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La déforestation : causes et conséquences

La déforestation : causes et conséquences

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La déforestation

Causes et conséquences

Le rôle des forêts

Les forêts, sont des formations végétales indispensables à la vie sur Terre qui couvrent environ 30,6% de la superficie terrestre mondiale (FAO, 2015).
En 2015, 93 % de la superficie des forêts du monde est formée de forêts naturelles (forêts primaires et forêts secondaires qui se sont régénérées naturellement). La forêt plantée représente 7 % de la superficie forestière mondiale. Elle a augmenté de plus de 110 millions d’hectares depuis 1990.

Les forêts sont des sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de vêtements et médicaments pour de nombreuses populations. Ainsi, selon la FAO, 60 millions de peuples indigènes dépendent presque entièrement des forêts ; 300 millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts et plus de 1,6 milliard de personnes dépendent à divers degrés des forêts pour vivre !

De plus, les forêts abritent de nombreux “points chauds” de biodiversité et jouent un rôle prépondérant dans la fixation du CO2 que nous émettons massivement et qui perturbe dangereusement notre climat : 40% du carbone terrestre est stocké dans la végétation et les sols des forêts.

Alors que les forêts apportent des services cruciaux pour la vie sur Terre, la déforestation, qui existe depuis des dizaines de milliers d’années, est devenue massive.

La déforestation s’accélère dans le monde

Il y a 4 siècles, 66 % des terres étaient recouvertes de forêt, aujourd’hui, seulement un tiers.
Alors qu’en 1990 les forêts couvraient environ 4,128 milliards d’hectares ou 31,6 % de la superficie mondiale des terres, en 2015 elles ne couvraient plus que 3,999 milliards d’hectares ou 30,6 pour cent des terres, selon le rapport 2015 de la FAO.
Selon le World Resources Institute, 80% de la couverture forestière mondiale originelle à été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des 30 dernières années.

De 1990 à 2000, plus de 14,2 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année avec des conséquences quasi irréversibles à notre échelle. Cette tendance s’est alourdie puisque de 2000 à 2012, 23 millions d’hectares de forêts ont été détruits.
Au total, quelque 129 millions d’hectares de forêts – une superficie presque équivalente en taille à l’Afrique du Sud – ont été perdus depuis 1990, selon l’étude exhaustive de la FAO intitulée Evaluation des ressources forestières mondiales 2015.

Le taux annuel net de pertes de forêts s’est ralenti passant de 0,18 % dans les années 1990 à 0,08 % au cours de la période 2010-2015 où il a été enregistré une perte annuelle de 7,6 millions d’ha et un gain annuel (reboisement) de 4,3 millions d’ha, pour une diminution annuelle nette de la superficie forestière de 3,3 millions d’ha.

déforestation par écozoneDéforestation dans le monde par écozone de 2000 à 2012. Les forêts tropicales sont les plus touchées mais les forêts tempérées et boréales ne sont pas épargnées. 

La deforestation touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est (Indonésie).

2016 : la déforestation bat tous les records

Loin de décroître, la déforestation a même battu un record en 2016 avec la perte de 30 millions d’hectares de forêts, c’est le double du rythme déjà alarmant de 2014 ou 2015.

Cartographie de la déforestation

Cette cartographie exceptionnelle de la déforestation nous permet de mesurer son importance et son évolution depuis l’année 2000. Elle est mise à jour chaque année.

Il existe plusieurs couches géographiques pour ne voir que les pertes ou les gains par exemple [Rouge : pertes de forêt entre 2000 et 2012, bleu : gain, rose : les deux, vert : étendue forestière]

La déforestation se manifeste par des coupes rases mais aussi par d’imposants incendies quasi permanents qui sont visibiles depuis les satellites, comme en témoigne la carte ci-dessous qui localise bien les foyers d’incendies, là où se trouvent les dernières forêts de la planète…

incendies de forêts
Cette carte représente le rayonnement thermique mesuré à partir de capteurs spatiaux et détecté comme provenant de la combustion de biomasse. Crédit : MACC services / Copernicus

Les causes de la déforestation

L’expansion agricole

L’expansion agricole est la principale cause de déboisement dans le monde : les plantations de palmiers à huile, le développement des cultures pour nourrir les animaux d’élevage, l’exploitation minière de métaux et de minéraux précieux constituent des causes majeures de déboisement.
Beaucoup de petits agriculteurs pauvres et itinérants, participent aussi à la déforestation : ils défrichent et brûlent la forêt pour ensemencer de petites parcelles de terres.

