/hab à l’horizon 2020.
– Augmentation des revenus des éleveurs (× 2-3)

 

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