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Rapport du GIEC sur les sols et le changement climatique : l’agriculture remise en cause

Rapport du GIEC sur les sols et le changement climatique : l’agriculture remise en cause

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Rapport du GIEC sur les sols et le changement climatique : l’agriculture remise en cause

Le Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et la terre vient d’être publié par le GIEC. Celui-ci réaffirme l’étroite relation entre notre agriculture, l’état des sols, la sécurité alimentaire et les émissions de gaz à effet de serre. Si l’urgence est devenue actuelle, la gestion durable des sols est un objectif tout à fait réalisable mais qui implique une profonde remise en question de notre régime alimentaire et de nos systèmes de production.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient de rendre public son « rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des sols, la sécurité alimentaire, et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres » (Climate Change and Land, an IPCC special report on climate change, desertification, land degradation, sustainable land management, food security, and greenhouse gas fluxes in terrestrial ecosystems(SRCCL)).

Le Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et la terre (SRCCL), qui fait référence et consensus, a été rédigé par 107 scientifiques de 52 pays du monde entier. 53 % des auteurs sont originaires de pays moins développés, ce qui en fait le premier rapport du GIEC à compter une majorité d’auteurs originaires de pays moins développés.
Plus de 7 000 articles sont évalués dans le rapport qui a reçu un total de 28 275 commentaires de la part d’examinateurs experts et de gouvernements. Il a été approuvé le 7 août par 195 gouvernements.

L’urgence écologique n’est plus pour dans 10 ans, 20 ans ou 30 ans, elle est actuelle et édifiante comme en témoignent les multiples conséquences du réchauffement climatique mais aussi la sixième extinction massive de la biodiversité, sans oublier les innombrables pollutions – de tous les milieux -, accumulations de déchets…

Ce rapport spécial du GIEC s’intéresse aux terres de notre planète. Celles-ci subissent une pression insoutenable : déforestation, agriculture industrielle, élevage, épuisement des sols, extermination du vivant à un rythme effréné… Or, le bien-être des sols de notre planète est une condition incontournable pour la prospérité de nos écosystèmes et donc de la civilisation humaine. En outre, la gestion des terres peut tant être un accélérateur de la crise climatique qu’une solution face à cette dernière.

« Ce rapport est bienvenu car il nous alerte sur une menace mondiale qui est la dégradation des sols. Les sols sont l’épiderme de la Terre. Ils sont au centre des grands enjeux mondiaux que sont la sécurité alimentaire, la désertification, et le changement climatique. Ce sont les sols qui sont à la base de plus de 95% de notre alimentation. Ce sont eux qui filtrent nos eaux et qui contribuent à réguler et à atténuer le changement climatique. Ils sont aussi un immense réservoir de biodiversité. En dégradant nos sols, nous mettons en péril l’équilibre de la planète. Ils doivent être protégés et considérés comme une ressource naturelle indispensable à la vie, au même titre que l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons. Ils restent malheureusement les grands absents de la prise conscience de la nécessité de protéger les ressources de la planète. » indique Dominique Arrouays, Ingénieur des techniques agricoles de l’École nationale d’ingénieurs des travaux agricoles de Bordeaux. Docteur en agronomie, École nationale supérieure agronomique de Montpellier.

Les principales conclusions du Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et la terre (SRCCL)

  • Les impacts climatiques sur les terres sont déjà graves. Les vagues de chaleur et les sécheresses sont devenues plus longues, plus fréquentes et plus intenses dans certaines régions, et la sécurité alimentaire a déjà été compromise par l’impact des changements climatiques sur entre autres les rendements agricoles et la production animale.
  • Une augmentation de 2˚C du réchauffement climatique fait peser la menace d’une crise alimentaire, en particulier dans les régions tropicales et subtropicales. L’élévation du niveau de la mer et l’intensification des cyclones devraient mettre en danger les vies et les moyens d’existence dans les zones aujourd’hui déjà sujettes aux cyclones. Le réchauffement a déjà créé un risque d’incendie de forêt, et les feux de forêt devraient devenir un risque élevé à 1,5˚C de réchauffement.
  • L’agriculture, la production alimentaire et la déforestation sont des moteurs importants du changement climatique et produisent environ 23 % des émissions de GES d’origine humaine.
  • Contrairement au secteur des énergies fossiles, l’agriculture durable pourrait faire partie de la solution au réchauffement de la planète, en stockant le carbone de l’atmosphère dans les terres agricoles. Mais il faut agir maintenant car la fenêtre d’action se referme rapidement : la capacité des sols à remplir cette fonction diminue à mesure que les températures augmentent.
  • Des progrès rapides vers une transformation profonde de l’agriculture, de la foresterie et de l’utilisation des terres sont nécessaires pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Cette transformation doit être bien engagée d’ici 2040.
  • Il existe de nombreuses solutions gagnant-gagnant dans l’occupation du sol, en particulier dans l’agriculture et la sylviculture, mais certaines solutions terrestres au réchauffement climatique telles que les BECCS (bioénergie avec capture et séquestration du carbone) peuvent forcer des compromis avec la production alimentaire si elles ne sont pas appliquées de manière réfléchie ou si elles sont adoptées à une échelle inappropriée.