Ainsi, au Brésil, les forêts primaires sont détruites pour cultiver le soja qui alimente notre bétail et la canne à sucre pour produire du bioéthanol, tandis qu’en Indonésie, elles sont rasées pour l’huile de palme qui inonde déjà les produits de nos supermarchés et pourrait bientôt alimenter nos voitures.

L’expansion agricole est également la conséquence de l’accroissement démographique de la population mondiale.

L’extraction des combustibles fossiles

L”extraction du pétrole et du gaz affecte également les milieux forestiers, endommagées par les forages et la pose de pipelines, sans parler des fuites régulières de pétrole ou l’exploitation des sables bitumineux…

La forêt française, première forêt d’Europe occidentale en terme de superficie, représente de loin le principal gisement pour la biomasse solide. Ainsi, l’exploitation de la forêt fournit du bois-énergie qui est utilisé par les ménages dans les cheminées individuelles, dans des chaufferies collectives pour le chauffage urbain, pour l’industrie et l’agriculture. Malheureusement, la forêt est alors considérée comme une simple ressource énergétique, sans considération pour sa valeur écologique (biodiversité, rôle contre les risques naturels…), comme l’explique le documentaire suivant :

Des centrales électriques écolos ont vu le jour ces dernières années en France. Pour les faire fonctionner il faut dévaster nos forêts ! Explications

L’exploitation illégale du bois

L’exploitation illégale du bois joue également un rôle important dans la déforestation. Et l’Europe a une forte responsabilité dans cette dégradation puisque près d’un quart de ses importations de bois sont présumées d’origine illégale. La France quant à elle importerait 39 % de bois tropicaux d’origine illégale selon le WWF.
La France est un acteur majeur dans la déforestation tropicale humide primaire notamment en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest (F. Hallé)

Les recherches du PNUE et d’Interpol soulignent qu’entre 50 et 90 pour cent de l’exploitation forestière dans les pays tropicaux clés du bassin de l’Amazone, d’Afrique centrale et d’Asie du Sud-est, est le fait du crime organisé.

La reforestation permet-elle de compenser la déforestation ?

Bien sûr, ces pertes sont en partie compensés par le reboisement. Malheureusement le déclin s’accélère et la reforestation ne peut compenser, dans un temps court, les pertes d’espèces (dont la valeur peut être inestimable) qui vivaient dans les forêts originelles. De plus, le reboisement volontaire masque trop souvent la plantation d’espèces qui ne sont pas adaptées à leur milieu ou qui ne favorisent pas une biodiversité riche (à cause d’une monoculture).

D’importantes opérations de reforestation sont menées dans certains pays comme l’illustre le record mondial de l’Inde qui a planté 66 millions d’arbres en juillet 2017 !

Les conséquences de la déforestation

La perte de biodiversité

Les forêts hébergent plus de 80 pour cent de la biodiversité terrestre et représentent l’un des derniers refuges pour de très nombreuses espèces animales et végétales. C’est pourquoi, la déforestation est une catastrophe aussi bien pour l’Homme que pour les autres espèces puisque on estime que 27 000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d’elle. Cette perte de biodiversité, qui peut être irréversible, coupe l’humanité de services et ressources inestimables. En effet, les systèmes alimentaires sont fortement dépendants de la biodiversité et une proportion considérable de médicaments est directement ou indirectement d’origine biologique.

Ainsi, les forêts tropicales fournissent une panoplie de plantes médicinales servant aux soins de santé. 80% des habitants des pays en développement dépendent des médicaments traditionnels: 50% d’entre eux proviennent de la forêt. Et plus d’un quart des médicaments modernes sont tirés des plantes forestières tropicales !

