DÉCOMPACTION STRUCTURE DU SOL : LES ACTIONS À SUIVRE POUR CORRIGER UN TASSEMENT

DÉCOMPACTION STRUCTURE DU SOL : LES ACTIONS À SUIVRE POUR CORRIGER UN TASSEMENT
DÉCOMPACTION

STRUCTURE DU SOL : LES ACTIONS À SUIVRE POUR CORRIGER UN TASSEMENT

Les implantations de l’automne et de l’hiver derniers ont été souvent réalisées dans des conditions humides et ont pu dégrader la structure du sol. S’il y a effectivement des tassements, et pour éviter de pénaliser la prochaine culture, il peut être utile de mettre en place des actions correctives à l’interculture. L’action régénératrice du climat et de l’activité biologique est variable selon le type de sols et prend généralement plusieurs années. Un travail du sol peut alors s’imposer.

Avant toute action corrective, un bon diagnostic de la situation est indispensable pour évaluer l’ampleur des tassements (voir article « Quatre méthodes pour diagnostiquer l’état structural du sol  »). Attention toutefois, l’interprétation peut être difficile lorsque le sol est très sec.

Si l’observation montre que l’état structural est favorable, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de zones compactes ou tassées, aucune restructuration n’est nécessaire. Par contre, si l’observation met en évidence la présence de tassements, trois critères sont à prendre en compte pour définir les actions correctives à prévoir :
– l’exigence de la culture à venir vis-à-vis de l’état structural du sol, 
– l’intensité du tassement, 
– la profondeur concernée par le tassement.

Si les deux premiers critères déterminent le besoin de restructurer le sol (tableau 1), le troisième oriente le choix de l’outil à utiliser et la profondeur de travail (tableau 2).

Les cultures sensibles au tassement nécessitent une restructuration dès lors qu’un tassement est visible, même si la régénération naturelle a commencé. Par contre, pour les cultures peu sensibles, telles que le blé, la régénération du sol n’est nécessaire que si le tassement est sévère et le sol hydromorphe (tableau 1).

Tableau 1 : Nécessité de régénération en fonction de l’intensité du tassement et de la sensibilité des cultures

Tableau 2 : Type de travail à prévoir et les outils à utiliser selon la profondeur concernée par le tassement

Afin de conserver de l’humidité dans le sol pour la culture ou le couvert à suivre, il vaut mieux privilégier un outil qui bouleverse le moins possible et qui permet de refermer tout de suite le travail. Pour tous les outils à dents, la pointe de la dent doit passer 5 à 10 cm en dessous de la couche tassée pour que celle-ci puisse être fissurée sur toute la surface. Sinon, des zones tassées vont persister entre les dents, comme sur la photo ci-dessous.


Si la dent du décompacteur ne passe pas sous la zone compactée, il reste des blocs compacts.

Intervenir sur un sol friable avec un décompacteur

Si le labour peut se faire dans une gamme d’humidité du sol assez large, ce n’est pas le cas du décompactage. Ce dernier doit impérativement être fait quand le sol est friable.

Astuce pour repérer un sol friable, prendre une motte dans les mains et exercer une pression entre les doigts :
– si elle s’émiette sans coller (ou peu, pour les sols argileux) et donne de la terre fine, le sol est friable et le décompactage peut avoir lieu ;
– si elle s’émiette en collant et en formant des boulettes ou se déforme, le sol est trop humide et le risque de faire des lissages ou des mottes est élevé ;
– si elle est difficile à briser et donne peu de terre fine, le sol est trop sec, le décompactage ne sera pas efficace.

Attention, l’observation de l’état de surface n’est pas suffisante. Il faut s’assurer que le sol est friable sur l’ensemble de l’épaisseur travaillée.

Enfin, une fois que le travail du sol a permis de régénérer de la porosité, il est important de pérenniser celle-ci et d’éviter que les pluies entrainent la terre fine en profondeur ou que le sol se reprenne en masse pendant l’hiver. Le meilleur outil pour cela est la colonisation racinaire du sol, le plus rapidement possible, par un couvert ou une culture. Dans certains cas, il est même possible de décompacter dans un couvert en place à condition qu’il s’agisse d’une espèce peu sensible à l’écrasement (graminée d’hiver par exemple) et d’enlever le rouleau du décompacteur.

Source :Pascale METAIS – Thibaud DESCHAMPS 
(ARVALIS – Institut du végétal)