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AVANT LA RÉCOLTE PLUSIEURS TECHNIQUES POSSIBLES POUR DÉFANER LES POMMES DE TERRE

AVANT LA RÉCOLTE PLUSIEURS TECHNIQUES POSSIBLES POUR DÉFANER LES POMMES DE TERRE

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AVANT LA RÉCOLTE

PLUSIEURS TECHNIQUES POSSIBLES POUR DÉFANER LES POMMES DE TERRE

Défanage chimique, mécanique, thermique ou électrique… ? Voici une présentation des solutions disponibles pour réussir cette intervention.

Dernière intervention avant la récolte, le défanage a pour objectif la destruction complète et rapide de la végétation pour contrôler le calibre, maîtriser la qualité de la pomme de terre et faciliter la récolte. Contrairement aux pommes de terre primeurs, qui sont récoltées lorsque les tubercules sont immatures et souvent « peleux », les pommes de terres de conservation doivent être arrachées après une maturité complète de l’épiderme pour assurer une bonne conservation des tubercules. Pour ce faire, il est nécessaire d’attendre la maturité naturelle de la culture ou le plus souvent, de procéder à un défanage lorsque la qualité des tubercules est à l’optimum.

Défanage chimique : adapter sa stratégie au développement de la culture

2019 marque la dernière campagne d’utilisation des spécialités à base de diquat (Réglone 2, LS Diquat…). Le tableau 1 présente les produits disponibles.

Tableau 1 : Spécialités utilisables pour le défanage de la pomme de terre pour la campagne 2019

Pour les variétés précoces ayant généralement peu de fanes et parvenant rapidement à maturité, un passage unique de défanant ou un broyage des fanes sénescentes peuvent suffire. Pour des variétés à plus fort développement, un programme de traitement à deux applications voire trois est la stratégie la plus fréquente. Le premier traitement vise à détruire rapidement le feuillage et à enclencher la sénescence ; le deuxième, 5 à 7 jours plus tard, permet la destruction des tiges tout en limitant les repousses foliées. Avec la disparition des produits type défanants, un troisième passage pourra être nécessaire en fonction de l’année et de la culture.

Pour chaque produit, il convient également de respecter ses conditions d’application spécifiques telles que la possibilité d’utilisation en mélange, avec un fongicide par exemple, ou encore le délai avant récolte.

Le broyage mécanique pour réduire la part du chimique

Le défanage « 100 % chimique » est actuellement la méthode la plus largement répandue. Mais la stratégie qui consiste en un broyage des fanes de pomme de terre, en complément d’un défanant chimique, suscite de plus en plus d’intérêt. Dans ce cadre, l’application de Beloukha, produit de biocontrôle pour le défanage de la pomme de terre trouve tout à fait sa place. C’est toutefois un produit qui nécessite de bonnes conditions de mise en œuvre (volume d’eau, conditions climatiques..) pour un bon résultat.

DES BROYEURS QUI S’ADAPTENT

Le broyage des fanes est une opération efficace qui permet de supprimer instantanément plus de 75 % de la végétation. Mais le débit de chantier est modéré du fait d’une vitesse d’avancement souvent proche de 5 km/h et de la largeur de l’équipement. Pour accroître le débit de chantier, de nombreux constructeurs proposent désormais des modèles 6 rangs en un seul châssis (Grimme), deux châssis repliable (Baselier) ou 3 modules Avant/Arrière 2 rangs (AVR).

Les matériels s’adaptent également aux différentes configurations de plantation : buttes ou billons.

Par ailleurs, un équipement de pulvérisation peut s’adapter sur le broyeur pour effectuer un traitement chimique complémentaire au broyage mécanique de fanes. Cela permet d’éviter les reprises de végétation lorsque l’intervention s’effectue avant l’apparition des premiers signes de maturité de la végétation. En complément d’un broyeur frontal, le modèle Loef-Does d’Agricult porté à l’arrière du tracteur permet une pulvérisation centrifuge à bas volume (40 à 70 l/ha) généralisée à la surface des buttes. Pour les broyeurs tractés, une rampe arrière équipée de buses classiques permet d’effectuer un traitement localisé de la partie haute des buttes, ce qui permet de réduire généralement la dose d’application de 50 % avec une efficacité comparable. Agronomic et Grimme proposent des adaptations de ce type.