L’aggravation des maladies

Contrairement aux idées reçues, les forêts réduisent les maladies infectieuses. Les forêts tropicales non perturbées peuvent exercer un effet modérateur sur les maladies provoquées par les insectes et les animaux. Autrement dit, “le déboisement des forêts primaires reste l’une des causes principales de l’apparition de nouveaux agents infectieux et de leur circulation épidémique dans les populations humaines”, souligne l’IRD.

40 % de la population mondiale vit dans des régions infestées par le paludisme. Or, dans les zones fortement déboisées, le risque de contracter cette maladie est 300 fois plus élevé que dans les zones de forêt intacte !

72 % des maladies infectieuses émergentes transmises par les animaux à l’homme sont propagés par des animaux sauvages par rapport aux animaux domestiques. Les zones déboisées augmentent le contact entre la faune sauvage et l’homme et influencent la transmission d’agents pathogènes.

L’aggravation des catastophes naturelles

Les forêts sont indispensables à la structure et la qualité des sols. En effet, le couvert forestier protège de la dégradation des terres et la désertification en stabilisant les sols, en réduisant l’érosion hydrique et éolienne et en maintenant le cycle des nutriments dans les sols.

Un sol dénudé n’apporte plus la protection nécessaire contre les pluies violentes qui vont donc favoriser les glissements de terrain et les inondations dans les vallées.
Ce phénomène s’illustre particulièrement à Haïti où plus de 90 % des arbres y ont été abattus, essentiellement pour faire du charbon de bois. Sans racines ni feuillages, il n’y a rien pour retenir l’eau dans les localités situées au niveau de la mer, qui subisent alors des coulées de boue meurtrières.

Autre exemple : lors de la mousson en Indonésie, d’octobre à avril, les glissements de terrain et inondations sont alors fréquents et parfois très meurtriers. Normalement, la végétation de l’île permettait en partie de contenir ces forts ruissellements, évitant ou diminuant ainsi les inondations et les coulées de boues. Cependant, l’Indonésie est victime d’une déforestation massive et donc d’une érosion de ses sols qui ne parviennent plus à jouer efficacement leur rôle absorbant.

Les forêts de mangroves jouent un rôle de barrière contre les tsunamis, les cyclones et les ouragans.

La diminution de la ressource en eau

Les forêts aident à reconstituer les nappes phréatiques si cruciales pour l’eau potable. Ainsi, les trois quarts de l’eau accessible proviennent de bassins versants forestiers. Ainsi, les deux tiers des grandes villes des pays en développement dépendent des forêts pour leur approvisionnement en eau potable. Les forêts, en filtrant et en retenant l’eau, protègent les bassins versants qui fournissent de l’eau douce purifiée aux rivières.
La déforestation entraîne l’érosion du sol et l’envasement des cours d’eau, ce qui réduit l’accès à l’eau potable ; à la fois en qualité et en quantité.

Le changement climatique

La disparition massive de la forêt tropicale humide au profit des prairies et des cultures diminue d’autant l’évapotranspiration (évaporation + transpiration des végétaux) et donc l’humidité de l’air et le climat régional. C’est ce qu’a montré une étude de la l’université de Leeds (Grande-Bretagne) menée par Dominick Spracklen.

La déforestation participe fortement aux émissions de gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique en cours. Ainsi, 17 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone, résultent de la déforestation et des changements apportés à l’occupation des sols : c’est le troisième poste émetteur après l’approvisionnement énergétique et l’industrie. 70 % de ces émissions proviennent du Brésil et 80 % de l’Indonésie.

