BLÉ DUR : SOIGNER LE SEMIS POUR UNE BONNE IMPLANTATION DE LA CULTURE

BLÉ DUR : SOIGNER LE SEMIS POUR UNE BONNE IMPLANTATION DE LA CULTURE

Retour sur un des éléments-clés de la réussite de cette culture : l’implantation.

Positionner les semis à la bonne date

Comme en blé tendre, le choix de la date de semis du blé dur devrait permettre de minimiser les risques de gel pendant la montaison et les risques d’échaudage.

Les variétés de blé dur cultivées sont toutes alternatives. Leur développement est essentiellement lié à la température ; il n’y a pas – ou très peu – de frein lié à la durée du jour contrairement au blé tendre. Cela se traduit par des développements très rapides si l’automne et l’hiver sont doux, ou, à l’inverse, une croissance ralentie en hiver froid. De manière générale, le blé dur est plutôt précoce à la faveur des températures douces, ce qui l’expose plus fortement aux risques de gel printanier. Il est donc important de ne pas le semer trop tôt, surtout lorsque la variété est notée précoce à montaison.

Attention, au-delà de l’optimum de date, il est important que le semis soit fait dans de bonnes conditions afin de permettre une implantation rapide et de qualité.

Evaluer la densité de semis

RECHERCHER UN NOMBRE D’ÉPIS SUFFISANT SANS RISQUER LA VERSE

Le blé dur est plus fortement pénalisé que le blé tendre par des défauts de peuplement ou par une sécheresse montaison. Mais les excès de densité souvent observés sont aussi très préjudiciables : ils augmentent les risques de maladies et de verse, qui induisent une forte baisse de la qualité (fusariose, moucheture). Un excès de végétation augmente également la sensibilité à la sécheresse en fin de cycle.

NI TROP DENSE, NI TROP CLAIR

Le coefficient de tallage épis est plus fortement pénalisé en semis tardif que pour un blé tendre. Il convient donc d’augmenter les peuplements en plantes de l’ordre de 15 % par rapport aux blés tendres en semis tardifs. En sols de limons argileux, on cherchera à obtenir un peuplement de sortie d’hiver de 220 à 250 pieds/m² pour un semis réalisé avant le 25 octobre, et d’environ 300 pieds/m² pour un semis réalisé après le 5 novembre.

Les derniers essais régionaux confirment qu’en sol de limon, pour un semis fin octobre, les densités optimales se situent entre 170 et 220 plantes/m² en sortie d’hiver.

Des densités comprises entre 200 et 300 gr/m² permettent les meilleurs rendements. C’est le type de sol, la date et les conditions de semis qui déterminent la densité de semis optimale.

Nombre de grains/m2 à semer selon la date de semis et le type de sol

Désherbage : vigilance sur la sélectivité

Rattaché au blé tendre, selon le catalogue des usages, tous les herbicides « blé » sont potentiellement utilisables sur blé dur. De nombreux essais de sensibilité variétale et de sélectivité ont déjà été mis en place.

Le blé dur est globalement plus sensible que le blé tendre à toutes les spécialités de désherbages : il est donc nécessaire de s’assurer de la faisabilité d’un produit ou d’une association avant de les mettre en œuvre.

A la vue du panel de solutions très restreint en blé dur, il est déconseillé de l’installer dans une parcelle à fort risque d’enherbement en graminées.

Afin de limiter les risques de phytotoxicité, il faut, comme en blé tendre, soigner la qualité du semis (sol non motteux, grains bien enterrés…) et les conditions d’application (éviter les abats d’eau après l’application).

Cependant, la culture du blé dur permet des semis généralement plus tardifs, un décalage favorable à la diminution significative de la pression en graminées dans les parcelles.

Source : Edouard BARANGER, Delphine BOUTTET, Mathilde LEJARDS, Agnès TREGUIER (ARVALIS – Institut du végétal)