Alors qu’un régime alimentaire végétarien est le le geste éco-citoyen le plus efficacepour diminuer, à titre individuel, nos émissions de gaz à effet de serre, le rapport spécial du GIEC souligne que l’agriculture est un facteur importants du changement climatique. Et pour cause : la déforestation et la production alimentaire sont souvent liées, car les forêts sont défrichées pour l’agriculture et principalement l’élevage. En effet, 80% de la déforestation est générée par l’agriculture. L’élevage industriel & la culture du soja pour l’alimentation animale comptent parmi les principaux vecteurs de cette déforestation.

Ainsi, le système alimentaire mondial contribue jusqu’à 30 % aux émissions mondiales totales de gaz à effet de serre (2007-2016), principalement par l’élevage du bétail et d’autres ruminants, la culture du riz et l’épandage d’engrais.

En outre, plus d’un quart de la nourriture est gaspillée ou perdue, ce qui produit des émissions de gaz à effet de serre – comme le méthane – lors de la décomposition. La lutte contre le gaspillage alimentaire offre l’occasion à la fois de réduire les émissions et d’améliorer la sécurité alimentaire mondiale.

Quelles solutions pour un meilleur usage des sols ?

Faire de la terre une solution climatique, c’est adopter des pratiques agricoles respectueuses de la nature, éliminer le gaspillage alimentaire, équilibrer l’alimentation, enrayer la déforestation et restaurer les écosystèmes endommagés. Ensemble, ces mesures réduiront les émissions et rendront la terre et les personnes qui en dépendent plus résistantes aux chocs climatiques

Ainsi, selon le Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et la terre, des réductions significatives des émissions dans le système alimentaire peuvent être obtenues en réduisant les pertes et les déchets alimentaires et en passant à des régimes alimentaires équilibrés et diversifiés, riches en aliments d’origine végétale et en aliments d’origine animale produits de manière durable.

L’agriculture conventionnelle n’a plus d’avenir : elle a détruit nos paysages, elle saccage le peu de biodiversité qui survit dans les champs, dégrade les sols, pollue l’eau et l’air et n’offre que des produits alimentaires pauvres en nutriments et bourrés de pesticides dangereux pour la santé.

Heureusement, il existe une importante marge de manoeuvre : agroforesterie, agriculture biologique, meilleure gestion des sols, réduction des pertes alimentaires, reforestation… « Plus que jamais, il faut réduire la dépendance de la production agricole sur les énergies fossiles, et il faut permettre aux sols de remplir leur fonction de puits de carbone. L’enseignement et la diffusion de l’agroécologie ont un rôle décisif à jouer à cet égard. Les pratiques agroécologiques minimisent l’usage d’intrants externes et restaurent la santé des sols en misant sur les complémentarités agro-sylve-pastorales à l’échelle de la parcelle cultivée: elles remplacent l’usage des pesticides par le contrôle biologique et substituent des légumineuses aux engrais azotés; elles recourent à l’agroforesterie afin de minimiser le recours à l’irrigation en renforçant la capacité des sols à absorber l’eau de pluie. Elles sont la science agronomique de ce siècle » explique Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation (2008-2014), co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food).

Enfin, l’artificialisation continue des sols doit également être réduite et contenue.

Que pouvons-nous faire à titre individuel pour préserver les sols ?

Il existe plusieurs leviers que nous pouvons actionner à titre individuel pour contribuer à la bonne santé de nos sols, de la biodiversité, de nous-même tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre :

Urgence écologique et climatique : nous y sommes

Toutefois, le temps presse et La fenêtre d’action permettant d’effectuer ces changements se referme rapidement. S’il y a d’autres retards dans la réduction des émissions, nous manquerons l’occasion de gérer avec succès la transition au changement climatique dans l’occupation du sol. Une gestion responsable des sols permet de réduire considérablement les émissions de carbone tout en protégeant la production alimentaire et la biodiversité. Ne pas contrôler les températures entraînerait des pertes importantes sur tous les fronts.

« Les terres sont au cœur de la lutte contre la crise climatique et la faim. L’agriculture industrielle, la déforestation et les chocs climatiques détruisent les terres dont nous dépendons pour notre alimentation, en touchant plus durement les populations les plus pauvres. Nous devons mettre un terme à l’agriculture industrielle destructrice et investir dans des approches agro-écologiques qui stockent le carbone, améliorent la santé des sols et augmentent les rendements. Les gouvernements doivent également défendre les droits des populations sur leurs terres et leurs forêts, afin que les communautés pauvres puissent se nourrir aujourd’hui et à l’avenir. »

Le secteur agricole, en particulier, doit se réformer rapidement pour une action réussie. Au fur et à mesure que la crise climatique s’intensifie, les rendements agricoles se réduisent rendant inutiles les efforts d’adaptation et sapant la capacité des terres agricoles à stocker le carbone.

Source : Notre planète info

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