Défanage thermique : une voie renouvelée

Malgré son bilan énergétique élevé, le défanage thermique peut constituer également une option pour la production certifiée Agriculture Biologique ou éviter tout recours au chimique, même en cas de développement important de la végétation. Le passage d’une défaneuse thermique se traduit par une destruction des feuilles en quelques heures seulement, ce qui procure un effet assainissant intéressant en cas d’attaque de mildiou sur le feuillage pour ces cultures à cahier des charges spécifiques.

Après des solutions au gaz initiées au milieu des années 90 (Moreau, Rabaud…), la société Axinor propose depuis plus de trois ans un équipement utilisant de l’huile de colza pour ses brûleurs. Développé pour répondre au besoin de la Cuma CREATIVE*, ce modèle travaille sur 4 rangs, s’adaptant aux différentes configurations de plantation, de 70 à 90 cm, grâce à des brûleurs coulissants au-dessus du four inox à l’isolation renforcée. La vitesse d’avancement varie de 2,5 à 4 km/h selon le volume foliaire à détruire pour une consommation d’huile entre 100 et 150 l/ha. Ses deux réservoirs rassemblant une contenance totale de 650 l lui procure une autonomie d’environ 5 à 6 ha (soit 5 heures généralement) avant de nécessiter un remplissage.

Au sud de la France, la défaneuse Humeau travaille sur deux rangs, avec du fuel comme combustible. Depuis près de dix ans, plusieurs groupes de producteurs de plants certifiés AB l’utilisent avec succès après un broyage frontal léger réalisé en simultané. Le débit de chantier est plus faible du fait de la largeur de travail ; la consommation de fuel et de l’ordre de 35 l/ha pour un passage, sachant que deux interventions sont le plus souvent requises dans ce contexte de défanage précoce pour parvenir à une destruction totale de la végétation.

La défaneuse thermique marque son passage dans la parcelle après quelques minutes seulement

Arrachage mécanique des fanes : une innovation récente

L’arrachage mécanique des fanes est une voie ouverte il y plus de vingt ans. Le matériel à ballons gonflables Oldenhuis a été l’équipement le plus commercialisé : il est resté toutefois cantonné aux Pays-Bas à la culture de plants pour obtenir une destruction rapide de la végétation en réduisant le risque de contamination des tubercules par le rhizoctone.

Depuis 2017, la société Rema propose un équipement hydraulique à bandes totalement automatisé : y est associé un organe coupe-racines pour compléter l’action sur les tiges insuffisamment désolidarisées du système racinaire. Aussi, ce matériel travaille classiquement avec un broyage initial du feuillage pour faciliter le pincement des tiges entre les bandes en évitant les bourrages. L’évaluation réalisée lors de la précédente campagne a montré une efficacité similaire à un Spotlight pour parvenir à une destruction totale d’une végétation encore immature après un broyage préalable. L’agressivité sur les buttes du matériel Rema est moindre que celle du modèle Oldenhuis permettant de limiter le risque de tubercules découverts et qui risquent de verdir. Les observations ont également montré une vitesse de tenue de peau des tubercules similaire à la solution chimique.

Défanage électrique : une nouvelle voie encore en expérimentation

Les premiers travaux engagés en 2019 ont montré que le modèle XPower de la société Zasso pourrait sans doute apporter une nouvelle voie pour le défanage des pommes de terre. Ce matériel électrocute les plantes à partir d’un générateur d’électricité connecté à la prise de force du tracteur. Cette électrocution provoque un déclin progressif de la végétation. Les mesures faites l’année dernière ont montré une action significative pour parvenir à un bon défanage de la culture avec une innocuité sur les tubercules à condition d’adopter la bonne puissance et la bonne vitesse d’avancement du matériel. De nouveaux travaux engagés cette année devraient permettre d’affiner les possibilités et conditions d’utilisation de cet équipement novateur.

* CUMA Régionale pour l’Emergence d’Activités Territoriales Innovantes et la Valorisation de l’Environnement

Michel MARTIN (ARVALIS – Catherine VACHER (ARVALIS – Institut du végétal)
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