Gaz à effet de serre : puits et source de carbone

Des quantités considérables de carbone ont été libérées en raison de la déforestation opérée depuis des siècles aux latitudes moyennes et élevées, et dans la dernière partie du XXe siècle dans les régions tropicales. Il est donc vital de continuer à stocker le carbone et d’empêcher sa libération dans l’atmosphère si l’on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

En 2005, les forêts couvraient 30% de la surface terrestre et renfermaient plus de la moitié du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres, soit plus de mille milliards de tonnes de carbone. Toutes les forêts sont des réservoirs de carbone : elles retiennent le carbone à la fois dans la biomasse vivante et morte, dans les matières organiques en décomposition et dans les sols.

Ce sont les processus de photosynthèse, de respiration, de transpiration, de décomposition et de combustion qui entretiennent la circulation naturelle du carbone entre la forêt et l’atmosphère. Ce mode de fonctionnement dynamique des écosystèmes forestiers leur permet de recycler le carbone. Ils jouent donc un rôle important dans le cycle mondial du carbone : lorsque le stock de carbone augmente, le flux net de l’atmosphère vers l’écosystème forestier est positif et on parle alors de puits de carbone ; dans l’autre sens, on parle de source de carbone.

Sur la période 2001-2014, les émissions mondiales provenant de la déforestation ont diminué de 3,9 à 2,9 gigatonnes (Gt) de dioxyde de carbone (CO2) par an. Toutefois, malgré la réduction mondiale des émissions de carbone des forêts du fait du recul de la déforestation, les émissions provenant de la dégradation des forêts ont considérablement augmenté entre 1990 et 2015, passant de 0,4 à 1,0 Gt de CO2 par an. La dégradation des forêts est une réduction de la densité de la biomasse des arbres due à des causes naturelles ou à l’action de l’homme comme l’exploitation forestière, les feux de forêt, les chablis et d’autres événements, indique la FAO.

L’absorption de carbone par les forêts contribue à contrebalancer, mais pas entièrement, les émissions mondiales en raison de la conversion des forêts à d’autres types d’utilisation des terres. Les forêts absorbent et stockent deux milliards supplémentaires de tonnes de CO2 par an (2011-2015), à l’exclusion des émissions provenant de la déforestation.

La moitié du puits de carbone forestier est liée à la croissance des forêts plantées. Ainsi, les forêts d’Europe et d’Amérique du Nord ont fonctionné comme des puits nets de carbone entre 1990 et 2014, car elles absorbaient plus de carbone qu’elles n’en rejetaient. Cependant, l’effet du reboisement sur le stockage du carbone reste limité et ne permettra pas de compenser nos émissions de gaz à effet de serre.
Les pays développés continuent de représenter la majeure partie du puits de carbone mondial, avec une part de 60 pour cent (2011-2015). Cette part a toutefois reculé puisqu’elle était de 65 pour cent en 2001-2010, régression due principalement à la diminution de la création de nouvelles forêts plantées.
Les pays en développement représentent quant à eux les 40 % restants du puits de carbone mondial.

Enfin, les experts du GIEC s’accordent sur un diagnostic inquiétant des impacts à venir du réchauffement climatique : à partir de + 2°C, les écosystèmes terrestres risquent de relâcher plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qu’ils n’en stockeront. A ce titre, la forêt amazonienne présente déjà des signes de fatigue.

Le REDD : Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts

Le REDD a pour objet de rendre la conservation et la protection des forêts plus rentable que la poursuite de leur dégradation. Ce mécanisme d’incitation financière est en cours d’élaboration sous l’égide de l’ONU, il devrait être mis en place seulement en 2020. Un REDD+ pourrait intervenir plus rapidement suite à l’accord de Copenhague.

Toutefois, ce mécanisme est critiqué par certaines ONG comme Les Amis de la Terre : “Arrêter la déforestation est indispensable pour stabiliser le climat mais le mécanisme REDD ne répond pas à cet objectif. Plutôt que de renforcer les droits des communautés forestières, d’interdire la conversion des forêts en monocultures ou l’exploitation industrielle du bois, ce mécanisme constitue une formidable échappatoire pour les entreprises qui peuvent continuer à polluer en achetant des forêts ou en plantant des arbres” explique Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour les Amis de la Terre. Le film suivant explique les enjeux et les risques de REDD.

Source : Notre planète info

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